Traduction personnelle
du cou. A cette époque, son état était le suivant : C’était une jeune fille, belle et d’une coniplexion délicate, se portant bien avec de urandyeuxbrillants, une abondante chevelure blonde, et hormis le gonflement de la gorge, un type parfait de beauté saxonne. — Sa mère déclarait que le développement du cou attira l’attention quatre ans et demi auparavant, et qu’il avait augmenté lentement pendant ces quatre années, mais que depuis six mois il avait fait de rapides progrès.
La jeune fille n’avait jamais paru très forte, mais autrefois elle avait été remarquablement intelligente. Dernièrement cependant, elle était devenue endormie, capricieuse, irritable et volontaire.
Il y a douze mois, un parent qui était revenu à la maison après un an d’absence, remarqua un changement et un gonflement des yeux. Un an avant cela un de ses frères était mort et cela semblait l’avoir frappée. Son appétit, qui était autrefois bon, devint très faible, et bien que mangeant du pain et du beurre, elle refusa formellement de manger de la viande. Elle disait que son sommeil était bon, mais elle ne se sentait jamais défatiguée le matin. La sœur de son père souffrait d’un goitre et une de ses plus jeunes sœurs en est également atteinte. Elle a eu de la diarrhée à la suite d’émotions morales. Les menstruations ont toujours été régulières et elle n’a pas de leucorrhée.
Voici quel est son état le 12 novembre: Elle a une hypertrophie très développée, dure, légèrement bosselée des deux lobes de la glande thyroïde, et son cou mesure seize pouces et demi au niveau de la partie la plus large de la tumeur. Celle-ci est plus développée à droite et repousse de ce côté la carotide. Celle-ci est dilatée et ressemble à une corde dure vers la partie postérieure du cou.
Le battement de la carotide gauuche est légèrement augmenté. Les battements du cœur sont beaucoup plus intenses,
mais Ic-s l)ruits soni normaux. Le pouls est à 90, il est faible. L’appétit est mauvais, et la muqueuse bucchale est nettement anémiée. Le goitre fut traité par des révulsifs et l’on administra du fer à faibles doses. La malade parut rester dans un état stationnaire pendant quelques temps, mais le 6 décembre, sa mère vint dire qu’elleavait eu une attaque deux jours avants. Le D'" Grabam, qui fut appelé, ordonna très judicieusement d’appliquer de la glace sur le bronchocèle; mais ce traitement ne donna pas beaucoup de soulagement. Elle fut admise le même jour à l’hêpital.
A son entrée, on constata un état de stupeur. Néanmoins, étant couchée, elle était très agitée, et il fallait la surveiller constamment pour l’empêcher de tomber du lit. Son pouls était à 120, bien que pas très faible. La carotide droite battait violemment, et l’impulsion du cœur était fort accusée. Six sangsues furent appliquées sur la glande thyroïde, et l'on administra toutes les quatre heures quinze gouttes de teinture de digitale. On lui donnait par jour six onces de vin, du bouillon de bœuf, du bouillon de poulet, du lait, etc.
Elle passa une assez bonne nuit, et au matin elle parut un peu mieux. Le pouls était à 100. On appliqua de nouveau six sangsues. — Le soir elle sembla être bien plus mal, les palpitations étaient très violentes, et le pouls à 150.
9 décembre. — La malade a passé une mauvaise nuit. Les pupilles sont très dilatées, et elle a eu des convulsions cloniques des doigts; à onze heures et demie survint une attaque d'épilepsie, face livide, dents serrées, lèvres écumantes, convulsions des membres, etc). Elle fut suivie d’une coma qui dura seize heures.
10 décembre. — Elle était encore dans la torpeur; on appliqua de nouveau des sangsues sur le cou. et le soir elle parut mieux. On remplaça la digitale par un mélange de camphre et d’éther, mais elle refusa et ne voulut prendre aucune nourriture.
12 décembre. — Elle eut un accès de manie qui dura trois heures. Pendant ce délire ellerefusa toute nourriture, poussa des cris, essaya de mordre ceux qui l’approchaient, répéta un verset d’un hymne quarante ou cinquante fois de suite ; , elle supplia les gardes-malades de lui faire prendre sa potion, et après l’avoir bu, elle demanda qu’on lui en donnât encore.
Elle disait aussi quelle se savait mourante, et demandait ses parents, répétant sans cesse les mêmes cris pendant cinq à dix minutes de suite. Ces appels alternaient avec des prières et des blasphèmes. La période d’excitation fut suivie d’une sorte d’état comateux. Par instants, elle demandait du thé, mais refusait toute autre chose. Elle eut plusieurs attaques de manie pendant les quelques jours suivants. Elles duraient généralement trois à quatre heures. Dans ses paroxymes, elle voulait souvent Ijoire de grandes quantités de bouillon, de lait, etc., mais à l’état léthargique elle ne voulait rien prendre. A l’état semi-comateux elle se remuait beaucoup, et elle devenait assez violente quand on essayait de la réveiller.
Le 15, je notai que les pulsations de la radiale qui donnait 130, avaient le même caractère que celles des carotides, chose rare dans ces cas là. On ne trouva pas d’albumine dans les urines. .
17. — La nuit précédente, elle avait été très agité, et, parfois, extrêmement violente.
11 survint dans l'après-midi des sueurs froides et de l’incontinence d'urine Le pouls était à loO, très faible, et les battements des carotides avaient disparu. Elle mourut à six heures du soir, après une faible attaque d’épilepsie.
Cette observation nous montre au début des modifications decaractère survenues aucoLirs du goitre exoplithalmique.
Les accidents cérébraux maniaques n’apparurent que quatre ans et demi environ après la première remarque que l’on fit du développement exagéré de la glande thyroïdienne. Ils ne se développèrent qu’à la suite de la marche progressive de la maladie de Basedow.
La malade présenté des attaques épileptiformes qu’on serait presque tenté de rapporter à l’éclampsie, étant donnée la fréquence de l’albuminurie dans le goitre cxophthalmique. Mackensie cependant à examiné les urines et n’y constata point d’albumine. Il revient à plusieurs reprises sur le mot épilepsie. Cette maladie n’aurait donc apparu que |sous l’influence de la maladie de Basedow. Nous ne pensons point toutefois que ce soit à des attaques d’épilepsie vraie qu’ait assisté l’auteur anglais.
L’hérédité nerveuse est surchargée chez cette malade. Une tante paternelle et une sœur avaient, elles aussi, un goitre.
Ajoutons que les accidents cérébraux graves se sont déroulés à la période terminale de la maladie.
Observation III
Andreiüs, American journal of insanity, July 1870. Goitre exopthahiique avec troubles cérébraux. (1)
Homme de 26 ans, né au Canada où son père vit encore. Sa mère mourut de consomption il y a neuf ans. Le malade