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TUMEURS SYPHILITIQUES DES MUSCLES

Les tumeurs syphilitiques ou gommes des muscles sont des accidents tertiaires de la syphilis.

Astruc (2) avait entrevu la syphilis musculaire. « Si, disait-il, la substance musculaire est infiltrée de virus et qu'elle s'arrête dans les vaisseaux, elle y causera des ganglions ou petites tumeurs, qui, en retardant le cours du sang, donneront lieu à une douleur rhumatismale tensive, pulsalive, avec gonflement manifeste et inflammatoire. »

Cette phrase, dont les termes ont vieilli, a été la première exposition de l'histoire des tumeurs syphilitiques des muscles. M. Lagneau n'a guère fait que reproduire avec plus de simplicité ces assertions d' Astruc.

Dans les éditions successives de sa Chirurgie, Boyer parlait d'un engorgement dur et en apparence squirrheux de la langue causé par un virus vénérien. « Cet engorgement, disait-il, occupe l'épaisseur de la langue, et quelquefois son bord et sa pointe en sont seuls préservés. Sa surface présente ordinairement une ou plusieurs fentes plus ou moins profondes, mais qui ne versent aucune humeur. Il n'attaque jamais que les personnes qui ont eu la vérole et qu'on a mal guéries. Il n'est point douloureux, il gêne seulement la mastication et la parole; j'ai plusieurs fois observé cette maladie, je suis toujours arrivé à la guérir en imposant aux malades un traitement antivénérien général (3). j

(1) Bullelim de la Société anatomique, 1866.

(2) Astnic, Traité des maladies vénériennes, 1774, t. IV, p. 46.

(3) Boyer, Traité des mal. chir., 1834, t. VI, p. 324.

— Ih —

Lisfranc, 1842, a décrit des nodosités des tendons curables par l'iodure de potassium (1).

Ph. Boyer et M. Ricord, 1842, ont ensuite vu chez des syphilitiques des muscles indurés avec contractures.

Vax 18/i5, Salomon a publié un travail dans un recueil allemand (2), où il étudie des tumeurs des muscles qu'il met sur le compte de la syphilis.

Il parle de tumeurs petites, lentes à se développer, pouvant acquérir le volume d'un œuf de colombe. Ces tumeurs peuvent, dit-il, acquérir de la mollesse et de Télasticité. Arrivées à ce point, elles grossissent rapidement, contractent des adhérences intimes avec le muscle dans lequel elles se creusent une cavité, puis la peau se colore en rouge au bout de plusieurs années, quelquefois la tumeur se ramollit entre les bosselures. Il se développe de la fluctuation dans les points ramollis, ceux-ci s'ouvrent et donnent issue quelquefois à de la matière dure, quelquefois à une sanie fétide mélangée de grumeaux sanguins. Cette suppuration peut entraîner les malades au tombeau.

La maladie, suivant M. Salomon, atteignait de préférence le sterno-masioïdien, et se présentait chez les individus âgés de plus de trente ans. Elle pouvait être sous la dépendance d'une cachexie syphilitique ou dartreuse, et était peut-être liée à l'emploi inopportun des mercuriaux.

Le travail de M. Salomon était, de toute évidence, le reflet des •idées françaisas.

Salomon a attribué à la syphilis quatre tumeurs du sternomastoïdien.

Voici en quelques mots une observation de guérison d'une de de ces tumeurs ; les autres malades atteints d'un mal analogue sont morts. Le malade était franchement syphilitique ot avait subi des traitements mercuriels pour des chancres.

Une tumeur existait dans la direction du muscle sterno-niastoïdien depuis l'apophyse mastoïde jusqu'à la clavicule, elle

(1) Lisfranc, Gaz. deshôp., 1842, p. 611.

(2) Salomon, in Casper's Vochcnschrifl, 1845, et Archives de méd., 1346, t. XI, p. 100.

piésenlait des bosselures et des points ramollis ; on avait placé, sur l'avis de Langenbeck, un scton volumineux, et l'on avait administré du soufre doré, de la ciguii et des bois sudorifiques, de la teinture d'iode à l'intérieur. Pendant le cours du traitement, on avait vp le sterno-masloïdien roide comme une planche, des frictions avecla ponmiade slibiée ont l'ail disparaître la dureté du slerno-mastoïdien ; mais il restait encore une tumeur au niveau de l'apophyse masloïde et une vers la clavicule; les deux tumeurs ont fini par suppurer, et le malade a pu être considéré comme guéri (1).

Le rédacteur des Archives croit que Salomon a décrit des tumeurs cancéreuses, il conserve des doutes sur la nature de la maladie dont nous avons reproduit l'observation. M. Parmentier croit qu'il s'agissait de cancers. Nous partageons l'avis du rédacteur des Archives, seulement nous faisons un grand cas de l'antécédent syphilitique du malade dont il vient d'être question, et de la diminution des tumeurs.

