CHAPITRE I
$ 4. — Anatomie pathologique.
On à émis de nombreuses hypothèses au sujet de l’anatomie pathologique des tumeurs anciennes. Mais la plupart sont théoriques et plus ou moins vraisemblables et comme elles n’ont reçu aucun contrôle anatomique rigoureux, elles ne doivent être acceptées qu'avec réserve.
Grâce à quelques autopsies, à plusieurs interventions chirurgicales, et à des recherches histologiques, faites dans ces dernières années, nous pouvons apporter dans ce chapitre quelques données positives, concernant l'anatomie pathologique de ces tumeurs, qui jetteraient un certain . Jour sur leur pathogénie, et nous permettront de faire des déductions au point de vue de leur traitement.
Rappelons d’abord les curieuses lésions de la trachée, signalées par Rokitansky (1),qui auraientpu,en se développant davantage, donner lieu à des trachéocèles.
Dans deux cas, on trouve une dilatation considérable de la trachée avec écartement des anneaux et enfoncement de la muqueuse vers sa face externe.
Dans le troisième cas, la paroi postérieure de la trachée, large d’un pouce et flasque, depuis le 5° anneau cartilagi-
(4) Uber die divertikel-æhnliche Erweiterungen des Luftræhrenkanals. Med. Jahrbücher d. K. K. oester. States, N. F. Bd XVI, p. 374, 1838.
Leon ee
neux jusqu'aux bronches, dépasse latéralement l’œsophage de deux côtés, où on la trouve affaissée sur elle-même. Sur sa face interne on voit de nombreux orifices béants des canaux glandulaires ; ils sont larges comme une tète d'épiugle. Les canaux excréteurs eux-mêmes sont dilatés en sac entre les fibres musculaires correspondantes. Les glandes muqueuses, gonflées et cohérentes, formaient sur la surface postérieure de la membrane une couche fortement bosselée.
Dans trois autres cas la paroi postérieure membraneuse était également fort élargie. Sur sa surface muqueuse on voyait de nombreuses embouchures de canaux excréteurs. Ces orifices étaient béants, larges comme une tête d’épingle ; d’autres en forme d’entonnoir ; quelques-uns, enfin, étaient représentés par une fente. De plus la muqueuse s’enfonçail plus ou moins profondément en certains endroits. Les canaux excréteurs élaient aussi élargis et les glandes muqueuses correspondantes tuméfiées, de volume d’un pois à celui d’un haricot.
Dans le dernier cas, enfin, les lésions ont été trouvées chez un homme de 39 ans, mort de phtisie pulmonaire, ayant par conséquent beaucoup toussé. De la paroi postérieure de la trachée, à environ un pouce au-dessous du larynx, à droite et le long des extrémités des anneaux cartilagineux, pendent quatre poches kystiques, entourées de quelques ganglions Iymphatiques tuméfiés. La première poche, la plus élevée, a le volume d’un pois ; la deuxième celui d’une cerise ; la troisième d’un pois ; la quatrième ou inférieure d’une cerise. Elles regorgeaient d’un mucus épais et vitreux, qui par la pression s’écoula dans la trachée. A