‹ Des tumeurs des musclesChapitre 12 sur 25 · TUMEURS ÉRECTILES · texte numérisé non relu

TUMEURS ÉRECTILES

Il y a six faits de tumeurs dites érectiles des nmscles, non ' Compris les tumeurs érectiles de la langue et des lèvres, qui -semblent être toujours plus ou moins superficielles et ne s'élen- ' dre que consécutivement aux muscles de la langue ou des lèvres.

Voici IcG faits :

Une tumeur érectile du demi-membraneux enlevée chez une femme âgée de soixante-dix ans (1). (C'est le titre d'une pièce du musée de Saint-Barlhélemy, n» 118.)

l XXXn"''"r ^" vo^^n'-ary muscles [Brilhh and for eign lieview.

Voici une boniie observation (1) :

Charles R...., âgé de dix ans, entré à University collège HobpituI, danb le service de M. Liston, le 2 janvier 1843, est un gar(;on fort robuste, gagnant sa vie à faire des courses, demeurant dans le comté d'Essex. Il s'est toujours bien porté. Il fut envoyé à l'hôpital à cause d'une tumeur du jarret droit, qui se lit remarquer pour la première fois il y a huit ans. Elle avait alors un petit volume et n'incommodait l'enfant en aucune façon. Elle augmenta progressivement, mais lentement, et une année après qu'on l'eut premièrement remarquée, sa mère la fit voir à un chirurgien.

A ce moment-là, on dit que la tumeur avait le volume d'un œuf de dinde, qu'elle élait élastique à la pression, et qu'elle était le siège de pulsations Irès-dislincles, mais qu'on n'y entendait aucun bruit. Une aiguille à exploration fut plongée profondément dans son intérieur, sans causer d'écoulement à l'extérieur ni de sang ni de pus.

L'affection augmenta lentement, mais toujours sans occasionner d'incommodité au malade. Il y^i trois ans, un séton fut placé à travers une portion de la tumeur et fut conservé quelques jours. Un écoulement s éiani établi, le séton fut retiré et les ouvertures se cicatrisèrent. Ce séton ne diminua aucunement le volume de la tumeur. On appliqua alor?, également ' sans effet, des vésicatoires et de l'iode. La tumeur a continué à s'accroître t jusqu'à présent. Aucune douleur n'a été ressentie, jusqu'il y a quelques 1 mois, et depuis, seulement de temps en temps, y a-t-il eu des souffrances, i L'enfant ne donne pas une relation très-distincte de ses sensations; il dit ï que de temps en temps sa jambe lui fait mal.

Il y a mainten;int une tumeur ovalaire, dont le long diamètre est parai- j< lèle à l'axe du membre ; elle est située dans la partie supérieure de l'espace > poplilé droit.

La tumeur a 3 pouces 1 /2 de long. Les téguments qui la recouvient ne i sont ni enflammés ni colorés, mais présentent l'élat normal. On n'y . perçoit aucune pulsation; pas de bruit à l'auscultation. On perçoit les battements de l'artère dans le creux poplilé au-dessous de la tumeur, les battements de la tibiale antérieure existent comme à l'état normal. Le malade ne ; se plaint aujourd'hui d'aucune douleur dans le membre, et les parties affectées ne sont pas sensibles à la pression. La température est égale des deux côtés.

La tumeur, au toucher, est pâteuse, élastique, donnant dans l'extension du membre une sensation analogue à la fluctuation qu'on trouve là où il y a du pus profondément situé. Quand la jambe est fléchie, celte sensation est moins distincte ; et la tumeur donne aux doigts la sensation d'une masse ■ solide, élastique, qui serait légèrement mobile et qu'on pourrait facilement soulever et séparer de l'os.

M. Liston fut d'avis que c'était une tumeur solide, peut-être de nature graisseuse, et résolut de l'enlever. MM. Quain et Morlon s'accordaient avec lui,

(1) R. Lhlon, Medico-chir. Transactions, 1843, p. 120.

