‹ Des Tumeurs Gazeuses du CouChapitre 18 sur 33 · SD VE · texte numérisé non relu

SD VE

flasques à l’état de repos, sont d’une dureté presque absolue pendant leur distension et n’offrent pas de rénitence le plus souvent, mais elles peuvent néanmoins rester molles et élastiques, ou fluctuantes.

Eu pressant sur la tumeur, on perçoit, quelquefois, une sensation de crépitation fine,

SONORITÉ A LA PERCUSSION. — Quelquefois ces tumeurs donnent une sonorité tympanique à timbre élevé, ou bien un son clair non tympanique. Dans quelques cas la tumeur, mate à l'état de vacuité, devenait sonore, tympanique lorsqu'elle était remplie d’air. On méconnaît assez facilement ces sonorités-là. Dans un cas observé en 1884 à la consultation de L. Labbé à l'hôpital Beaujon, plusieurs observateurs considéraient la tumeur comme donnant un son mat. On n’arriva à s’entendre qu'après un long examen et de nombreux essais comparatifs (Peyrot).

Il nous semble en effet tout naturel, qu'une cavité remplie d’air doit être toujours sonore à la percussion et nous dirons avec M. Peschaud : la sonorité peut être plus ou moins grande, plus ou moins masquée par les tissus superposés, mais elle existe toujours.

Cependant plusieurs observateurs ont signalé une matité complète (Gayet, Heidenreich, Wolfenden, Eldridge). Mais dans tous ces faits il y a des points douteux, et même un diagnostic erroné.

Ainsi M. Gayet nous dit : « comme tous les observateurs qui m'ont précédé (?) j'ai pu constater qu'une pareille tumeur n’est pas sonore à la percussion ». En pareil cas nous croyons qu'il s’agit évidemment d’une erreur d’appréciation.

Dans le cas de Heidenreich, le diagnostic de tumeur aérienne était trop incertain pour pouvoir en tirer des conclusions ; nous renvoyons au chapitre consacré à l’historique de notre question où nous avons parlé plus longuement à ce sujet.

Quant au cas de Norris Wolfenden, Burckhardt a démontré que cette prétendue trachéocèle était un goître substernal (1).

En ce qui concerne le fait de M. Eldridge, voyons sur quoi s’est basé l'auteur pour faire son diagnostic. Analysons brièvement son observation. A l'endroit qu’occupent ordinairement les deux lobes du corps thyroïde hypertrophiés, se trouvent deux tumeurs molles aplaties. La palpation indique une épaisseur variant entre { centimètre et 1 cm. 1/2. L'isthme du corps thyroïde est plus développé que de coutume, et il semble se continuer de chaque côté avec les tumeurs en question. La sensation au toucher est absolument {au dire de l’auteur) celle d’un goître kystique. On constate de la matité à la percussion. Les résultats de l’auscultation ne diffèrent pas de céux qui dépendent d’un léger degré d’obstruction du larynx ; de même, les attaques de dyspnée semblent démontrer une obstruction des voies aériennes. L’accroissement est progressif. Jusqu'à présent nous trouvons une image fidèle d’un goitre. Il ne nous reste que deux symptômes qui pourraient faire penser à l'existence d’une aérocèle. C’est, d’abord : l'augmentation de volume de la tumeur pendant les efforts:

(1) Nachuntersuchung des Falles von Norris Wolfenden. Wurtemb. med. Correspondenzblatt, 1888, no 13.

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mais nous savons que les goîtres peuvent aussi présenter le même phénomène.

Le deuxième fait semble plus affirmatif : l'aiguille d’une seringue de Pravaz fut plongée dans la partie la plus saillante de la tumeur. Elle donna issue à un courant d'air assez fort, pour éteindre une allumette enflammée. Mais, M. Eldridge ne nous dit pas, si l'aiguille plongée dans d’autres parties de la tumeur aurait également donné issue à un courant d'air. En admettant la réalité de ce phénomène, en admettant que l'aiguille ne soit pas arrivée jusque dans la trachée, en admettant aussi l’existence d’une poche aérienne à l'endroit où l'aiguille fut plongée dans la tumeur, nous nous demandons, si la totalité de la tumeur décrite ou seulement une de ses parties, était constituée par une cavité remplie d'air. Ne pourrait-il pas y avoir une tumeur aérienne et un goître concomitant, et ne pourrait-on pas expliquer de cette manière la matité de la tumeur à la percussion ?

AUSCULTATION. — À l’auscultation on n’entend aucun bruit de souffle qui serait spécial aux aérocèles. On a signalé un léger sussurus (Gauthier) ; un renforcement de la voix (Peschaud) ; un tintement métallique que M. Leriche attribua aux cris de l’enfant; pendant le sommeil, il ausculta de nouveau et il entendit un son amphorique. Ces tumeurs ne s’accompagnent pas non plus de battements artériels et ne sont pas modifiées par la compression des vaisseaux du cou, en quelque point de leur trajet.

Moguiré. — Lorsque cette particularité était mention-

née, c'était pour dire que la tumeur était peu mobile, ou

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qu’elle se déplaçait avec le larynx ou la trachée, cependant un peu moins que le goître ordinaire. |

SENSIBILITÉ. — Les aérocèles que nous étudions sont, de l’aveu de tous les auteurs, complètement indolentes. C’est encore un de leurs signes caractéristiques.

Rappelons cependant qu’une douleur vive a élé mentionnée, dans quelques cas, au moment de la rupture initiale: on a encore signalé une certaine sensibilité au moment de la réduction (Bensch).

L'EXAMEN LARYNGOSCOPIQUE, pratiqué avec plus d’attention dans ces derniers temps,a donné des résultats très intéressants et même dans quelques cas d’une importance capitale.

On a noté: une rougeur hyperémique, plus ou moins diffuse, de l’épiglotte, des cordes vocales (Peschaud) et même de la trachée (Beausoleil); de l’æœdème de la paroi du larynx et des bandes ventriculaires, un tel épaississement de la muqueuse au-dessous de la glotte, qu'il ne restait qu'une fente irrégulière dont les parois étaient érodées et couvertes de muco-pus (Madelung). Dans les cas qui répondent à peu près à la « laryngocèle ventriculaire » de Virchow, on apercevait une tumeur lisse, ronde, proéminente dans la cavité du larynx, se confondant avec le ligament ary-épiglottique par sa paroi supérieure, masquant la corde vocale et l’orifice glottique, dépassant même la ligne médiane et atteignant presque la paroi du côté opposé.

Cettetumeur diminuait de volume pendant l'inspiration, augmentait au contraire à la suite des efforts. Dans un cas, elle était prise par M. Moure pour une éversion du ventricule. | |

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