‹ Des Tumeurs Mixtes de la Glande Lacrymale OrbitaireChapitre 12 sur 15 · HOUR · texte numérisé non relu

HOUR

OBSERVATION II (résumée)

(DIANOUX)

Tumeur mixte. — Epithélioma polymorphe de la glande lacrymale: orbitaire. — Exrtirpation par voie transpalpébrale. — Deux réèidives en dix-huit mois. — Exentération.

Femme, 36 ans, ayant eu la syphilis. A reçu un violent coup sur la tempe. Présente de l'exophtalmie de l'œil droit, avec mouvements très limités du globe. Vue intacte ; rien à l’ophtalmoscope. Fonction lacrymale abolie. Pas de douleurs. Pas de ganglions engorgés. à

Le début remonte à sept ans au moins.

Opération le 26 mars 1892. ‘Ablation par voie transpalpébrale. La tumeur adhérait au‘fond de la fossette lacrymale. Perforation osseuse. Pas de suites opératoires, sauf une anesthésie complète de la région droite du front avec aberration de la sensibilité. Cette sensibilité était rétablie au bout de quatre mois en même temps que l’exophtalmie avait disparu.

Récidive queiques mois après. Ablation. La perforation notée précédemment est comblée par du tissu fibreux très résistant. LA

Nouvelle récidive en novembre 1893. Tout l'orbite est envahi, la vision abolie ; la papille est œdémateuse. Pas de trouble cérébral, pas de céphalalgie, pas d’adénite. Exentération. Trois .perforations osseuses. Pas de suites opératoires.

La malade, revue quatre mois après, est en bonne santé.

Examen histologique. — Il existe dans le néoplasme une trame et des amas cellulaires renfermés dans cette trame. Çà et là existent quelques lacunes siégeant au sein des amas cellulaires, soit surtout sur la trame où elles peuvent affecter des formes très allongées.

La trame est constituée par du tissu fibreux, tantôt fibrillaire, tantôt condensé en faisceaux assez épais, formant un feutrage d’une texture très serrée, tantôt gonfié, grisâtre et disposé à se transformer en divers points en tissu muqueux, peut-être même par places en tissu élastique. Cette dégénérescence tend à former d'assez grands espaces qui s’infiltrent et envoient des prolongements dissociant les amas épithéliaux. Disposition analogue à celle des tumeurs mixtes des glandes salivaires.

. L'élément épithélial offre, comme la trame, des aspects variés. Cependant ces amas affectent, dans leur disposition, le type général de l’épithélium tubulé ; mais on y rencontre aussi des groupes de forme irrégulière et comme déchiquetée, due à la dissociation que-leur fait subir l'envahissement de la trame conjonctive. À

Cette lutte entre les deux éléments fondamentaux du néoplasme est, on le sait, la caractéristique de ces tumeurs mixtes;

La tendance à la prédominance du tissu conjonctif comporte un pronostic relativement bénin pendant un certain nombre d'années, au bout desquelles l'élément épithélial peut subitement proliférer et imprimer alors à la tumeur une marche maligne et conséquemment un pronostic grave.

Les amas cellulaires sont eux-mêmes envahis dans leur centre par la dégénération muqueuse. Certains groupes ne forment plus que des anneaux plus ou moins complets de cellules circonscrivant des lacunes, des corps oviformes qui ne sont autre chose qu'une transformation muqueuse de la cellule épithéliale.

En résumé, cette tumeur mixte doit être considérée comme un épithélioma tubulé à trame variable, répondant, au point de vue du groupement cellulaire, à la tumeur décrite en Allemagne sous le nom de cylindrome.

La tumeur récidivée était du même type que la tumeur primitive.

OBSERVATION III (résumée)

(DIANOUX) Tumeur mixte. — Epithélioma polymorphe de la glande lacrymale orbitaire. — Extirpation par voie transpalpébrale. — Récidive après quatorze mois.

Jeune fille, 20 ans, sans antécédents pathologiques. Crises névralgies fréquentes dans la région temporale. Depuis dix-huit mois, la glande lacrymale fait saillie sous l’arcade orbitaire, rejetant l'œil en bas et en dedans. Tumeur indolore. Pas de troubles visuels.

Extirpation, en novembre 1892, d’une tumeur encapsulée, sans adhérences, du volume d’une noix. Guérison rapide sans

ptosis.

PEN Tes

Quatorze mois après, récidive envahissant l'orbite et refoulant fortement l'œil. L'opération est pratiquée, malgré l'étendue du mal, en avril 1894, sur les sollicitations de la malade.

Examen histologique. — Tumeur du même type, à part quelques détails sans intérêt, que la tumeur décrite dans la précédente observation.

