Traduction personnelle
avait toujours joui d’une bonne santé lorsque, il y a deux ans et demi, il eut une fièvre typhoïde à forme grave. Elle dura neuf semaines. Il semblait s’être complètement remis de sa maladie et était employé il y a deux ans comme infirmier dans cet asile. Il pesait alors 187 livres, et paraissait d’une robuste santé. Trois mois après il commença à se plaindre d’une céphalalgie opiniâtre ef désagréable, maigrit et perdit l’appétit. En août 1868, il fut pris de vomissements et de crampes d’estomac et fut malade deux jours. La céphalalgie disparut ensuite pendant quelques temps. En septembre, il s’en plaignit de nouveau, et la comparait à une sensation de cuisson siégeant au-dessus de la tête. Ceci persista jusqu’en janvier 1869, époque où le malade eut un accès analogue à celui du mois d’aoûc. Il prit un congé d’une semaine et revint à son poste bien mieux portant.
Le premier symptôme qui attira l’attention fut de violentes palpitations cardiaques sous l’influence d’une émotion ou d’une fatigue exag'érée. Maux de tête, palpitations, continuellement jusqu’en juillet. Alors il fut pris comme d’un accès de malaria, fut traité par la quinine et les toniques. 1^ reprit bientôt son travail mais dans de mauvaises conditions. Il avait perdu de son embonpoint et de ses forces, et paraissait très changé. En août, il eut un sévère accès marqué par une sueur profuse, un état anxieux et de l’abattement. Respiration : 35 à la minute, difficile. Pouls; 120. Le sphygmographe donne le pouls sénile de Marey (avec plateau horizontal). Exophthalmie, sensation de constriction à la gorge; le malade ne pouvait se coucher que sur le côté gauche. Il vomissait tous les aliments. Hypertrophie delà glande thyroïde s’étendant entre les muscles sterno-mastoïdiens. les clavicules et le sommet du larynx. Xi le malade ni sa femme n’avaient remarqué cela. La main placée à ce niveau percevait le thrill particulier à l’anévrisme. L’oreille distinguait
également ces bruits. L’anévrisme fut tout d’abord suspecté, mais ensuite exclu du diagnostic, vu que les deux cotés du cou étaient également proéminents, la circulation dans les deux carotides également troublée, enfin le gonflement était localisé à la glande thyroïde.
Le goitre exophthalmique tut diagnostiqué.
L’examen ophthalmoscopique indiqua une forte hyperhœmie du fond de l’œil, avec dilatation des artères et pulsations visiblement marquées. Les veines paraissaient doublées de leur grandeur normales. Le bord du nerf optique se détachait nettement et la substance nerveuse était plus pâle que d’habitude. Parti pour le Canada, il revient dix jours après, et fut bientôt pris de sueurs profuses, qui l’amaigrirent rapidement. Augmentation de l’exorbitisme et du goitre. Le malade devint inquiet et demanda à être traité. Application de glace sur la tumeur, digitale à l’intérieur. Pouls : 120.
Le 25 septembre, vomissement, déperdition des forces. Le tracé sphygmographique donne au bras , droit un pouls diérote avec angle aigu normal, tandis qu’il offre à gauche le plateau caractéristique noté le mois précédent.
30 septembre. — Les vomissements continuent. Estomac tout à fait intolérant. Suppression de la digitale. Le malade garde le lit, est inquiet, se plaint d’avoir chaud, dort peu.
8 octobre. — Il n’a gardé depuis huit jours aucun aliment ; il est très-émacié. Température : 102 1/2 Fahrenheit. Il est très irritable, impatient, difficile. Lavements de bouillon. Pouls très rapide et irrégulier, atteignant parfois 150. On perçoit au cœur le souffle de l’insuffisance mitrale, et les battements de l’aorte abdominale sont violemment distincts et prononcés. Yeux fixes et saillants ; le malade a l’air anxieux et craintif.
12 octobre. — Température, 99". Inquiétude et insomnies
très accusées, et parfois du délire. Les lavements nutritifs sont supprimés à cause de la diarrhée qu’ils produisent. Il peut garder un peu de laitage.
15 octobre. — Température : 100, pouls : 104 ; prend un oeuf et boit un peu de bière ; encore du déiire.
20 octobre. — Amaigri et émacié ; vomissements.
22 octobre. — Violente sensation de soif et de chaleur ; délire plus prononcé, le patient se lève la nuit et veut se jeter par la fenêtre disant qu’il y a au-dessous une rivière, Langue rouge et luisante ; sécheresse de la gorge et du pharynx ; surveillance continuelle devenue nécessaire.
27 octobre. — Se promène dehors un peu tous les jours ; très affaibli ; déglutition difficile, voix altérée.
8 novembre. — Amélioration depuis le commencement du mois ; bon appétit. L’embonpoint et ies forces reviennent.
