C. — Tumeurs très complexes
Nous n’avons pas grand’chose à dire au sujet des théories pathogéniques émises sur cette dernière catégorie de tumeurs kystiques. Il nous suffira de dire qu’on leur a appliqué la plupart des théories émises au sujet des kystes dermoïdes. Ainsi Lebert les classe dans ses tumeurs hétérotopiques, et Pilliet (1) se demande pourquoi on n’en ferait pas des tumeurs parthénogénétiques. Nous 11e reviendrons pas sur ce sujet, et nous nous contenterons de citer les deux théories suivantes, qui ont la prétention d’expliquer l’existence simultanée de tumeurs dermoïdes et de tumeurs mucoïdes.
(1) Des tumeurs expérimentales , Revue de chirurgie , 1888, fasc. 2.
Flesch (1) regarde les kystes dermoïdes comme l’aboutissant parfait d’un travail néoplasique dont les kystes mucoïdes ne seraient qu’une forme incomplète ; il prétend avoir trouvé dans un de ces kystes toutes les formes intermédiaires entre l’épithélium pavimenteux et l'épi thélium cylindrique haut.
Friedlander (2) ayant trouvé des glandes sudoripares dans les parois d’un kyste complexe, contenant de grandes poches à épithélium cylindrique vibratile, regarde ces poches comme des kystes par rétention, développés aux dépens des glandes sudoripares, dont l’épithélium se serait transformé et se serait couvert de cils vibratiles.
Ces deux hypothèses sont passibles des memes objections que celles que nous avons déjà passées en revue. Nous ne nous attarderons pas à leur consacrer une réfutation spéciale.
En réalité, ces trois sortes de tumeurs, kystes dermoïdes, kystes mucoïdes et kystes complexes, ont une origine commune ; elles doivent obéir à une théorie pathogénique commune, et cela d’autant mieux que les kystes complexes ne sont que des kystes dermoïdes et des kystes mucoïdes associés. On ne voit pas, en effet, comment on admettrait deux théories différentes pour expliquer le développement de deux parties d’une même tumeur.
De toutes les théories pathogéniques, émises jusqu'à présent, aucune ne peut nous satisfaire, car aucune ne peut s’appliquer à la généralité des cas, ou bien elles reposent sur des données que nous ne saurions accepter.
(1) Flesch. Yerhandlung en der phys. med. Gesellschaft zu Wurzburg, 1872, t. III, p. 111.
(2) Friedlander. Arch. f.path. An. von R. Virchow , 1872, t. lvi, p . 365.