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la vue est restée mauvaise. Le seul traitement que la malade a employé est l’atropine. : ,
Aujourd’hui l’œil droit est sain. A l'œil gauche, pas de douleurs périorbitaires, pas de rougeur conjonctivale, pas de larmoiement. La tension oculaire est un peu augmentée. La face. antérieure de la cornée est normale, le parenchyme cornéen est également intact et transparent; mais à l’éclairage oblique on découvre un pointillé blanchâtre siégeant à la face postérieure. Ces taches ponctuées ne figurent pas un triangle tout-à-fait régulier, mais elles sont toutes situées au-dessous du méridien horizontai. Dans le sillon irido-cornéen les dépôts de ce piqueté blanchâtre occupent toute la demi-circonférence inférieure ; ils sont plus nombreux du côté de l’angle interne de l’œil. La chambre antérieure est un peu diminuée ; l'iris n’est pas altéré dans sa coloration, il est un peu saillant, en bourrelet, et adhérent à la cristalloide par plusieurs points qui s’opposent à la dilatation. L’humeur aqueuse est un peu troublée. Le champ pupillaire lui-même est trouble et il existe quelques débris uvéaux sur la cristalloïde. L’acuité visuelle de cet œil est 1/25. Après dilatation de la pupille par l’atropine, l'iris reste adhérent par trois points, de sorte que l’orifice pupillaire a la forme d’un trèfie. La vision est améliorée par cette dilatation pupillaire ; et l'examen ophtalmoscopique rendu posssible nous permet de constater un fond rouge très vague et un léger trouble du vitré.
Tout cela nous amène à dire que nous sommes en présence d’une iritis séreuse avec un peu d’irido-choroïdite. La malade interrogée sur ses antécédents héréditaires nous raconte que son père est mort d'affection inconnue, que sa mère est morte assez jeune, probablement d'affection cardiaque, qu’elle a une sœur bien portante.
Elle-même a eu une fièvre typhoïde à 45 ans et des douleurs rhumatismales assez fréquentes avec unepremière poussée aigue à 17 ans, une deuxième à 22ansetune troisième, la plus forte, à 29 ans; depuis cette poussée elle est facilement
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essouffléeet a des palpitations. Pas d’antécédents syphilitiques, ni scrofuleux.
Cette femme, d’un facies peu florissant, est pâlie et anémiée. À l’auscultation du cœur nous avons trouvé un souffle très net à la pointe au premier temps avec propagation vers l’aisselle; le pouls est petit et irrégulier. Rien du côté de l’appareil respiratoire ; la malade ne tousse pas. Les règles sont régulières depuis l’âge de 15 ans. Dans les urines, pas d’albumine, pas de sucre, beaucoup de mucus. Dans le sang pas de granulations éosinophiles; pas de microbes. Les globules ne sont pas altérés. Le nombre des globules rouges est de 2 600 000 à 3 000 000 par millimètre cube. Le nombre des globules blancs n’est pas augmenté.
Traitement: atropine dans l’œil; pommade mercurielle sur les paupières.
6 décembre: l'opération de l’iridectomie a été pratiquée.
21 décembre. Les troubles ponctués de la face postérieure de la cornée ont disparu. La vision est légèrement améliorée. Le fond de l’œil à l'ophtalmoscope présente un fond rouge plus vif, mais on n’en distingue pas les détails.
Notre malade sort aujourd’hui de l’hépital.
OBSERVATION V (Thèse de Châtelot, Paris, 1891). Irido-choroïdite séreuse,
Le nommé PI. (Joseph), peintre en voitures, demeurant rue de Joinville, âgé de 40 ans, se présente à la consultation de notre maitre, le docteur Trousseau, à la clinique des Quinze-Vingts (ne 6600), le 23 mai 1891.
Nous ne voyons pas le maiade ce jour-là.
Le 4 juin, le malade revient, se plaignant d’une vive douleur dans l'orbite et dans la région temporale, d’un trouble plus prononcé de la vision.