En 18/16, M. Bouisson a publié dans la Gazette médicale un mémoire sur les tumeurs syphilitiques des muscles et de leurs annexes (2). Il a donné cinq observations : l'une de tumeur syphilitique du slerno-mastoïdien, l'autre du muscle vaste interne, une d'une tumeur du tendon d'Achille, et deux tumeurs syphilitiques de la langue.

Voici les points capitaux des observations :

1° Homme âgé de quarante-deux ans. Tumeur de la langue grosse comme une noisette, exactement placée sur la partie moyenne de la Jangue, dans l'épaisseur de laquelle elle est située. Sur un autre point de l'organe, une tumeur perforante dans laquelle un stylet pénétrait à une profondeur de 1 ccnlimèlre; traces de syphilides sur le corps; ulcérations sur le nez; point de douleurs lancinantes dans la tumeur. Des aiïeclions vénériennes pendant la jeimesse.

(1) Archives de médecine, 18*6, t. XI, p. 100.

(2) Boaisgon,(oc. cil.

Amélioralion par le muriale d'or, un seizième de grain par jour.

2* Homme âgé de quarante-cinq ans. Tumeur de la langue; à la base du ctUé droit, trois ulcérations sur ime induration; langue gonflée à la base dans toute son épaisseur.

Chancres et bubons, écoulements dans la jeunesse. Six ans avant l'entrée à l'hôpital, nécrose des os du nez, perforation de la voûte palatine, malgré le traitement par la liqueur de Van Swieten et l'iodure de potassium. Six mois avant l'entrée à l'hôpital, gonflement de la langue.

Amélioration, puis guérison par le muriale d'or, 5 centigrammes dans 180 grammes d'eau, une cuillerée tous les jours, puis par les pilules de calomel et de jusquiame.

Durée du traitement, soixante-onze jours.

3° Homme âgé de vingt-deux ans. Tumeurs des tendons d'Achille avec douleurs et difficulté de la marche.

Tumeur du volume d'une noix au niveau de l'insertion <lu tendon d'Achille sur le calcanéum, plus large vers l'extrémité du tendon. La tumeur, dure à sa base, ressemblait à une exostose. Douleurs la nuit, douleurs pendant les mouvements; pas de changements de coloration à la peau.

Blennorrhagies et deux bubons traités par un charlatan à dix-neuf ans.

Pilules de Sédillot, sirop de salsepareille, frictions mercurielles. Une tumeur a disparu ; l'autre est diminuée des deux tiers. Quarante jours de traitement.

A" Malade âgé de trenle-buit ans. Tumeur à la partie inférieure et externe de la cuisse gauche, du volume du poing, médiocrement douloureuse. « Sa position, son degré de profondeur et l'action qu'exercent sur elle les contractions du muscle vaste externe, indiquent que cette portion du triceps est son véritable siège. » Douleur parfois la nuit.

Chancres et maladies syphilitiques non désignés antérieurement; exostose du tibia.

lodure de potassium à dose progressive de 50 centigrammes à 2 grammes par jour; frictions avec la pommade d'hydriodale do

j)olassc. Du quinzième au vingtième jour, diminution de moitié dans la tumeur. Trente-quatre jours de traitement. Le malade sort envoie de guérison; il doit prendre encore pendant un mois de l'iodure de potassium.

5" Homme de cinquante-cinq ans. Tumeur sur la partie antérieure du cou, dont la partie la plus volumineuse correspondait au sternum, et avait le volume d'une orange. Les deux muscles sterno-mastoïdiens étaient triplés de volume. Dureté de la tumeur. Pas de douleur à la pression. Douleurs spontanées sourdes.

Blennorrhagie et orchite dans la jeunesse. Plus tard, chancres au gland. Eruption syphilitique du cuir chevelu, puis ulcération du voile du palais traitées par la liqueur de; VanSwieten. Récidive de l'ulcération du voile du palais après guérison apparente. Signes de phthisie laryngée, pour laquelle des préparations d'or et le régime lacté ont été donnés. Après une guérison apparente, la tumeur a paru au cou.

Frictions avec la pommade d'hydriodale de potasse, iodure de potassium à la dose de 50 à 75 centigrammes. Un mois après, la tumeur a disparu. Traitement par l'iodure de potassium pendant un mois après la guérison.

En 1851, M. Nélaton a fait une leçon sur les tumeurs syphilitiques des muscles au point de vue clinique (1). Nous aurons heaucoup à prendre dans cette leçon, qui est la meilleure étude pratique que nous possédions sur ce sujet. Nous verrons plus loin l'observation de la tumeur qui a été l'occasion de la leçon, et qui siégeait dans le mollet.

Plus tard, en 1858, Robert, à propos d'un malade que nous avons observé nous-môme dans son service où nous étions interne, a fait aussi une leçon sur les tumeurs syphilitiques des muscles (2).