Oiiémlion. — Lo 6 juin, le malade fut couché sur le ventre sur la table à opérations. M. Liston procéda à la ponction exploratrice. Celle-ci l'ut faite ;!u moyen d'un bistouri étroit, plongé profondément dans la partie la plus saillante de la tumeur, à peu près sur la ligne médiane du membre, et vers la partie supérieure du creux poplilé ; on fit faire un demi-tour au bistouri sur son axe et on le retira en partie. Le mouvement de retrait fui suivi d'un jet de sang d'une teinte foncée, lancé d'abord avec force. Le sang continua à couler abondamment, mais sans intermittence, sans saccades. Quand on essaya d'imprimer au bistouri des mouvements de latéralité, on trouva que la tumeur n'était pas libre, de sorte qu'elle ne pouvait pas être dans une cavité. La tumeur diminua un peu de volume pendant l'écoulement du sauf, dont il s'échappa environ 3 onces.

M. Quain remarqua que l'hémorrhagie pouvait provenir delà veine saphène externe; comme il n'est pas très-rare de la voir se jeter dans la veine profonde beaucoup plus haut qu'à l'état normal, dans ce cas, elle serait située assez près du point de la ponction. L'hémorrhagie fut arrêtée par l'application du doigt sur l'ouverture, et une deuxième ponction fut faite sur le côté externe de la tumeur ; celle-ci ne détermina aucun écoulement de sang. M. Liston se décida à enlever la tumeur. Une incrision longue de 4 pouces fut faite à travers les téguments. Ceux-ci n'adhéraient pas aux parties profonde». Le fascia fut divisé dans une égale étendue et la surface de la tumeur se trouva découverte. Elle avait l'aspect d'une tumeur graisseuse, mais son volume était évidemment bien moindre que celui qu'elle avait avant le commencement de l'opération. On vit alors que la veine n'avait pas pu être ouverte.

La dissection fut commencée sur le côté externe. Le nerf poplilé fut bientôt à nu, et la tumeur qui lui adhérait un peu en fut séparée avec soin. Après une dissection laborieuse, profonde dans le fond du creux poplilé, on constata que la tumeur était couverte par les muscles. On procéda à la dissection sur le côté interne, et l'on vit que la tumeur était couverte de la .nême manière de tissu musculaire ; c'était le demi-membraneux qui entourait la tumeur. Pendant les manipulations nécessitées par celle dissection, la tumeur diminua encore de' volume. On coupa dans l'épaisseur du demimembraneux, et la production morbide fut extirpéj. L'artère poplilée ne fut pas mise à nu pendant cette opération, Un seul vaisseau dut être lié, et le malade fut transporté à son lit, la plaie ayant été couverte de charpie imbibé*; d'eau froide. Beaucoup de sang avait été épanché et une syncope était imminente.

Examen de lu luineur. — En opérant une section, on vit que la tumeur était constituée par une masse de tissu érecliie parfaitement caradtérifié, ayant le volume d'un œuf.

Nous avons ici, a notre avis, un cas rare. Le tissu érectile se rencontre rarement dans les parties profondes.

L'auteur ne savait pas si on l'avait rencontré dans le tissu musculaire, pans le cas que nous venons de raconter, disait-il, il est plus que probable qu'une petite masse de tissu érectile avait existé à l'origine dans le muscle, et qu'elle s était développée peu à peu, jusqu'à ce qu'elle eût atteint un volume suffisant pour attirer l'attention.

Les journaux anglais renlormeiil trois autres obscrvalionb. La première semble (Hre une tumeur érectile étendue aux muscles.

Unhomme âgé de vingt-cinq ans, était entré dans le service de M.Birketl, à Guy's Hospital, pour une tumeur érectile d'un grand volume, située dans la peau et les tissus sous-cutanés du côté droit de l'abdomen. Elle recouvrait une surface d'une longueur égale à trois fois celle de la main ouverte, et avait une épaisseur, dans certains points, de près de 2 pouces. Elle était d'origine congénitale, mais n'avait jamais été incommode jusqu'à ces derniers temps, où elle était devenue plus volumineuse et s'était recouverte de petites saillies verruquouses ou papilliformes, desquelles suintait une grande quantité de sang diffluent. Par l'effet de l'hémorrhagie persistante, le malade était arrivé à un élal d'anémia profonde. En excisant la tumeur, on trouva qu'elle était unie intimement au muscle oblique externe, dont on fut forcé d'enlever une partie avec la tumeur. La dissection exigea beaucoup de soin, et fut terminée avec très-peu d'écoulement sanguin. La solution do continuité laissée par l'opération fut nécessairement très-étendue. Le malade s'est très-bien relevé de l'opération, et il est à présent hors de danger. La tumeur, examinée après son ablation, ressemblait exactement, par sa tructure, au corps caverneux (1).