L'œil gauche présente une injection périkératique peu accusée. La cornée examinée à l’éclairage oblique présente un fin pointillé blanchäâtre et abondant surtout dans sa partie
inférieure, situé sur la face postérieure de la cornée. Le contenu de la chambre antérieure est clair et ne paraît pas augmenté de volume. La pupille est largement et régulièment dilatée sous l’influence de l’atropine qui a été prescrite. Le corps vitré présente un trouble marqué qui laisse cependant deviner les limites de la pupille. L'œil n’est pas hypotone et peu douloureux à la pression.
L’œil droit est normal.
Le malade n’a jamais eu la syphilis et n'en présente aucune trace, Il offre une calvitie précoce, est sujet à des migraines et présente des craquements dans les articulations des genoux. C’est donc un arthritique. Son père était lui aussi atteint de la même diathèse.
Le 18 juin, le malade revient, se plaignant des mêmes phénomènes, mais on constate que le trouble du corps vitré s’est encore accentué ; le fond de l’œil est absolument inéclairable. Sensation subjective de mouches volantes. La vision est baissée au point que le malade compte à peine les doigts à 1"50, Le champ visuel est un peu rétréci, mais régulièrement. L’œil présente un faible degré d’hypotonie, mais la pression n’est pas très douloureuse.
L'œil droit est toujours très bon et permet au malade de vaquer à ses occupations.
Le 2 juillet, le fond de l'œil est toujours inéclairable.
L’acuité visuelle est sensiblement la même. Le champ visuel n'offre pas de rétrécissement marqué dans sa portion nasale. L’œil est devenu plus mou, Tn, — 1. La sensibilité de ia partie centrale de la cornée est très diminuée et le piqueté de sa face postérieure a fait place à des striations irrégulières peu marquées.
On trouve également ces premières formes de ponctuations accompagnant parfois les tumeurs de l'iris, telles que granulomes, gommes, tubercules. C'est lorsque ces tumeurs sont assez volumineuses, lors-
qu’elles comblent une partie de l’angle irido-cornéen, et compriment le canal de Fontana qu’elles sont suivies de troubles ponctués à la face postérieure de la cornée:
On a ici très peu de réaction inflammatoire, la diminution de la vision est peu marquée, l'humeur aqueuse est légèrement trouble, l'iris est peu décoloré, les adhérences de l'iris à la cristalloïde sont toujours très faibles ; sion a quelquefois un peu de douleur, elle est expliquée par la présence de la tumeur qui comprime les nerfs ciliaires. Ce qui est toujours très net, c’est au niveau de celle-ci une zone d'injection périkératique. D'ailleurs l'observation d'un tubercule irien que nous relatons ici, en dira plus long que toutes nos descriptions.
OBSERVATION VI. (Personnelle.)
Le 17 juillet 1893, Jeanne Th..., âgée de 20 ans, veloutière, de Saint-Martin-en-Haut (Rhône), est entrée dans la salle Sainte-Claire, où elle occupe le lit n° 17.
Cette malade n'avait jamais souffert des yeux, Il y a 4 mois, son œil droit est devenu rouge et larmoyant ; il était le siège de douleurs sus-orbitaires assez intenses. Depuis deux mois, la douleur a disparu. À ce moment, les parents de la jeune fille, en instillant de l’atropine dans l'œil malade, se sont aperçus d’une grosseur qui est à la partie supérieure de la chambre antérieure.
Actuellement, la malade ne souffre pas; l'œil n’est pas rouge, tout état inflammatoire a cessé : la pression sur le globe oculaire n'est pas douloureuse, la tension est un peu augmentée. Les vaisseaux conjonctivaux sont dilatés à la partie supérieure de l'œil droit ; on observe seulement en haut, une zone d’inflammation périkératique. La cornée n’a rien en avant. Dans la chambreantérieure, l’humeuraqueuseest transparente. Dépo'i
postérieurde la cornée, esquissant un triangleinférieur et trois points plus volumineux, gros comme une tête d’épingle ; toutes ces altérations ne dépassent pas l’hémisphère inférieur.