Un malade, atteint manifestement de syphilis avec syphilides squameuses de la peau, avait présenté une tumeur du muscle

(1) Nélaton, Gaz. des hôp., 1851, p. 349.

(2) Robert, Conférences de cliniques, p. 11 i. l'aris, 1860.

soléaiie qui udisparu sous rinllueiice du traitement par l'io'Jure de potassium.

Lu même année, M. Lagneau fils étudiait en deux articles les tumeurs syphilitiques de la langue, où l'on trouve les observations publiées antérieurement et quelques observations inédites. Ce qu'il y a de plus important dans ce travail, c'est la possibilité de tumeurs {syphilitiques multiples de la langue, et de tumeurs formées par des indurations, suivant le trajet d'un muscle (1).

En 1858, la Gazette des hôpitaux a publié une noie sur un cas de tumeur syphilitique du muscle sterno-mastoïdien observé par M. Nélaton (2).

Enfin, en 1859, M. Fischer a fait paraître dans l'Union médicale de la Gironde (3) un mémoire sur la myosile. Des pages sont consacrées à l'élude de la myosite syphilitique, et, dans ce travail, à propos de la myosile spontanée, on retrouve des observations anciennes de Vallerand de la Fosse qui pourraient bien n'avoir été que des myosites et des tumeurs syphilitiques.

Dans un cas, le biceps était le siège de la maladie et formait une tumeur dure et allongée.

Dans un aulre cas, la tuméfaction portait sur le jumeau externe (Vallerand de la Fosse, du Rhumatisme, thèse de Paris, 1815) :

Deux endroits oij l'on a vu des tumeurs syphilitiques.

Enfin, M. Fischer cite une observation de Mel. Robert, où l'origine du mal était réellement syphilitique, et oii le tendon du biceps présentait un épaississement volumineux.

On le voit, nous sommes assez riches en documents sur les lumeurs syphilitiques des muscles. (Voy. V Addeiida.)

M. Bûuisson a donné quelques renseignements analomopathologiques sur les lumeurs syphilitiques des muscles. Celles que j'ai examinées,dit-il, occupaient le grand fessier et le trapèze.

(I ) Lagneau flis, Tumeurs syphilitiques de la langue {Gaz. hebi , 1859j p. 499).

(2) Gazelle des hôpilaux, 1858.

(3) Fischer, De la myosile {Uuion médicale de la Gironde, n"» de janvier el février 1859)!

On voyait dans l'un une matière grisâtre d'apparence fibrincusc, fortement adliérenle aux libres musculaires et formant une tumeur circonscrite. Dans le trapèze, la maladie semblait plus avancée,; la tumeur avait un aspect semi-cartilagineux. M. Ricord avait vu un peu mieux les choses : des masses tuberculeuses, jaunâtres, dures, criant sous le scalpel, dépourvues de vaisseaux ; les fibres musculaires étaient dégénérées (1).

Lebert a décrit ainsi les tubercules syphilitiques du cœur :

« Les tumeurs étaient élastiques; leur couleur variait du jaune pâle au jaune rougeàtre-, elles étaient infiltrées d'une petite quantité de liquide se troublant. Leur consistance était homogène et elle présentait des vaisseaux en quelques endroits. Le microscope fit reconnaître des petites cellules de un centvingtième de millimètre à un centième de millimètre, ayant un noyau rond et entourées d'une substance finement granulée; enfin, on trouve un grand nombre de corpuscules fibro-plastiques (2).»

C'est cette observation qui avait poussé MM. Maisonneuve et Montanier à admettre une dégénérescence fibro-plastique syphi^ Htique.

Les recherches micrograpbiqiies de Virchow ont bien éclairé l'histologie pathologique des tumeurs syphilitiques des muscles, ét surtout la nature des tumeurs syphilitiques du cœur.

M. Virchow a pu étudier un malade syphilitique. Al'autopsie, il a trouvé la cloison intervenlriculaire d'un cœur dégénéré.

Au-dessous de l'endocarde, il y avait dans le ventricule gauche du tissu conjonctif relativement mou, très-vasculaire et comme ■ œdémateux. Dans ce tissu, on trouvait des tubercules arrondis ou aplatis, d'une consistance sèche, résistante, caséeuse. M. Virchow considère cette lésion comme une cicatrice.

Dans le tissu musculaire de la cloison interventriculaire, il y

(I; Ricord, Gaz. des hôpil., 1845, n" 101. Dans son Iconographie, M. Ricord I figure ce qu'a d(:cril M. FJoaisson, et il appelle cet état la dégén(^rcscence plas- ' tique, pl. XXVin bis, fig. 1.

(2) Lebert, Anal, palh., t. I, pl. LVllI, Og. 3.

avait sous rondocarde épaissi des tubérositôs pluies, arrondies ou anguleuses, en partie isolées et en partie réunies par groupes. Ces lubérosités étaient formées par un tissu jaunâtre, sec, dense et homogène. Le tissu musculaire, qui était pâle et avait subi la dégénérescence graisseuse, pénétrait entre les callosités et les lubérosités, mais il avait disparu en grande partie.

