TO
quels la tumeur survient brusquement, à la suite d’une rupture du conduit aérien, et où un épanchement limité d'air se fait dans le tissu cellulaire environnant, ou dansla cavité d'un abcès de voisinage. Alors l'ouverture peut se refermer, l’air se résorbe et tout rentre dans l’ordre. Souvent une compression douce peut hâter cette issue favorable. | AE
Dans d’autres cas moins heureux, l'existence d’une affection chronique de la poitrine, entretient la toux, et par. suite l’ouverture trachéale ou laryngée, et la persistance de la poche, qui pourra à la longue acquérir une paroi propre. Ici encore on pourra obtenir sa diminution par la compression, mais sa disparition complète sera difficilement réalisée.
Outre qu'il y aura moins de chances de guérison, il pourra survenir des phlegmons étendus, qui ne seront certainement pas sans danger pour le malade.
Dans certaines variétés, l'affection a une marche lente mais continue. Les lésions deviennent irréparables, et la maladie persiste indéfiniment en présentant par intervalles des poussées aiguës. À mesure quelle progresse, elle donne lieu à des troubles graves et si l’art n’intervenait pas, elle pourrait menacer la vie du malade. C'est ainsi que la membrane trachéale, altérée ou paralysée, peut céder sous l'influence des efforts répétés et prolongés, se dilater en forme de sacs plus ou moins grands, communiquant avec les voies aériennes (Larrey, Bensch, Devalz, Faucon, Verneuil et Daremberg). Les prolongements normaux (Sappey, Virchow) ou anormaux, des ventricules laryngés (Bennet, Gruber, Ledderhose, Beausoleil), les
raies
fistules trachéales internes (Eldridge, Baracz) peuvent, sous l'influence des mêmes causes, augmenter considérablement de volume et nécessiter une intervention chirurgicale.
Enfin, les kystes aériens, qui ne sont autres que des cavités du corps thyroïde, dans lesquelles l'action des micro-organismes a déterminé la production de gaz, ont un développement habituellement très lent et une durée très longue ; mais ils peuvent avoir une marche plus rapide, comme dans le cas de M. Dressler.
La terminaison fatale a été plusieurs fois signalée dans le cours de cette affection ; mais, presque toujours, elle a été indépendante de la tumeur elle-même.
Dans deux cas, la mort est survenue à la suite de cancer concomitant (Faucon, Verneuil et Daremberg). Dans un cas, elle fut causée par l'affection qui avait donné lieu à l’aérocèle, la pénétration d’un abeès volumineux du cou dans le sommet du poumon (Charcellay). Dans le cas de Madelung, la mort est restée inexpliquée. Elle est survenue au milieu d’un accès d’étouffement, alors que le malade était débarrassé de sa tumeur, la plaie opératoire complètement cicatrisée et l’opéré dans un état de santé assez satisfaisant. On peut se demander si la tuberculose n'était, dans une certaine mesure, cause de celte fin inattendue.
Dans le cas de J. Burg, le malade mourut deux heures après l’incision de l’abcès dans lequel on trouva des gaz. Il s'agissait probablement d’une infection déjà généralisée, car le contenu, d’une odeur insupportable, était évidemment en état de décomposition avancée.
Gp qe
De même, l'infection généralisée a dû amener l'issue fatale dans le cas de M. Dressler, car la tumeur elle-même, située dans le corps thyroïde, ne donnait lieu à aucun phénomène grave.
$ 6. — Diagnostic.
1. — Le diagnostic des tumeurs aériennes est généralement facile. La sonorité à la percussion, l’indolence, la réductibilité et l'extrême rapidité avec laquelle se fait leur expansion au moment de la toux où d’un effort expiratoire, sont les signes caractéristiques de cette affection. I] y à là quelque chose de brusque, d’instantané, que nulle autre lésion ne saurait produire. Ajoutons encore la conservation des caractères normaux de la peau, l'impression particulière que perçoit la main, qui réduit la tumeur et qui rappelle le gargouillement d’une hernie qu’on comprime, la mollesse et la flaccidité de ces aérocèles à l’état de repos et leur tension très forte pendant un effort, les modifications de la voix et les troubles fonctionnels qui peuvent les accompagner el il sera difficile de tomber dans l'erreur.
Mais il s’en faut que tous ces symptômes soient toujours au complet. La sonorité peut être masquée par les tissus superposés, la réductibilité peut manquer, l’expansion au moment de l'effort peut survenir lentement, ou faire complètement défaut, et alors les difficultés commencent.
Aussi les erreurs ne sont pas rares dans de telles condi-
KOUTNIK 11
NARST
tions. Citons à ce propos l'observation de Passaquay qui a été l’objet d’intéressantes discussions. M. Vidal (de Uassis) en fait une tumeur fibreuse, M. L. H. Petit lui reconnaît les caractères principaux des aérocèles. Nous avons déjà exprimé notre opinion à ce sujet dans notre historique, nous n'y reviendrons pas.
Dans le même chapitre on trouvera également quelques considérations sur la prétendue hernie trachéale de Heidenreich.
M. Eldridge (Yokohama, Japon) a observé une tumeur du cou, ayant tous les caractères d’un goître, et qu'il prit. pour une trachéocèle. Nous avons analysé, ailleurs, cette observalion, et nous sommes arrivé à des conclusions un peu différentes de celles de M. Eldridge ; nous n’en parlerons pas plus longuement et nous nous bornerons à renvoyer à ce propos à notre symptomatologie (p. 72).
MM. Pennel et Leprévost ont publié en 1884 dans la France médicale un cas, dans lequel une tumeur ganglionnaire du cou chez un nouveau-né fut prise pour une trachéocèle congénitale.
Citons enfin le fait de Norris Wolfenden, dans lequel l’auteur a diagnostiqué et décrit une trachéocèle ; peu après Burkhardt, ayant eu l’occasion de rencontrer le même malade, démontrait que cette prétendue trachéocèle n'était autre chose qu’un goître substernal (1).
Faisons remarquer, à cette occasion, que dans tous ces cas de diagnostic erroné la sonorité de la tumeur à la pereussion faisait défaut. Ceci nous démontre, une fois de plus,
(1) Würtemb. med. Correspondenzblatt, 1888, n° 43,