9 novembre. — Violente quinte de toux et de dyspnée avec crachats sanglants ; beaucoup de vertiges. Emotif : il geint et se tourmente sans cause. Temp. ; 102 1 /2. Circonférence du cou, lô pouces 1/2. Pouls, 120. Les carotides battent avec force. Le bruit respiratoire gêne rauscultation et la percussion.
18 novembre. — Sueurs nocturnes profuses, un peu de toux. Etat inquiet.
22 novembre. — Il a recouvré quelque force et n’a plus de sueurs nocturnes. Le 15 il s’est un peu occupé dans la salle. Amélioration généraie : yeux moins saillants, cou: 15 pouces 1/2 de circonférence ; 100 pulsations. Il mange et dort bien. Ce mieux s’accentue, malgré une congestion et une tuméfaction de la face, jusqu’en janvier, époque où ses pieds commencèrent à gonfler et devinrent douloureux pendant la station debout ou la marche. Cet œdème augmenta peu à peu jusqu’en février, époque où il quitta l’institution.
Il était alors irritable, difficile, peu commode, et son esprit avait beaucoup faibli. Pendant quelques jours son estomac refusa toute nourriture ; il devint inquiet, perdit le sommril et dépérit rapidement. Les palpitations l’inquiétèrent de nouveau.
Il se rendit chez un de ses amis, où les symptômes physiques et psychiques mentionnés en octobre se développèrent. Le malade devint très difficile par son irritabilité et ses exigences. Son état cérébral était très accentué et persista pendant quelques semaines que dura encore sa maladie. Il mourut fin ôvril.
Observation IV {résumée).
Solbrig. — Observations cliniques et constatations anatomo-pathologiques, — Allgemeine Zeitschv. f. Psgchicair., etc. XXVII 1871 ^Traduction personnelle).
Femme de 42 ans, mariée. Triade de Basedow. Hérédité ? Mélancolie. Tendance aux paradoxes. Actes délii'ants. Elle étaitincitée à tuer ses enfants. Guérison.
Observation V [résumée]
Boetteger. Un cas de Basedow compliciué de folie. Allgemeine Zeitschr.f. Psychiatrie. XXXIII. 1877 (Trad.pers.).
Femme de 31 ans. Mariée. Prédisposition héréditaire. Exentrique. Aussitôt après mariage, apparition de la maladie de Basedow. Devient excitable, violente. Elle se croit enceinte, et même déjà accouchée de deux jumeaux, qu’elle présentait d’ailleurs sous forme de deux poupées. Accès
maniaques. Agitation extrême. Hallucinations. Guérison au bout de plusieurs mois.
Observation VI {résumée)
Næiel cité par B œdelier in Charité Annlen, 1889. p. 454.
Femme. Maladie de Basedow, Mélancolie active. Guérie après quelques mois.
Observation VII [résumée).
Jeusen. Ibid. Traduction personnelle. '
Femme .31 ans, mariée, excitable. Tempérament nerveux. Trois grossesses. Après le dernier accouchement, apparition de la maladie de Basedow. Inquiète, marche et court sans savoir pourquoi. Se croit persécutée. Elle entend des voix. Finit par présenter de la folie furieuse. Hallucinations multiples. Guérie après six à sept mois. Les symptômes physiques ont diminué en même temps.
Observation VIII [résumé).
' ^ Laehr. Ibid. *
Femme. Huit mois après accouchement maladie de Batedow. Accès d’excitation. Guérie après 7 mois. Amendement simultané des syptômes physiques.
Noie additionnelle.
Jung. Jbid. Traduction personnelle.
Il observa des accès de manie concomitants dans l’exophthalmie sans autres symptômes de Basedow. L’amélioration des signes mentaux n’amène pas celle des signes physiques; au contraire l’amandement des signes physiques peut amener l’appel des troubles mentaux.
Observation IX.
Journal of. mental science janvier 'p. 521, hy Carlyle Johmtone. Cas de goitre exophthalmique avec manie (1).
Mme G. . . , âgée de 32 ans, née à Dumfriesshire, fut admise dans l’asile royal d’Edimbourg le 25 novembre 1881.
Ses antécédents héréditaires étaient bons, à cette légère exception près qu’un de ses frères avait été un peu buveur- La malade elle-même n’avait pas eu jusqu’alors de maladie importante ; elle était d’une humeur naturellement gaie et franche, et avait mené la vie sobre et laborieuse d’une femmë de bon ouvrier. Elle avait trois enfants et le plus jeune était âgé de deux ans et neuf mois.
Voici l’histoire de la présente attaque. Pendant les trois dernières années elle avait graduellement maigri et perdu ses forces. Son lait tarit quatre mois après la naissance de son enfant, deux mois plus tard, elle eut une violente crise de vomissement et son cou devint turgescent. On remarqua que ses yeux étaient devenus proéminents, et on en rapporta