Les faisceaux musculaires en plusieurs points étaient striés en aune et présentaient une apparence de dégénérescence graisseuse. — A part la segmentation des fibrilles, on voit que l'état des muscles autour des productions gommeuses ressemble assez bien à ce que M. Zenker a décrit sous le nom de dégénérescence cireuse. (1)

Lebert, Broca et Verneuil ont, à plusieurs reprises, cherché quelle était la nature des gommes, et ces anatoiriistcs ont été d'avis que c'étaient des exsudations qui se faisaient dans l'inlerstice des faisceaux musculaires et des fibrilles primitives, c'est-à-dire aux dépens du tissu conjonclif interfibrillaire.

Au point de vue de l'histologie, les gommes des muscles seraient, comme les autres gommes, un composé de cellules de noyaux ovoïdes, de fibres plastiques et de corps fusiformes(2), au milieu d'une matière amorphe granulo-graisseuse susceptible de devenir plus tard gélatineuse. .

M. le professeur Robin, de son côté, a trouvé en outre, dans les goinmcs, des corps spéciaux qu'il appelle des cyloblastions (3).

Nous ne discuterons pas, d'ailleurs, toutes les autres opinions; celles de M. Ricord, qui a pensé un moment que les gommes des muscles étaient une transformation de la fibre musculaire; ni l'opinion qui fait naître les tumeurs des muscles sur leur gaine ou l'enveloppe des muscles. M. Saint-Aroman, par exemple, disait que les tumeurs gommeuses de la langue se développaient sous la muqueuse {h).

(1) Virchow, De la syphilis conslituiionnelle. Paris, 1860, traduction française, p. 107 et suiv.

(2) Soc. anat., 1851, t. XXVI, p. 139, et t. XXX, 1S55, p. 97.

(3) Note de M. Robin in Van Oordt, thèse de Paris, 1859, p. *9.

(4) Saiul-Aroinan, thèse de Paris, 1843.

Évolutions des tumeurs gommeuses. — Les tumeurs gommeuses naissent quelquefois après une myosite syphilitique; cela semble ressortir de plusieurs observations, seulement la myosite a, dans ce cas, une forme chronique.

La tumeur met généralement un temps très-long à se développer, toujours plusieurs mois; elle est d'abord dure, mal limitée, puis mieux circonscrite. Arrivée à un certain degré, elle peut rester slationnairo pendant une période de temps qui varie même de six à huit ans, comme l'a indiqué M. Nélaton.

Dans quelques cas, en même temps qu'elle se développe, la tumeur peut se ramollir. Un peu de lymphe plastique se répand dans le tissu cellulaire et la tumeur adhère à la peau et peut s'ouvrir à l'extérieur. Pendant un service passager à l'hôpital du Midi, nous avons vu une gomme de la langue qui occupait sa base et avait à peu près le volume d'une noix. Cette tumeur était molle, et nous ne pouvons mieux comparer la sensation éprouvée par son contact qu'à celle d'une cerise mûre. Nous avons quitté l'hôpital peu de jours après, et nous ne savons pas si la tumeur s'est ouverte.

M. Nélaton admet l'ulcération des gommes musculaires.

(! La peau continuant à s'amincir, dit-il, ne tarde pas à se perforer. On voit alors sortir une espèce de sérosité plus ou moins roussàtre, entraînant des grumeaux de matière grisâtre et souvent quelques petits caillots sanguins. Une ulcération plus ou moins profonde, à bords taillés à pics, existe, qui a l'aspect des ulcérations syphilitiques tertiaires, mais qui cependant en diffère par sa profondeur et par l'espèce d'anfractuosité que présente sa cavité. » Les foyers se détergent ensuite et suppurent, puis une cicatrice les ferme.

Les ulcérations des gommes des muscles sont aussi rares que leur suppuration, et, sans doute grâce à l'efTicacité constanté du traitement, on n'a pas vu les tumeurs syphilitiques des muscles s'ulcérer aussi souvent qu'on aurait pu le voir.

En Angleterre et en Allemagne, où les tumeurs syphilitiques des muscles sont mal étudiées, on décrit des kystes à liquide filant et à parois dures situés dans les muscles, qui pourraient DESPRÉb. 6

bien ètro des gommes ramollies. Les abcès Iroids inenlioiiiiés par Linharl doivent renfermer quelques cas de tumeurs sy|)biti(|ues ulcérées. (Voyez plus haut : Tumeurs hématiques et abcès froids.)

M. Bouisson dit avoir vu un psoïlis terminé par suppuration chez un syphilitique, et il croit que c'était là une gon.mc musculaire ramollie.

