‹ Des Tumeurs Gazeuses du CouChapitre 27 sur 33 · ST US · texte numérisé non relu

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cès. Conseillée déjà par Albucasis, son application n’a été bien formulée que depuis Heister. Cet auteur conseillait l'usage d’un collier de plomb, où d’une lame de plomb enduite de mercure ; un bandage exerçait une compression sur elle et la tumeur.

Larrey n’a obtenu de ce traitement que des résultats passagers. « Nous exerçâmes, dit-il, au moyen de bourses de taffetas pleines de glace pilée ou de compresses graduées, imbibées de vinaigre froid, camphré et ammoniaqué, une compression sur les deux tumeurs en la dirigeant de bas en haut et vers les parties latérales du cou, pour ne point gêner le passage de l'air dans la trachée-artère. Ces moyens, le repos et un régime rafraîchissant, suffirent pour faire disparaître, après 5 ou 6 semaines de traitement, ces goîtres aériformes ; mais ils se produisaient en partie par les plus légers efforts de la voix et celte faculté, momentanément rétablie chez ces militaires, se perdait aussitôt que la tumeur avait reparu. Ces récidives les firent mettre à la retraite ».

Plus heureux, Behr, Behier et Tarnier, Hutschinson, Leriche, Godefroy, Fabre, ont guéri des aérocèles de cette façon. Mais, dans tous ces cas, il s'agissait de tumeurs gazeuses à développement brusque n'ayant qu'un petit orifice de communication se refermant bientôt après sa formation et constituées par une cavité dépourvue de paroi propre ou provenant d'un abcès, orifice et cavité pouvant se réunir sous l'influence de la compression de l’accolement permanent des lissus écartés.

Divers moyens étaient employés pour exercer la compression convenablement et efficacement. Nous venons de

voir que Heister conseillait l'application d’un collier de plomb ou d’une lame de plomb enduite de mercure, soutenue par un bandage et que Larrey s’est servi d’une bourse de taffetas pleine de glace pilée ou de compresses graduées. D'autres se sont bien trouvés d’un simple bandage boutonné. Fabre prescrivit des cataplasmes de farine de lin. Bebr se contenta d'appliquer un petit foulard bien serré autour du cou.

Les moyens les plus simples nous paraissent les meilleurs. Ün tampon de coton ou comme le conseille M. Delis, une plaque métallique doublée d’ouate et maintenue par les bandes pourront servir avantageusement dans ce cas.

La situation de la tumeur étant variable, la manière d'appliquer cet appareil, sera aussi différente. Ici, la bande fera le tour du cou, là elle sera nouée au-dessus de la tête ; ailleurs encore, on la fera passer au besoin sous les aisselles ; une bande élastique rendra la compression douce el

continue, et son maniement sera plus facile.

Traitement chirurgical. — Mais, dans les cas où les tumeurs datent de longtemps, ont une marche progressive, sont de grandes dimensions, oùilexiste ua orifice permanent plus ou moins large, la compression devient insuffisante. Elle ne sera qu’un moven palliatif qui n'esl pas sans inconvénients. Ainsi, dans le cas de M. Detis le collier compresseur avait favorisé le développement de la bourse séreuse pré-thyroïdienne etil s'était formé à ce niveau un petit abcès, qui se transforma en plaie suppurante difficile à cicatriser.

Le malade serait alors abandonné à souffrir éternellement de cette affection disgracieuse et incommode, ainsi

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