‹ Des troubles psychiques dans maladie de BasedowChapitre 8 sur 24 · Jaroud, Traité de pathologie interne · texte numérisé non relu

Jaroud, Traité de pathologie interne

4. Luton, art. Goitre exophthalmique, ni Dict. de médecine et de chirurgie pratiques.

5. Rendu. Art. Goitre exophthalmique in Dictionnaire encqclopédique des sceences médicales.

but les modifications du caractère et le changement d’allures qui les accompagne. 11 montre l’humeur inégale qui finit par aboutir à une insociabilité complète dont nous trouverons plus bas un bel exemple dans une observation de M. Joffroy(i).

M. Joffroy insiste sur les modifications initiales du caractère. « Le malade est inquiet, souvent en proie à une activité exagérée et cependant incapable d’un travail méthodique ou d’un etfort cérébral prolongé. Et si un certain nombre de ces malades semblent affectés et jusqu’à un certain point déprimés par leur maladie, d’autres paraissent agités. De sorte que déjà dans les premières modifications imprimées au caractère des malades par le goitre exophthalmique, on retrouve facilement une forme avec dépression et une forme avec excitation.

Ces troubles peuvent être plus ou moins accentués, et souvent ils ne vont pas jusqu’aux bornes de la folie. Mais ils en sont pour ainsi dire le rudiment ; et les observations ne sont plus très rares aujourd’hui où des idées délirantes ont pris la place d’idées simplement bizarres.

La constance de ces désordres cérébraux se trouve indiquée dans les auteurs étrangers comme dans nos auteurs. Rosenthal 1^2) dans les pages de son traité consacrées à la maladie de Basedow les cite en rappelant les observa-

1. .loffroy. Des rapports de la folie et de la maladie de Batedow, in Annales medico psychologiques, mars, avril 1890.

2. Rossentbal. Traité des maladies du système nerveux, trad. Lubauski,

lions où Gcigel, Solbrige et Andrew ont montré l’ussociation des psychoses au goitre exophthalmique.

De même W. Hammond (1) les indique nettement en écrivant: — « J’ai toujours trouve les malades excita- « blés et nerveux; leur sommeil est généralement trou- « blé, insuffisant et nul ; ils se plaignent de céphalalgie,

« de vertiges et de bourdonnements d’oreilles. Leur ca- (( ractère subit souvent un changement notable: des in- « dividus doux et tranquilles deviennent violents, soup- « çonneux et irritables ».

C’est donc un fait de notion courante que l’existence des désordres psychiques dans la maladie de Basedow. La simple lecture des ouvrages les plus classiques suffit à l’établir.

Nous avons tenu à insister sur ce fait au début de cette étude, car c’est là le point de départ des états psychiques graves que nous verrons s’associer au cours de la maladie de Basedow.

Il nous a aussi paru logique de le mettre en relief aujourd’hui que les symptômes de cette affection deviennent plus nombreux et plus nets.

Aux trois symptômes capitaux que Graves et Basedow ont jadis donnés de leur maladie s’en sont ajoutés beaucoup d’autres. Mais tous n’ont pas une valeur semeiologique égale ; et nous croyons que les modifications du caractère sont une constance qui en font un symptôme précis.

1. W. Hammond. Maladies du système nerveux. Trad. Labadie-Lagrave, 1879.

Nous ne faisons d’ailleurs que suivre en cela Texemple de Trousseau et des classiques.

Il y a dans le goitre exophthalmique un élément psychique net, qui vient s’adjoindre aux éléments somatiques que les récents observateurs ont mis en lumière.

En 1883, MM. Charcot et Marie (1) décrivirent le tremblement et M. Ballet (2) groupa dans une perspective exacte les désordres moteurs, sensitifs et secrétoires. En 1888, M. Vigoureux (3) établit la résistance moindre des tissus des exophthalmiques au courant électrique. En 1890, les discussions sur les idées délirantes dans le goitre exophthalmique à lasociété médicale des hôpitaux (4), amènent l’esprit à se porter sur une série de phénomènes psychiques faisant partie de l’évolution du goitre exophthalmique.

Tels sont les principaux faits que ces dix dernières années ont acquis pour l’histoire de cette maladie.

Les symptômes psychiques prennent une importance plus grande, et Tauteur anglais, G. Savage (5), le disait en 1882 au sujet d’un cas de goitre exophthalmique accompagné de désordres mentaux.

(( Les faits (de ce genre) rapportés sont encore peu

1. Marie. Fonnes frustes de la maladie de Batedow. Th. Paris 1883.

2. G. Ballet. De quelques troubles dépendant du système nerveux central observés chez les malades atteints de goitre exophthalmique, Revue de médecine, 1883.

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