M. Lagneuu cite des cas de tumeurs syphilitiques de la langue ulcérées.

Il compte comme faits de ramollissements une note de M. Ricord, où il était dit que sur une langue augmentée de volume il existait une ulcération grisâtre irrégulière.

11 rappelle l'observation 2°"' de M. Bouisson.

Enfin, si l'observation de Salomon peut être comptée au nombre des tumeurs syphilitiques, ce serait un exemple de tumeur gommeuse des muscles ulcérés.

Virchow admet la possibilité de l'ulcération des tumeurs syphilitiques, mais indirectement. S'il dit qu'il n'a jamais vu lasyphilis musculaire s'abcéder, il ajoute : « J'ai certainement vu, chez des syphilitiques, des abcès des muscles qui, selon toute probabilité, appartiennent à la forme des tumeurs gommeuse et caséeuse, » Et il indique qu'il a vu un cas dont M. A. Geigeil a fait une courte description.

M. Bouisson a admis que les tumeurs syphilitiques, à une troisième période de leur évolution, pouvaient s'ossifier, et il a cité des cas d'ossification de tendons, et un cas d'ossification musculaire multiple. Il n'y avait là que des conslalalions anatomiques; l'observation sur le vivant n'a pas encore permis de vérifier le fait. Les ossificalions des tendons qu'a vues M. Bouisson peuvent être des ossifications au voisinage d'une arthrite sèche; les plaques osseuses trouvées dans les muscles d'un Arabe se rapprochent de celles dont nous avons parlé à propos des ossifications multiples des muscles.

Comme la syphilis peut produire des rétractions musculaires telles que Pelit-Radel, Ph. Boyer et Notta les ont vues, des contractures et même l'atrophie du muscle, on conçoit que les

tumeurs syphilitiques puissent avoir le même résultat; en effet, un muscle peut être atteint à la fois par la lésion qui occasionne la rétraction, c'est-à-dire une myosite syphilitique et par une tumeur musculaire. Quant à l'atrophie consécutive, nous verrons en parlant du pronostic que pendant très-longtemps elle n'est pas à craindre, et qu'elle est souvent, ainsi que l'a dit M, Nélaton, subordonnée à l'administration tardive du médicament spécifique.

Siéye. — M. Nélaton a vu des tumeurs syphilitiques en grand nombre et dans beaucoup de muscles. Dans l'épaisseur de la langue, dans le muscle sterno-mastoïdien, les pectoraux, le grand droit de l'abdomen, les muscles de la cuisse, du mollet, et même de la plante du pied, enfin dans les muscles du bras et de l'avant-bras.

M. Bouisson disait en avoir vu dans plusieurs muscles divers, en autres dans le trapèze et le grand fessier; il supposait que certaines tumeurs syphilitiques du voile du palais, du larynx, avaient été des tumeurs gommeuses musculaires. C'était pousser un peu loin les analogies.

Il y a des tumeurs syphilitiques dans des tendons, et c'est en particulier le tendon d'Achille qui en a offert des spécimens. Les tissus fibreux, comme on le sait, sont quelquefois atteints de gommes, on sait qu'il en existe dans le périoste. On pouvait donc supposer qu'il devait y en avoir dans les tendons.

Lisfranc a enseigné qu'il existait des nodosités blanches dans les tendons; il disait avoir vu, chez une danseuse de l'Opéra, une de ces tumeurs qui avait disparu grâce à l'iodure de potassium. Dans un article publié dans la Gazette des hôpitaux, il signala le fait d'un cas de nodus développés sur le trajet du tendon du jambier antérieur.

Mais il n'est pas fait mention de nodosités constatées dans les autopsies (1). Ceci explique pourquoi, la même année, M. Marchai de Calvi a révoqué en doute les assertions de Lis-

(I) Lisfranc, Gfl3. des hop., 1842, p. 611.

- Sli —

franc, quant à la iialuit! tendineuse des tumeurs. {Annales de la chirurgie française et étrangère, 18A2,)

M. Bouisson croit fermement aux tumeurs sypiiililiques des tendons; il dit dans son mémoire :

« Les tumeurs syphilitiques des tendons siègent tantôt à leur surface, et tantôt à leur centre. Le premier siège est le plus ordinaire, le gonflement est alors plus sensible, il fait une saillie abrupte sur le trajet d'un tendon, et s'il se termine par suppuration, la continuité de la corde fibreuse est respectée. Mais l'affection peut résider exclusivement dans la partie centrale, et dans ce cas, les produits de nouvelle formation écartent les fibres propres du tendon en donnant lieu à une tumeur de l'orme ovoïde ou en fuseau (1) . »

Une seule observation de M. Bouisson appuie cette généralité. Nous ne comptons pas la pièce qu'il a vue au musée de Strasbourg, et qui était une tumeur fluctuante dans un tendon d'un fléchisseur des doigts. On ne sait pas si la pièce avait macéré dans l'alcool, et surtout M. Bouisson ne dit pas si le sujet était syphilitique.

