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sonore, dépourvu de battements et frémissements, disparaît par la compression ; elle s'accompagne de troubles vocaux, qui peuvent aller jusqu’à l’aphonie et nécessitent chez les personnes qui en sont atteintes l'emploi d'un collier de carton garni de toile, ou la compression avec le poing, quand elles veulent parler ou se faire entendre distinctement. Parfois double et bilobée, comme chez les deux sergents instructeurs, cette tumeur détermine la stase du sang dans les sinus de la dure-mère, la dilatation des veines jugulaires et des maux de tête habituels. Ces troubles physiques où fonctionnels sont susceptibles de disparaître par une saignée déplétive, le repos, un régime rafraîchissant, l'application de bourses de taffetas remplies de glace autour du cou, mais se reproduisent facilement par les plus légers efforts ».
En 1833, Passaquay (de Saint-Amour) à publié une observation dans la (razette médicale (p. 407), qui a été l’objet d'intéressantes discussions. Vidal {de Cassis) (1), pense que la tumeur devait naître de la colonne vertébrale et qu'elle était de nature fibreuse. M. L. H. Petit, au contraire, lui trouve tous les caractères desaérocèles(Voy.Ae». de chir., 1889, p. 472). Il nous semble être bien imprudent de discuter la nature de cette affection. Si en effet le diagnostic était difficile à porter au lit du malade, et il l'était, comment peut-on, en présence d’une observation imparfaite et contenant beaucoup de points obscurs, conclure d’une facon ferme ?
Un travail plus sérieux, de Heïdenreich (2), paraît en
(4) Traité de pathol. externe, t. IV, p. 310, 1840. (2) Journ. der chir. de Graefe et Walther, Bd XXII, p. 1, 1835.
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1835. L'auteur consacre un chapitre spécial au goitre aérien, dont il admet quatre variétés, qui consistent : 1° en une dilatation de la membrane trachéale ; 2° en une rupture de la muqueuse avec passage de l'air dans le tissu cellulaire ; 3° en une rupture de la muqueuse avec passage de l'air dans la glande thyroïde ; 4° en une hernie trachéale.
De plus,il rapporte des exemples de chacune de ces variétés. Mais, les faits sont très peu démonstratifs et renferment bien des points douteux. Ainsi son prétendu goître aérien par hernie trachéale ne doit être qu’une illusion : Une jeune femme présente sous le larynx, au siège habituel, un goître, gros comme un œuf d’oie, mais arrondi ; ce goître date de l’adolescence, mais, a grossi un peu pendant un accouchement ; la tumeur est pédiculée et peut être déplacée à droite et à gauche, et après l'avoir repoussée, on peut voir et palper librement le cartilage thyroïde. De résistance plus ferme en bas, elle donne sur les côtés la sensation des anneaux trachéaux, mais il est impossible qu'ils soient ici en cause. Elle est un peu fluctuante. Au premier examen, elle sembla se laisser réduire à la pression, mais plus tard on a dû reconnaître, que cette impression était fausse. La percussion donne un son mat; de même l’auscultation donne des résultats négatifs. ÆUe est trop légère pour être constituée par la tuméfaction d’une glande ou d’un autre organe ; un liquide contenu dans sa cavité pèserait davantage. —D'après cette description,peuton admettre un instant qu'il s'agissait dans ce cas d’une tumeur aérienne ?
Nous avons trouvé dans le travail de M. Petit, les observations de Heidenreich confondues, et inexactement rap-
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portées. Ce que M. Petit intitule: Tumeur aérienne par dilatation des anneaux de la trachée, était regardé par Heidenreich comme un exemple d’une hernie trachéale. De plus, nous trouvons que le même auteur attribue à Heidenreich l'hypothèse de la « production spontanée de qaz dans la glande thyroïde ». Nous avons vainement recherché ce passage dans le travail en question, et le fait où Heidenreich a cru avoir constaté de l’air dans un kyste du corps thyroïde, il l'explique par le passage de l’air de la trachée dans une cavité de la glande, qui s’est transformée par la suite en kyste, et il donne ee cas comme un exemple de la troisième variété de sa division.
En 1836, Behr (1), médecin-praticien à Bernbourg, publie une observation de tumeur gazeuse du cou, survenue brusquement au 7° jour d’une affection pulmonaire accompagnée d’une toux incessante. Cette tumeur augmentait avec la toux, mais la compression exercée sur le cou en amena peu à peu la réduction, puis la disparition.
Rokitansky, en 1838, donne le résultat de plusieurs autopsies dans lesquelles 1l a trouvé des enfoncements de la muqueuse trachéale qui faisait hernie, et des petites cavités extra-trachéales en communication avec l’intérieur de la trachée, qu'il attribue à la dilatation des glandes muqueuses.
H. Roger et Blache (2), en 1853, font à la Société médicale des hôpitaux une intéressante communication, sur les emphysèmes du cou, qui surviennent dans le cours de diverses affections pulmonaires avec toux violente.
(4) Casper”s Wochenschr. f. d. ges. Heilkunde, 1836, p. 361, (2) Bull. Soc. méd. des hôp., 1838, t. IT, p. 29.
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L'année suivante, Béhier (1) lit à la même Société une observation, recueillie dans son service par Tarnier, et dans laquelle une tumeur aérienne du cou s'était produite à la suite de l'ouverture d’un abcès rétropharyngien dans la trachée. Cette observation est d'autant plus importante que Béhier fit une ponction dans la tumeur et qu'il fit sortir un jet violent d’air par la canule ; la nature aérienne de la tumeur et sa communication avec la trachée étaient donc ainsi mises hors de doute.
En 1855, Charcellay (2) relate une belle observation avec autopsie, d'abcès du cou ouvert dans le poumon et les bron-
ches.
La même année, l'Académie de médecine insère dans ses mémoires un travail de Bach (3), de Strasbourg, sur l’anatomie pathologique des différentes espèces de goître, qui renferme un chapitre sur le goïtre emphysémateux, goitre aérien où pneumo-quttural de Larray, Luft-Kropf des AI. lemands, éronchocèle, goître cellulaire aérien. Mais ce chapitre est rédigé d’après celui de J. P. Frank et le mémoire de Heidenreich, et ne renferme rien d’original (Petit).
En 1860, Huel (4) consacre, dans sa thèse d’agrégation, un chapitre aux tumeurs aériennes du cou.
Au même moment, M. le D' Lizé (5), du Mans, communique à la Société de chirurgie une observation assez analogue à celle de Behr, mais dans ce cas la trachéocèle ap-
} Ibid., p. 220.
} Gaz. des hôp., 1855, p. 255.
(3) Mém. de l’Acad. de méd., Paris, 1855, t. XIX, p. 383.
(4) Sur les tumeurs du corps thyroïde, thèse d’agrég. en chir., Paris,
(5) Bull. de la Soc. de chir., 1860, p. 529.
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