‹ Des Troubles Ponctués: Sur la Face Postérieure de la CornéeChapitre 6 sur 14 · DES · texte numérisé non relu

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de l’inflammation cornéenne, des complications peu caractéristiques surviennent du côté de l'iris : complications qui consistent en douleurs ciliaires sourdes, mais qui ont fait leur apparition bien après les taches ponctuées. Enfin, contrairement à la marche peu irritable et indolente de l’hydroméningite, les formes de kératite évoluent avec des symptômes d'irritation, de douleur et surtout avec une photophobie intense.

Classification des troubles pontuécs.

Nous avons appris à reconnaitre les troubles ponctués de la face postérieure de la cornée, voyons maintenant sous quels aspects différentsilsse présentent, et quelles sont leurs diverses localisations sur la membrane de

Descemet.

Dans un premier groupe, les troubles profonds sont disposés en forme de triangle dont le sommet est à la partie centrale de la cornée et la base à la périphérie dans la région inférieure. Le plus souvent alors, ces troubles ne sont constitués que par ce fin piqueté décrit plus haut : on dirait un léger voile recouvrant cette partie inférieure de la surface cornéenne.

D’autres fois ce sont des granulations plus volumineuses, de petits points opaques grisâtres ou blanchàtres, ordinairement gros comme une tête d’épingle. Quelques-uns de ces points paraissent avoir glissé dans les régions les plus déclives de l'angle irido-cornéen, et là, ils s’entassent en amas plus où mains volumineux dans une forme floconneuse. Dans ces derniers cas la disposition générale des ponctuations

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peut ne pas être exactement triangulaire, mais les troubles ne dépassent jamais le méridien horizontal.

Ces formes on les trouve dans lesiritis séreuses et dans les irido-choroïdites séreuses : elles sont donc accompagnées des symptômes propres à ces affections.

Enumérons rapidement les symptômes de liritis séreuse dans sa forme la plus commune : ils présentent un certain intérêt pour nous, puisqu'on les trouve associés avec les troubles de la face postérieure de Ia cornée. Le début de l’affection est lent et insidieux ; la douleur n’est jamais très marquée ; elle siège dans l’œil avec des irradiations périorbitaires : le trouble de la vision est d’abord peu accentué : le malade voit seulement les objets à travers un léger brouillard, ou perçoit, comme nous l'avons raconté plus haut, de petits points noirs, de petites bêtes, dit-il, qui suivent son regard ; mais peu à peu l’acuité visuelle est diminuée. La conjonctivite est habituellement très légère: la photopbobie et le larmoiement sont peu prononcés, Ce qu'il y a de plus caractéristique c’est linjection périkératique : elle est presque toujours le signe de l'existence de taches cornéennes profondes. L'humeur aqueuse est trouble; elle est plus abondante, de sorte que la chambre antérieure est agrandie, et que la tension est légèrement augmentée dans le globe oculaire. Enfin l'iris est terne, il a perdu son brillant et sa coloration normale à cause d’un véritable exsudat qui s’est déposé à la surface dé cette membrane ; de plus, le dessin délicat qu’elle présente s’efface par suite de son gonflement sous l’influence des infiltrations leucocytiques. La pupille est paresseuse ; elle perd de sa mobi-

lité sous l'influence des exsudats qui se déposent sur son bord et qui l’agglutinent à la cristalloïde antérieure : avec l’atropine elle présente une dilatation irrégulière, les points qui restent adhérents à la capsule la déforment.

Les symplômes qui accompagnent les troubles postérieurs de la cornée dans l’irido-choroïdite séreuse, sont les mêmes. D'ailleurs iritis et irido-choroïdite sont dans une corrélation très intime et le passage est facile d’une affection à l’autre. Ce qu’on constate seulement en plus ici, c’est le trouble du corps vitré où l’on découvre avec l’ophtalmoscope des opacités fines, arrondies ou filamenteuses plus ou moins nombreuses qui voilent les détails du fond de l’œil, ou rendent même fréquemment celui-ci tout-à-fait invisible. Voici d’ailleurs quelques observations qui contiennent assez exactement les caractères que nous venons d’énumé- Fer

OBSERVATION I. (Personnelle.)

Le 28 juillet 1892 s’est présentée, à laconsultation gratuite, la nommée Suzanne J... Elle a 32 ans, elle est née à Lyon qu’elle n’a pas cessé d’habiter et elle y exerce la profession d’ouvrière typographe.

À 24 ans, elle avait été déjà affectée d’une iritis séreuse à l’œil droit, et à ce moment sa maladie avait duré six mois.

Actuellement l'affection s’est de nouveau localisée dans l'œil droit. La malade accuse des douleurs périorbitaires, des troubles visuels qui ont commencé il y a huit jours. Il existe un peu de photophobie, peu d'injection conjonctivale, mais une injection périkératique très marquée. Sur la face postérieure de ia cornée existe un pointillé blanchâtre de

forme nettement triangulaire et à localisation inférieure. L’humeur aqueuse est troublée, l'iris un peu décoloré, et la pupille en quelques points est adhérente à la cristalloïde. Nous sommes.en présence d’une iritis séreuse,

L'état général de cette femme est assez bon; embonpoint

marqué, mais visage un peu pâli. Ses règles sont régulières ; ses poumons et son cœur sont sains. Les urines sont normales. Dans le sang le nombre des globules est un peu diminué : 3 800 000 globules rouges par millimètre cube, x Dans les antécédents, pas de maladie avant 19 ans. A cet âge la malade a contracté la syphilis. Pas de tare tuberculeuse ni rhumatismale ; elle a accouché il y a dix ans d’un enfant bien portant.