Signes. — Les tumeurs syphilitiques des muscles s'annoncent quelquefois par des douleurs, souvent par de l'empâtement de la région et une certaine roideur dans les mouvements des muscles. Quand la tumeur débute par une douleur, il est probable qu'il s'agit d'une myosile syphilitique, après la résolution de laquelle la tumeur persiste ; une des observations de M. Bouisson présente' ce phénomène.

Le siège de la tumeur au voisinage d'un muscle, et une plus ou moins grande mobilité de la tumeur pendant le rebàchement du muscle, sont un premier indice annonçant qu'il s'agit d'une tumeur musculaire.

La forme des tumeurs est généralement globuleuse, elle atteint ordinairement assez promptement le volume d'une noix;

(1) Bouisson, Méw. cUé, in Tribut à la chirurgie, t. !, p. 541.

elle reste parfois slationnaire lorsqu'elle est arrivée à ce volume. On n'a pas vu de tumeur ayant un volume supérieur à celui d'une grosse orange. Dans les muscles longs surtout, les tumeurs sont arrondies, elles affectent la forme etla direction d'un muscle. Elles sont irrégulières dans la langue, où elles apparaissent quelquefois comme des nodosités isolées , ce que M, Ricord a exprimé dans cette phrase pittoresque : « La langue semble être rembourrée de noisettes. »

M. Bouisson dit que l'état hygrométrique de l'atmosphère et les variations de température rendent ces tumeurs sensibles^ et le professeur de Montpellier ajoute que la sensibilité des gommes musculaires s'accroît pendant la nuii. C'est assurément une concession faite à la théorie absolue des douleurs ostéocopes dans la syphilis.

M. Nélaton n'a pas fait la même remaiijue. Ces tumeurs, disait-il, ne s'accompagnent point de douleurs nocturnes, comme il arrive pour certaines autres affections produites par l'infection syphilitique. Un autre signe important a été noté chez le malade qui servait d'objet à la leçon de M. Nélaton ; le malade dominait les quelques douleurs qu'il éprouvait en pressant avec force son mollet.

EnOn, à ces signes il faut joindre comme les plus importants, la connaissance d'antécédents syphilitiques chez le malade, et la durée assez longue du mal.

Suivant le muscle affecté, il y a des signes variables ; ainsi, à la langue les tumeurs présentent une plus grande facilité d'exploration, et l'on peut peut mieux apprécier la consistance et la forme de la tumeur. Dans cet organe, les tumeurs gênent la mastication et la parole, et il est rare qu'elles causent des douleurs vives. Les tumeurs des tendons sont ou semblent être plus douloureuses que celles des muscles.

Quand les tumeurs se ramollissent, on sent quelquefois de la (luctuation, ou une mollesse voisine de la fluctuation.

Lorsque les tumeurs sont ulcérées, elles offrent une ulcération à bords taillés à pic sur un fond induré profondément.

Voici quels étaient les caractères d'une tumeur sypiiilitiquc du mollet, observée par M. Nélaton, et qui a été l'objet de la leçon dont nous avons parlé.

« La tumeur était mal circonscrite, allongée. Sa hauteur était de 7 à 8 centimètres, son épaisseur de 3 à h: elle était donc de forme ovalaire, son grand diamètre était presque vertical dans le sens du jumeau interne. Comprimée, elle résistait à la façon des tumeurs fibreuses, sa surface était assez égale ; cependani, vers son centre, elle se laissait un peu déprimer, il y avait un point plus mou présentant une fluctuation douteuse. Les parties environnantes avaient été légèrement influencées par le voisinage de cette tumeur. Ainsi, la couche sous-cutanée était moins souple; la peau avait perdu en grande |)artie sa mobilité. Elle ne roulait pas à ce niveau ; les téguments ne pouvaient être soulevés et former un pli comme sur les parties voisines.

a Nous avons rendu, disait Nélaton, cette tumeur aussi saillante que possible; et, pendant que nous la tenions solidement saisie, nous avons dit au malade de faire des mouvements detlexion et d'extension du pied. Or, pendant ces mouvements, la tumeur devenait moins saillante; elle tendait manifestement à s'enfoncer dans le muscle. Ajoutons qu'elle était manifestement entraînée alternativement en haut et en bas, comme le corps du muscle lui-même. »

Diagnostic. — Un antécédent syphilitique, tel qu'un chancre, une éruption cutanée, des douleurs, des ulcérations, une iritis qui ont cédé au traitement antisyphililiqiie chez un individu atteint d'une tumeur développée assez lentement, située dans un muscle et mobile avec lui, doivent faire diagnostiquer une lumeur syphilitique des muscles, c'est-à-dire un accident tertiaire de la syphilis.

Si, en même temps que la tumeur, il existe sur le corps quelques-unes (les ulcérations qui appartiennent aux accidents tertiaires de la syphilis, le diagnostic est presque forcé.

