‹ Des Troubles Objectifs de la Sensibilité dans les PolynévritesChapitre 13 sur 15 · OLLIVIER · texte numérisé non relu

OLLIVIER

Nos constatations furent absolument analogues pour Ja

jambe gauche étudiée ensuite.

Deuxième série d'Expériences.

Nous avons pris une bande de coton hydrophile large de 20 centimètres, nous l’avons imbibée de chloroforme et l'avons appliquée sur la moitié inférieure de l’avant-bras droit, faisant le tour du membre. Nous l'avons maintenue pendant 5 minutes au moyen d’une bande de toile imperméable. L’ayant enlevée, nous avons constaté que la ligne limite des troubles de la sensibilité s'était abaissée de 5 à 6 centimètres vers le poignet, restant parallèle à sa disposition primitive. Dans la bande intermédiaire entre son ancienne position et sa nouvelle, et qui, avant l’expérience, était parfaitement intéressée par les troubles que nous avons décrits, existait maintenant une sensibilité absolument normale. Procédant alors comme dans notre première expérience, nous avons constaté qu’au bout de 2 minutes environ, la ligne limite commençait à remonter et revenait à sa position primitive au bout de 13 à 14 minutes, suivant les différentes expériences. Procédant de même pour l’'avant-bras gauche, nous avons trouvé des résultats en tous points concordants.

Nous avons ensuite appliqué notre coton chloroformé sur la moitié inférieure de la jambe droite, l’y maintenant pendant 5 minutes au moyen de notre bande de toile imperméable. Au bout de ce temps, l’enveloppement étant enlevé, nous avons constaté un abaissement de 5 centimètres environ de la ligne limite des troubles de sensibilité. Elle remonta ensuite progressivement et reprit sa position primitive au bout de 13 à 15 minutes, suivant les expériences. Nous avons répété les mêmes recherches sur la jambe gauche et avons obtenu des résultats analogues.

ag

Troisième série d'Expériences.

Nous nous adressons au courant faradique fourni par une bobine à champ d’induction réglable, alimentée par deux éléments Leclanché. Nous plaçons l’électrode positive dans un vase plein d'eau tiède, où sont plongés l’avant-bras et la main droite de la malade. Nous plaçons Pélectrode négagative sur le moignon de l'épaule correspondante. Cela fait, nous établissons le courant. Après 5 minutes, nous interrompons et sortons le membre du bain. Nous constatons que la ligne limite des troubles sensitifs s’est abaissée de 7 à 8 centimètres vers le poignet. La zone intermédiaire entre sa nouvelle position et celle qu’elle avait avant l’expérience présentant maintenant une sensibilité complète et normale.

Comme dans les expériences précédentes, nous avons constaté qu'au bout de 2 à 3 minutes la ligne limite commençait à remonter graduellement et revenait à sa position primitive au bout de 15 à 20 minutes, suivant les expériences. La même technique, appliquée au membre supérieur gauche, nous a donné des résultats identiques.

Plongeant alors dans le bain la jambe droite de la malade,

- et l’immergeant jiusqu’au-dessus de la partie moyenne, nous : y

avons laissé l’électrode positive dans le bain et placé l’électrode négative sur la cuisse droite. Ayant fait passer le courant pendant 5 minutes, nous avons retiré la jambe du bain et avons constaté que la ligne limite des troubles sensitifs s'était abaissée de 6 centimètres environ vers le cou-depied. La bande comprise entre les deux positions de la ligne limite était devenue, comme dans tous les cas précédents, parfaitement sensible. La sensibilité disparut ensuite gra- ‘duellement et sa limite DS sa position primitive au bout d’un temps variant de 15 à 20 minutes, suivant les diverses expériences. Des résultats analogues furent constatés, lorsque nous opérâmes sur la jambe gauche.

Nous avons répété ces expériences diverses sur les deux membres inférieurs, les 23 et 24 décembre. A cette époque, les progrès du retour de la sensibilité étaient très notables. Les membres supérieurs ne présentaient plus aucun trouble sensitif. Aux membres inférieurs, les pieds seuls étaient intéressés et présentaient encore une zone embrassant les orteils et remontant à une distance variant de 2 à 3 centimètres en arrière de la racine de ceux-ci. C’est sur ces régions que nous avons cru bon de renouveler nos précédentes expériences.

Quatrième série d'Expériences.

Employant successivement la friction au linge de toile à sec, l’enveloppement chloroformé et le bain faradique, nous avons pu, après 5 minutes d'application de ces divers agents, faire disparaître complètement et parfaitement tout trouble. sensitif des régions considérées. Ces troubles reparaissaient au bout d’un temps variant de 10 à 20 minutes suivant le pied considéré, l'agent esthésiogène employé, et les expériences diverses répétées à plusieurs reprises.