Le traitement institué a été: pommade mercurielle sur la paupière, atropine dans l'œil. Iodure de potassium à l'intérieur,

Nous avons revu la malade le 20 novembre 1892; les symptômes de l’affection avaient à peu près disparu. Les dépôts sur la face postérieure de Ia cornée avaient été résorbés ; les adhérences pupillaires n’existaient plus. L’acuité visuelle était pourtant un peu moindre de l’œil droit que de l’œil gauche.

OBSERVATION II. (Personnelle.)

Jeanne P... âgée de 30 ans, domiciliée à Lyon, est venue à la consultation gratuite le 17 mars 1893.

C'est la première fois que ses yeux sont malades. Son affection a débuté il y a un mois par de la douleur périorbitaire, et des troubles de la vision.

Actuellement ses deux yeux sont atteints : la malade accuse un peu de douleur péri-orbitaire et une diminution notable de sa vue À l'examen on constate des deux côtés une légère rougeur conjonctivale, un cercle périkératique très marqué etun peu d’hypertension oculaire. Sur la face postérieure de la cornée on voit à l'éclairage oblique le triangle inférieur très netde la descemetite : ilestconstitué non pas par

des ponctuations volumineuses et saillantes, mais par une fine poussière ; c’est une opacité nuageuse peu intense sans pointillé véritable. L’humeur aqueuse est trouble. L’iris a une teinte cuivrée et est adhérent à la cristalloïide. Nous avons affaire à une iritis séreuse double.

Cette femme avait eu une attaque de rhumatisme articulaire aigu au mois de septembre dernier, elle a le facies anémié des rhumatisants. Mais pas d'autre antécédent et rien aux différents organes. Les urines sont normales. Le sang contient 3 900 000 globules par millimètre cube.

Le traitement a consisté en instillation d’atropine dans l'œil, et iodure de potassium et calomel à l’intérieur.

20 mai, Nous avons revu la malade ; il n’y a plus trace de dépôts à la face postérieure de la cornée, et les adhérences de la pupille de la cristalloïde ont été rompus. L’acuité visuelle des deux yeux est normale.

OBSERVATION III. (Personnelle.)

Le 19 mai 1893, Île nommé Jean-Baptiste M... s’est présenté à la consultation gratuite. Il a 30 ans, habite Lentilly (Rhône) où i! exerce la profession de charron.

Ce malade n’accuse pas d’affection oculaire antérieure ; seulement, il y a quatre mois, il a reçu sur l’œil droit un éclat d'acier, dont on voit encore au haut de la cornée l’ulcération superficielle se caractérisant par un petit creux. Actuellement c’est l’œil droit qui est encore atteint. La maladie a commencé il y a un mois et demi par des douleurs péri-orbitaires, par de la rougeur et par un trouble de plus en plus marqué de la vision. Ces symptômes persistent aujourd’hui. Nous avons observé en outre un peu de larmoiement et de photophobie et un cercle périkératique très net. La tension oculaire est un peu augmentée. Trouble très évident de la face postérieure de la cornée dessinant un triangle inférieur tout à fait caractéristique : ce trouble n’est pas composé de véritables ponctuations, mais d’un semis de petites granulations très fines et cofinuentes qui réunies font

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l'effet d’un léger voile couvrant cette partie inférieure de la ! cornée transparente. La chambre antérieure est agrandie ; Jhumeur aqueuse est un peu trouble, l'iris est terne, il adhère à la cristalloïide; la pupille dilatée par l’atropine est irrégulière, frangée en bas où les adhérences persistent. Les plus grosses lettres de l’échelle ne sont vues qu’à 1 mètre par l'œil malade. A l’examen ophtalmoscopique trouble des milieux.

Tous ces signes nous font conclure à uneiritis séreuse. Cet homme n’a pas d’antécédents héréditaires.

Personnellement il a eu la scarlatine à 6 ans. Depuis 8 ans il est souvent pris de douleurs dans les articulations, surtout au poignet et aux petites articulations des doigts. Il est d’un tempérament lymphatique; son cœur et ses poumons n'ont rien. Les urines sont très claires, le malade d’ailleurs boit beaucoup et est polyurique mais pas de sucre, pas d’albumine. Dans le sang nous avons compté 3 500 000 globules rouges par millimètre cube.

Traitement: atropine dans l'œil, iodure de potassium à l’intérieur. Bains sulfureux. |

Le 19 juin l’amélioration n'était pas grande ; diminution très légère du trouble cornéen.

Le 10 juillet, le malade est en voie de guérison ; la cornée est transparente, et la vision meilleure.

OBSERVATION IV. (Personnelle.)

Philomène R... 42 ans, lingère, née à Saint-Marcel-les- Valence (Drôme); habite Lyon depuis 10 ans; entrée le 24 novembre 1892 dans la salle Sainte-Claire où elle occupe le lit no 13. Cette malade n’a pas eu antérieurement d'affection oculaire, elle a toujours eu bonne vue.

La maladie actuelle occupe l’œil gauche; elle a débuté il ya un an avec une légère rougeur, quelques douleurs périobitaires et des troubles visuels. Depuis les douleurs, qui n'ont jamais été bien fortes, ont complètement disparu, mais

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