Si le traitement par le mercure ou l'iodure de potassium a eu

une action sur la tumeur, s'il l'a fait diminuer, il y a une certitude absolue.

Nous n'avons pas à faire ici le diagnostic différentiel des tumeurs de la langue avec les gommes de cet organe. Disons cependant. que les gommes naissent à la base de la langue ou dans la profondeur des couches musculaires, qu'elles ne causent pas de douleurs lancinantes comme les cancers, et surtout qu'elles cèdent à un traitement antisyphilitique qui est alors un véritable traitement explorateur.

On peut confondre les tumeurs syphilitiques des muscles de la vie de relation avec la plupart des autres tumeurs musculaires :

Les hydatides,

Les abcès froids des muscles, Les hématomes des muscles, Les tumeurs osseuses isolées des muscles, Les tumeurs fibreuses à la langue, ' Les cancers des muscles, Les tumeurs érectiles.

Les hydatides, toutes proportions gardées, sont plus rares que les tumeurs syphilitiques. Elles existent souvent dans les muscles du tronc, et c'est une place plus rare pour les tumeurs syphilitiques. D'ailleurs, les tumeurs hydatiques sont fluctuantes, au moins celles qui sont superficielles.

Le frémissement hydalique est appréciable quelquefois. Aucun signe analogue n'existe pour les tumeurs syphilitiques. Les hydatides restent toujours stationnaires ou progressent avec régularité, et les tumeurs syphilitiques aussi anciennes qu'une tumeur hydatique ont présenté au moins, sous l'influence de quelf|ue traitement, des alternatives d'accroissement et de diminution. C'est ce qu'a fait remarquer M. Nélaton.

Les tumeurs syphilitiques se montrent sur les muscles actifs principalement, les fléchisseurs des membres, le sterno-masloïdien; les observations que nous avons citées montrent que les

gommes musculaires onl élé vues trois fois dans les muscles du mollet, quatre fois dans le slerno -mastoïdien et le tendon d'Achille.

Sauf le biceps, où trois tumeurs liydatiques ont été vues, la majeure partie des tumeurs hydaliques a été observée sur les muscles du tronc.

Les abcès froids des muscles sont si rares, quoi qu'ait dit Linhart, que l'on doit toujours éliminer ce diagnostic le premier de tous. Ici, le traitement antisyphilitique serait le meilleur moyen de diagnostic. Au reste, si le malade avait eu la syphilis, l'erreur serait évitable.

Les tumeurs hématiques anciennes des muscles sont des tumeurs qui durent un temps excessivement long; ce seul signe permettrait d'établir le diagnostic. L'antécédent syphilitique absent uni à la durée longue du mal, devrait faire repousser l'idée d'une tumeur syphilitique. Si la tumeur était ulcérée, comme chez le malade du service de M. Velpeau, l'erreur serait encore possible à éviter. Le mal, dans ce cas (voy. page 41), datait de 35 ans. Les syphilides musculaires ne durent pas si longtemps.

Les épanchements sanguins sont le résultat d'une contusion ou le fait d'une apoplexie musculaire chez un individu atteint de fièvre grave : aucune erreur ne peut être commise.

Les tumeurs osseuses ont une dureté spéciale non équivoque que l'on ne peut confondre avec nulle autre dureté. Aucune erreur n'a été commise à cet égard. Dans un seul cas, M. Bouisson a cru sentir chez un de ses malades syphilitiques une dureté osseuse dans le tendon d'Achille. M. Nélaton fait observer que les tumeurs osseuses isolées, capables d'être prises pour des tumeurs syphilitiques, sont toujours près d'une extrémité osseuse, d'oij elles gagnent le muscle, et l'on sait que les gommes des muscles sont plutôt d'emblée dans la portion charnue.

A la langue seulement, les tumeurs fihreuses peuvent être prises pour des tumeurs syphilitiques; dans le fait de M. A. Rich-ard, aucune erreur n'était possilale, le mal durait depuis un âge auquel on n'a guère les accidents tertiaires de la syphilis, et elle

était ramifiée comme un polype, ce qui n'est pas non plus le cachet des gommes de la langue; dans le second cas, M. Nolta est arrivé au diagnostic par l'expérience du traitement antisyphilitique.

Le cancer et les kystes cancéreux des muscles ou nés au milieu d'une couche de muscles, sont plus difficiles à diagnostiquer, surtout les cancers fibro-plasliques dont le début est obscur et ne s'accompagne pas de douleurs. Ici l'efficacité du traitement antisyphilitique et la présence de syphilis dans les antécédents du malade, seraient le seul moyen d'avoir une certitude.

Les tumeurs érectiles des muscles sont congénitales. Cette notion permet tout de suite d'établir que c'est seulement par un défaut d'attention qu'une erreur pourrait être commise.

