I. — Signes physiques
SIÈGE. — Le siège de ces tumeurs varie d’après leur point de départ, leur étendue, leur mode de développement et leur état de plénitude ou de vacuité.
Elles se trouvent à peu près aussi fréquemment sur la ligne médiane que sur le côté. Rarement, la tumeur est bilatérale. Dans quelques cas, unilatérale pendant son dégonflement, elle devenait bilatérale, lorsqu'elle était remplie d’air.
Occupant un point variable depuis le bord inférieur de la mâchoire jusqu'à la clavicule, tantôt, elles peuvent siéger au niveau, ou au-dessus du larynx, dans la cavité duquel elles peuvent faire saillie quelquefois (Gruber, Ben-
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net, Ledderhose, Beausoleil), où même sous la base de la langue (Virchow) ; tantôt elles sont sous-maxillaires, ou bien elles s'étendent sur les côtés et envahissent toute la région sous-hyoïdienne du cou ou une partie de cette région ; elles se rencontrent aussi à la partie inférieure du cou, dans la fossette sus-sternale, le creux sus-claviculaire et même le creux sous-claviculaire, etc., etc.
Forme. — Ces tumeurs sont généralement plus ou moins arrondies, unilobées ou bilobées, étranglées en forme de sablier (Madelung), flasques lorsqu'elles sont vides, tendues lorsqu'elles sont remplies d’air.
La PEAU qui recouvre ces tumeurs a généralement conservé ses caractères normaux ; elle n’est pas adhérente, sauf dans les cas où l'affection avait débuté par un phlegmon du cou. Parfois, elle présente une légère dilatation des vernes sous-cutanées (Broca) ou quelques varicosités (Lannelongue). Dans quelques cas les veines deviennent turgescentes au moment de l'effort (Devalz, Peschaud, Verneuil).
Vozume. — Lorsque les aérocèles sont vides, leur volume est quelquefois réduit à rien, ou bien, il atteint, à peine, les dimensions d’un œuf de poule ; il peut tripler, lorsqu’elles sont remplies d'air, à la suite d’un effort, par exemple. Exceptionnellement, il peut être plus considérable, comme dans le cas de Fardeau, où la tumeur renfermait quatre livres de liquide et une certaine quantité d’air, ainsi que dans l’observation de M. Fowler, où la tumeur, partie du sommet de la cavité pleurale droite, remontait jusqu’à la mâchoire, puis contournait l’œsophage, passait derrière la trachée du côté opposé et descendait dans la cavité pleurale du même côté.
Le H0et
RéoucrisiiTé. — Elle est tantôt complète, tantôt incomplète, ou bien nulle (Heidenreich, Lannelongue, Dressler, Broca). Elle s'accompagne quelquefois d’un bruit particulier comparé : au craquement d’un ressort mou qui se détend (Passaquay), au froissement d’un parchemin légèrement humecté (Peschaud), au gargouillement fait par une hernie que l’on réduit (Verneuil) ; le malade de M. Détis disait que la tumeur aboyait lorsqu'on pressait dessus.
La réduction de ces tumeurs s’effectue sous l'influence d’une inspiration large, des mouvements de déglutition (Peschaud), de l'extension forcée de la tête (Passaquay), cas dans lequel la tumeur est comprimée par les muscles antéro-latéraux du cou, ou au contraire par la flexion de la tête (Peschaud, Verneuil). La compression produit le même effet ; cependant chez le malade de M. Broca elle. restait sans aucun résultat ; de même dans le cas de MM. Verneuil et Daremberg elle n’avait aucune influence, mais la réduction s’effectuait plus aisément quand le patient exécutait des mouvements de déglutition ou inclinait vivement la tête sur l'épaule gauche (du même côté que la tumeur).
Dans le cas de M. Gauthier, il existait une petite région d'environ un centimètre carré, située au sommet de la tumeur, qu’il suffisait d’effleurer avec la pointe d’un crayon pour que la tumeur se dégonflât immédiatement.
La diminution s'effectue soit rapidement après chaque quinte de toux, soit lentement en plusieurs jours (S. Cohen), soit progressivement et d’un seul coup ou en deux fois (Verneuil et Daremberg).
ConsiSTANCE. — Ces tumeurs, plus ou moins molles,