‹ Des Troubles Objectifs de la Sensibilité dans les PolynévritesChapitre 12 sur 15 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Action des agents esthésiogènes. Expériences.

Nous avons pensé qu'il y aurait un certain intérêt à appliquer à des cas de polynévrites, d’origine toxique ou infectieuse, certaines méthodes employées déjà par des expérimentateurs avisés à l’étude de troubles de la sensibilité placés sous la dépendance de causes diverses. Nous avons parlé de ces recherches dans notre chapitre consacré à l'Historique. Nous allons rendre compte des expériences que, partant de cette idée, nous avons été conduit à effectuer sur les deux malades dont nous avons rapporté les observa-

tions détaillées au chapitre précédent.

Premier Cas . Malade de l’Observation I)

Nous avons étudié à deux reprises l’action des agents es- - thésiogènes sur les troubles de la sensibilité présentés par cette malade. Nous avons choisi pour cela deux périodes dans l’évolution de la maladie. |

Notre première série d'expériences a élé effectuée les 25 et 26 novembre 1913. Rappelons tout d’abord quelle était

DHOG

à cette date la distribution topographique des troubles de la sensibilité présentés par Marie H...

A chacun des membres supérieurs, nous trouvons une zone intéressant la main tout entière et remontant sur l’avant-bras, jusqu’à 5 centimètres environ au-dessus de l'articulation du poignet. Au-dessous de cette ligne, qui, tout en n'étant pas parfaitement régulière, et présentant quelques sinuosilés, embrasse assez bien circulairement l’avant-bras, nous trouvons une hypoesthésie notable au contact et une anesthésie complète à la piqûre. Au-dessus du seuil de cette anesthésie se trouve une zone en forme de bande, où l’anesthésie devient relative d’abord, puis disparaît progressivement à mesure que l’on remonte vers le coude. C’est la zone de transition que nous retrouvons également aux membres inférieurs. Aux deux membres inférieurs, nous avons une zone de troubles intéressant le pied tout entier, et remontant jusqu'à la moitié de la jambe. Au-dessus se trouve une zone de transition en forme de bande, d’une longeur variant de 3 à 5 centimètres. |

Dans la description de nos expériences, nous considérerons exclusivement la limite supérieure des troubles bien caractérisés, car nous avons remarqué, disons-le dès maintenant, que la zone de transition restait constamment semblable à elle-même comme étendue et accompagnait exactement la ligne limite, ou seuil, dans ses migrations. se

Les accessoires dont nous nous sommes servi pour les recherches relatives à la sensibilité au chaud et au froid, sont deux tubes à essai remplis l’un de glace pilée, l’autre d’eau chaude, à 48 degrés.

Ayant déterminé soigneusement de nouveau, et limité au crayon dermographique, les régions intéressées par les troubles de la sensibilité, nous avons procédé aux expériences suivantes :

Première série d'Expériences.

À l’aide d’un linge de toile rude, nous avons, pendant 5 minutes, frictionné la région du poignet depuis la racine des doigts ‘jusqu'à la moitié de l’avant-bras. Nous avons alors constaté que la ligne de limite des troubles s’abaissait d'environ 4 centimètres vers le poignet, restant d’ailleurs parallèle à sa disposition primitive. Au-dessus de cette nouvelle limite, la malade sent parfaitement le contact, les. piqûres, le chaud et le froid.

Continuant alors d'explorer de 2 minutes en 2 minutes la limite supérieure des troubles, nous constatons qu’au bout de 4 minutes elle commence à remonter. Elle continue ensuite à remonter progressivement, pour. revenir, au bout de 12 minutes, coïncider avec ce qu’elle était avant l’expérience. Ces résultats concernent le bras droit, nous avons fait immédiatement après des constatations absolument. identiques sur le bras gauche.

La durée du temps séparant la fin de la friction du re-

tour de la zone de troubles à son état primitif, a varié d’un bras à l’autre, et d’une expérience à l’autre, (car nous les avons répétées à plusieurs reprises), de 12'à 16 minutes.

Nous avons ensuite appliqué la même friction au linge de toile, pendant 5 minutes, sur la moitié inférieure de la jambe droite. Nous avons trouvé que la ligne limite s'était abaissée de 5 centimètres environ, et qu’alors, au-dessus d'elle, dans une région qui, tout à l’heure, était le siège manifeste des troubles que nous avons indiqués, la sensibilité était parfaitement revenue.

Comme pour les membres supérieurs, la ligne limite remonta progressivement et reprit sa hauteur primitive, en 15 à 20 minutes, suivant les diverses expériences.

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