Les ponctions exploratrices ne sont pas utiles pour faire le diagnostic des tumeurs syphilitiques; mais comme une fois il en a été fait une, il est bon de dire ce que la ponction a appris. M. Giraldès, qui avait vu au début le malade observé par M. Nélaton, avait ponctionné la tumeur avec le trocart explorateur, et il était sorti un liquide séro-purulent un peu louche. S'il s'était agi d'un cancer, il ne serait sorti que du sang; si la tumeur avait été un kyste hydatique, le chirurgien n'aurait retiré qu'une sérosité claire, ou du pus gluant, si les hydatides étaient mortes et si leur kyste avait suppuré.

Un diagnostic différentiel serait encore à faire pour les tumeurs qui siègent aux points oii il existe des varices. L'inflammation d'un paquet variqueux sous-musculaire du mollet peut simuler une tumeur syphilitique au début; mais cette inflammation est douloureuse au toucher, cause de la fièvre, et elle s'améliore presque immédiatement par le repos et par les applications de cataplasmes. Au niveau du sterno-mastoïdien, le voisinage des artères carotides qui soulèvent la tumeur pourrait faire songer à un anévrysme; mais il n'y a pas d'expansion dans une tumeur syphilitique, et celle-ci est en général mobile avec le muscle. La myosile syphilitique qui ne cause pas de tumeur

ne doit pas entrer dans rétiide du diagnostic différentiel des tumeurs syphilitiques.

\jQ pronostic des tumeurs syphilitiques des muscles est peu grave en lui-même, mais en considérant que les gommes sont la manifeslalion de la troisième période de la syphilis, période plastique ou période gommeuse, on conçoit que le pronostic soit fâcheux, c'est le pronostic de la syphilis constitulionnelle. Cependant si le traitement est suivi le temps voulu, les muscles malades, au moins, peuvent reprendre leur souplesse.

Quand la tumeur est ulcérée, les forces du malade ne sont pas considérablement abattues, et l'on entretient les forces dans un bon état par les toniques, en attendant que le traitement antisyphilitique ait hâté la cicatrisation de la gomme ulcérée.

En 1861, M. le professeur Nélaton a fait une leçon sur le pronostic des tumeurs syphilitiques des muscles.

Voici ce qu'il dit :

(ï Si l'on arrive à un moment où la tumeur est devenue le siège de modifications déjà anciennes, qui ont altéré les fdires musculaires, le traitement réussit bien encore à faire résorber la tumeur. Mais le malade conserve une difformité plus ou moins considérable, l'absorption ne se borne pas à faire disparaître l'épanchement plastique qui s'était produit dans les espaces interfibrillaires, elle porte sur le tissu musculaire lui-même; le muscle s'atrophie, se raccourcit, et entraîne le membre dans le môme sens (1). »

Le traitement des tumeurs syphilitiques des muscles est le traitement des accidents tardifs de la syphilis, l'iodure de potassium; c'est en lui que les chirurgiens ont la plus grande et la plus légitime confiance.

Le muriate d'or, les pilules de calomel à l'onguent napolitain ou de Sédillot, à l'intérieur, les frictions, avec les ponv mades d'hydriodate de potasse, constituaient en IS/iO la méthode thérapeutique mise en usage par M. Bouisson.

(1) Tumeurs syphilitiques muscûlaireÈ (Gaz. des hôp., 1861, p. 234).

M. ^\'lalOIl a employé l'ioduro de potassium à des doses môme assez considérables. Dans les cas rebelles où l'iodure de potassium est lent à agir, il combine le traitement mercuriel avec le traitement par le premier médicament. Il donne jusque 2 et 3 grammes d^iodure de potassium le matin, et le soir une pilule de protoiodure de mercure de 2 à 3 milligrammes: le professeur dit que, malgré cette petite dose, ce dernier remède a toujours sutïi dans l'application de la méthode d'association des deux médicaments.

Robert a fait subir à son malade le même traitement, à part qu'il ne dépassait pas la dose de 1 gramme d'iodure de potassium par jour, et qu'il donnait en même temps 5 centigrammes de protoiodure de mercure.

Comme M. Bouisson, au reste, il était d'avis de prolonger l'usage du traitement antisyphilitique après la disparition de la tumeur.

La durée moyenne du traitement pour obtenir la guérison a été de deux mois à deux mois et demi.

Melchior Robert rapporte, dans son Traité des maladies vénériennes (1853), une observation de myosite du biceps qui a été améliorée par la compression avec des bandelettes de sparadrap de Vigo cum mercurio. C'est un topique mercuriel ■omme l'onguent napolitain. Eu égard à l'action du médicament, il n'y a rien qui puisse faire préférer le premier au dernier ; cependant, dans le cas oij un malade sentirait quelques douleurs dans une tumeur des menibres et où la compression les soulagerait, un pansement avec des bandelettes de sparadrap de Vigo serait indiqué.

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