La chambre antérieure est légèrement diminuée de volume; l'iris est irrégulier, un peu paresseux, mais cette irrégularité et ce manque de souplesse ne tiennent pas à une adhérence; elles sont dues à la tumeur qui se voit à la partie supérieure de la chambre antérieure. L'iris n’est pas décoloré.
Dans l’angle irido-cornéen, tout-à-fait en haut, on voit saillir dans la chambre antérieure, une tumeur de la dimension d’un petit haricot, dont le grand axe est perpendiculaire à l’axe vertical de l'œil; la partie supérieure de cétte tumeur n’est pas évidente, elle disparaît derrière le sillon scléro-cornéen, Mais cette saillie dans la chambre antérieure, n’est pas la tumeur elle-même: celle-ci n’est pas réellement apparente à l'œil; elle paraît être dans l’intérieur de l'iris ou derrière lui, et c’est l'iris qui, en la recouvrant, est repoussé en avant. :
En bas, ce tuberculeirien n’atteint pas le cercle pupillaire, il arrive seulement jusqu’à une distance de Z millimètres du bord libre de la pupille. Au-dessous de la tumeur, l'iris a sa coloration normale ; en haut, il est très vascularisé, un peu grisâtre, de nombreux vaisseaux dilatés le sillonnent, et tout près de la ligne scléro-cornéenne, au niveau du tubercule, il a un aspect blane-rosé, et est parcouru par de petits vaisseaux.
L’acuité visuelle de cet œil est très faible: la malade ne distingue qu'à un mètre, les plus grosses lettres de l'échelle. Cette jeune fille n’a pas d’antécédents héréditaires ; son père et sa mère sont bien portants, elle a plusieurs frères et sœurs en bonne santé.
Elle-même est d’une constitution robuste; elle a le teint frais, et elle n’a jamais êté malade. Pas de tare syphilitique, ni tuberculeuse. Le cœur et les poumons sont sains. Rien du côté de l'appareil digestif et du système nerveux. Premières règles à 14 ans. Menstruation un peu irrégulière, pas de leu-
corrhée. Dans les urines, pas de sücre, pas d'albumine. Dans le sang, 4 500 000 globules rouges par millimètre cube. 2 août. — M. le professeur Gayet, ayant proposé l’énuclé-
ation à la malade, celle-ci a refusé et est partie. Au départ, son état n’avait pas changé.
Danstousces casd'iritisséreusesou d’irido-choroïdite, si on n’a pas decomplication, les manifestations inflammaloires disparaissent bientôt et la guérison, quoique parfois un peu lente, est complète. Avec un traitement rationnel l'humeur aqueuse retrouve sa clarté et l'iris reprend son aspect normal. En même temps l'injection périkératique rétrocède, du moins jusqu’à une bordure rose imperceptible qui peut persister “encore longtemps, et la vision s'améliore. Les derniers restes des altérations de la membrane de Descemet disparaissent à leur tour; mais les troubles du corps vitré sont plus opiniâtres et, dans les irido-choroïdites en voie de guérison, ils persistent pendant fort longtemps.
Dans les cas de tumeurs de l'iris, les troubles de Ja face postérieure de la cornée ne laissent aucune trace peu après l’extirpation de la tumeur. Nous n’avons pas eu l’occasion de faire cette constatation nous-même, mais M. Terson, de Toulouse, a bien voulu à ce sujet, nous communiquer ce qui suit: « J'ai eu l'occasion, nous dit-il, en 1889, de pratiquer l'extraction d’un granulome volumineux de l'iris. Cé néoplasme occupait l'extrême périphérie de la chambre antérieure du côté externe et obstruait l’angle irido-cornéen dans une potable éténdue, après avoir perforé l'iris d’arrière en avant. On voyait sur la face postérieure de la cornée, en bas, de nombreuses taches disséminées, surtout
dans la partie la plus déclive où elles se perdaient dans un amas grisâtre ressemblant, sauf la différence de teinte, à l’exsudat de l'hypoploon. Dès que l’ablation du tubercule eût été pratiquée, les signes apparents de la lymphangite antérieure diminuèrent rapidement et toutes les taches ponctuées disparurent graduellement ».