Il nous vint alors à l’idée de modifier notre expérience au moyen du bain faradique dans le sens suivant.

Au lieu d'appliquer une électrode sur la cuisse correspondant à la jambe immergée dans le bain, nous eûmes l'idée de l'appliquer sur le rachis, au niveau des lombes. Il serait, pensions-nous, intéressant de voir: 1° S'il allait se produire des modifications de la zone de troubles dans le pied immergé ; 2° S'il allait, dans le cas où il s’en produirait, en, survenir concurremment dans l’autre pied, non placé dans le bain. Voici ce que nous avons constaté:

Cinquième série d'Expériences.

L’électrode positive étant placée dans le bain, nous plaçâmes l’électrode négative sur la colonne vertébrale, au niveau de la région lombaire. Le pied droit fut immergé dans le bain, et nous fîimes passer le courant. Au bout de 5 minutes, nous l'interrompîmes et retirâmes le pied du bain. Nous constatâmes que la zone de troubles sensitifs du pied droit avait disparu, mais nous ne relevâmes aucune modification du côté gauche. Nous avons répété la même expérience en plaçant cette fois le pied gauche dans le bain, en laissant toujours l’électrode négative sur le rachis. Nous avons constaté que la zone de troubles sensitifs du pied gauche disparaissait et qu’on ne relevait aucune modification du côté droit. Donc, une électrode étant placée sur la région lombaire, à l’immersion dans le bain formant l’autre électrode correspondaient des modifications du côté immergé, et de celui-là seulement.

Deuxième Cas (Malade de l’Observation IT).

Notre malade présentait une zone d’hypoesthésie marquée à la nrain droite. Cette zone comprend la face dorsale des deuxième, troisième, quatrième et cinquième doigts, el remonte jusqu'à 1 centimètre environ au-dessus de l'articulation des phalanges et des phalangines.

Nous avons employé dans nos expériences sur ce malade les mêmes procédés que nous avions employés idans le premier cas. Nous n’avons eu à opérer que sur la main droite, ni la main gauche ni les membres inférieurs ne présentant de troubles de la sensibilité objective.

Première Expérience.

Au moyen d'un linge de toile rude, nous avons effectué à sec, pendant 5 minutes, des frictions énergiques sur la face dorsale des doigts. Au bout de ce temps, nous avons constaté que la sensibilité était revenue normale et complète sur toute la surface cutanée. Le malade sentait parfaitement les piqûres qui, au lieu d’une simple sensation de pression, déterminaient de la douleur. Le simple effleurement de la peau avec un flocon d’ouate, qui tout à l'heure ne déterminait aucune sensation, était maintenant très nette-. ment perçu. En continuant à explorer la zone intéressée, nous constatons qu’au bout de 10 minutes il y a déjà une réelle diminution de netteté des perceptions sensorielles. Cette diminution va en s'accentuant progressivement, et au bout de 35 minutes nous constatons le retour absolu à l’état primitif.

Deuxième Expérience.

Prenant alors, comme dans un premier cas, une bande de coton hydrophile imbibée de chloroforme, nous en avons entouré la main droite de notre malade, en recouvrant le tout d’une bande de toile imperméable. Nous avons laissé cet enveloppement en place pendant 5 minutes. Après l'avoir : enlevé, nous avons exploré la sensibilité de la face dorsale des doigts. Nous: avons constaté que toute trace d’hypoesthésie avait disparu. Comme lors de. la première expérience, le malade sentait parfaitement le frôlement d’un flocon d’ouate et les piqûres, même faibles. Les piqûres un peu plus

SHAQCY TE RE

fortes déterminaient de la douleur. Après 10 minutes, la sensibilité commença à diminuer. Au bout de 38 à 40 minules, le degré d’hypoesthésie en était revenu à l’état antérieur.

Troisième Expérience.

En employant la même source de courant faradique que dans nos expériences du premier cas, nous avons obtenu les résultats suivants: après 5 minutes d'immersion de la main droite dans un bain d’eau contenant l’électrode négative, l’autre électrode étant maintenue sur le bras, nous avons constaté la disparition de toute hypoesthésie et le retour complet de la sensibilité normale. Au bout de 15 minutes environ il commença à se manifester de la diminution de la sensibilité, diminution qui alla en s’accentuant. Après 40 minutes, le degré d’hypoesthésie était redevenu le même que primitivement.

Ainsi donc, dans l’étude de l'influence d'agents esthésiogènes sur ces deux cas de troubles objectifs différents quant à leur cause, et quant à leur siège, nous avons obtenu des résultats absolument concordants et qui nous ont semblé dignes d'intérêt. Nous verrons quelles conclusions il convient de tirer dé tout cet ensemble de faits au point de vue de la nature des’ troubles névritiques qui nous occupent.

DIMA 2

Page 1