La seconde observation anglaise est une tumeur érectile du cou, dont le siège dans les muscles n'a pas été bien précisé. A notre avis, il y a seulement cette phrase pour justifier le titre de l'observation : « L'extrémité inférieure du muscle sterno-mastoïdien fut divisée, ce muscle étant incorporé avec la tumeur (2).» M. Maisonneuve a enlevé une tumeur érectile du cou, au milieu des muscles de la nuque, où il a aussi coupé des muscles ; mais cela ne suffit pas pour établir qu'il y avait tumeur érectile du muscle. D'ailleurs, les examens des pièces ne sont pas relatés. Nous ne compterons pas ces faits.

L'observation suivante, toute récente, a été publiée par M. Legros Clark, chirurgien de Saint-Thomas à Londres :

Un jeune homme de bonne santé fut amené à l'hôpilal pour se faire débarrasser d'une tumeur qu'on supposait être un lipome. Celle tumeur avait e volume d'u.".e grosse orange, elle siégeait à 'a partie inférieure du muscle

(ly Med. Times, \o\. XXXII, n" 321. (Il y a deux ordres de numération des volumes de ce recueil, c'est sur la première pnge que se trouve le numéro du volume. Le Médical Times and Gazette est la fusion du London médical Gazelle avec le Médical Times.)

(2) Med.-chir. Trans., 1843, p. 128.

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grand dorsal. Plus gênante que douloureuse, elle s'étail accrue lentement depuis plusieurs années; le malade l'attribuait à un coup.

D'une consistance non élastique, recouverte par la peau mobile sur la tumeur, indolente et non pulsatile, cette production a été diagnostiquée un lipome. Mais elle présentait une particularité singulière : dans certains mouvements du malade, la tumeur était plus saillante et plus dure, et cela avait é;é attribué à la contraction du muscle sur lequel elle reposait.

L'opération a été faite au mois de novembre, et l'on a trouvé que la tumeur était composée de vaisseaux. L'ablation des parties malades a duré plusieurs minutes. Le sang, qui coulait en abondance de tous les côtés, a été arrêté par une éponge placée dans la plaie, et lorsque celle-ci a été enlevée, comme le sang coulait encore, le chirurgien a eu recours au tamponnement avec la charpie imbibée de perchlorure de fer.

Des hémorrhagies tendaient sans cesse à se reproduire pendant la cicatrisation de la plaie, et un abcès s'est produit et a été ouvert avant que le malade quittât l'hôpital.

La tumeur, examinée, présentait un nombre considérable de cavités et de sinus, qui étaient enfermés dans des restes de tissu musculaire, quoiqu'elle fût circonscrite par une membrane d'enveloppe; les sinus semblaient se continuer avec les veines voisines, ils renfermaient des masses de matière calcaire ayant la forme et le volume d'un grain de millet ou d'un pois. Quelques-unes de ces masses étaient constituées en partie par des sels calcaires et en partie par de la fibrine décolorée. Il y avait des caillots dans les cavités veineuses.

Les concrétions trouvées dans la tumeur faisaient effervescence lorsqu'on les traitait par l'acide nitrique (1).

-M. Demarquay a publié dans \ Union médicale, une observation de tumeur érectile développée dans l'épaisseur du long supinaleur. Voici le fait :

•Madame X..., âgée de vingt-huit ans, est venue me consulter pour une tumeur de la région du pli du coude. Cette tumeur est située en dehors du lendon du biceps, entre celui-ci et le relief que forme le grand supinateur; elle fait une légère saillie à la peau, et avec le doigt on reconnaît une tumeur bien limitée, un peu aplatie, dure, sans bosselure, et ayant le volume d'une noisette; elle n'adhère pas à la peau, et présente dans tous les mouvements une situation fixe sur les parties profondes. L'examen de cette tumeur est douloureux.

La malade y éprouve des douleurs très-vives, d'abord locales, mais qui se propagent à la partie externe de l'avant bras, et sont vivement senties vers son tiers inférieur, puis au poignet, et s'irradient en dernier lieu sur la face dorsale du po.ice et de l'index; plus tard le médius et l'annulaire deviennent douloureux, mais alors la malade souffre jusque dans le creux

'I) Lcgros Clark, Vasr.ular Iwnoiir [Udp. Si. Thomas, — The Lmcel, ' 11, p. 'iVl-, Iraduilc par nous(Gaï, des hOpit., 1865, p. 33).

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