OBSERVATION IV (résumée)

(HOLTHOUSE et BATTON) Tumeur mixte de la glande lacrymale (myxo-fibro-épithéliome)

Homme, 29 ans, ayant reçu, dix-huit mois auparavant, un coup sur l'œil. Exophtalmie causée par-une tumeur de la glande lacrymale. V = 6/36. Extirpation d'une tumeur composée de cellules glandulaïres de diverses formes dans un stroma de tissu fibreux qui parut, par places, myxomateux. On y trouve aussi de nombreux ie a remplis de matières colloïdes.

OBSERVATION V (résumée) (ROGMANN)

Endothéliome hyalogène ou cylindrome de la glande lacrymale orbitaire. — Extirpation. — Pas de récidive après trois années.

Homme, 49 ans, présentant une tumeur de l'orbite droit, tumeur ayant.repoussé l'œil fortement en avant, sans nuire à ses mouvements ni à la vision. Fond d'œil normal. V = 1. Ni engorgement ganglionnaire ni douleur. Extirpation d'une tumeur encapsulée de la grosseur d’un marron ; guérison par première intention.

Le ptosis, survenu après l'opération, ASen graduellement en deux mois. Vision et mobilité de l'œil maintenues dans leur intégralité.

L'auteur a signalé, en 1903, que son malade n'avait pas, jusque-là, présenté de récidive,

Examen microscopique. — Tumeur circonserite par une membrane d'enveloppe épaisse, fibro-celluleuse, recouverte en certains points par les lobules normaux de la glande lacrymale. La tumeur est formée de tissu à peu près homogène. Ce sont des tubes contournés, s'embranchant les uns sur les autres, à lumière plus ou moins large, plus souvent vides, renfermant parfois une substance d'aspect grenu, légèrement

colorée. Ces tubes sont bordés par un épithélium à double ran-

gée cellulaire : l'interne à cellules cubiques, petites, aplaties ; l'externe à cellules cylindriques, te protoplasme étant dense et granuleux dans la première, clair et transparent dans la seconde. Ces tubes sont séparés par du tissu cellulaire lâche plus ou moins abondant, à fibres délicates avec quelques leucocytes. Au côté externe de la rangée cellulaire cylindrique se voit une traînée hyaline plus ou moiïns accusée, avec, çà et là, des boules hyalines. -

Ces divers caractères ont suggéré le diagnostic d’endothé-

liome hyalogène ou cylindrome.

OBSERVATION VI (résumée) (FROMAGET) |

Epithélioma tubulé de la glande lacrymale. — Extirpation

d’une tumeur encapsulée, par voie transconjonctivale

Homme, 56 ans, souffre depuis plus de six mois de névralgies orbitaires et temporales. Exophtalmie en bas et en dedans développée graduellement, atteignant 1 centimètre et demi par rapport à l'œil du côté opposé. Le malade ne recouvre entièrement son œil qu'avec de grands efforts. Léger ptosis. Kératite ulcéreuse. Sous le rebord orbitaire, on sent une tumeur dans la fossette lacrymale. Pas d’adhérences avec le globe ni avec la peau. L'œil ne peut être porté ni en haut ni en dehors. ù

Ablation, par voie transconjonctivale, de la tumeur enveloppée dans une capsule fibreuse et ne présentant aucune

‘adhérence. Guérison rapide en huit jours.

Examen microscopique. — Enveloppe mince, constituée par des lames conjonctives infiltrées de foyers embryonnaires. On retrouve, par places, les vestiges de la glande lacrymale, sous l'aspect d'acini tortueux, ou de culs-de-sac coupés dans divers

plans. Le tissu conjonctif qui sépare les culs-de-sac n'est pas infiltré, mais il est par places entièrement muqueux et parsemé d'’îlots cellulaires irréguliers qui sont des acini glandulaires envahis par le néoplasme. Dans certaines zones, il y a des foyers très riches en cellules, parfois des boudins épithéliaux sans limites précises, comme si des éléments cellulaires tendaient à se disperser dans le tissu conjonctif. Il s’agit d'un épithélioma tubulé de la glande lacrymale.

OBSERVATION VII (résumée)

(MOISSONNIER)

Cylindrome de la glande lacrymale. — Opération de Krônlein Récidive après trois mois

Il s'agit d'une femme de 42 ans, qui consulte en 1899 pour une exophtalmie de l’œil droit, progressant lentement depuis un an et plus. Douleurs parfois assez vives de la région frontotemporale droite. Pas de troubles de la sécrétion des larmes. La. vision n'est pas altérée. L’exophtalmie est directe en avant et en bas. Aucune tumeur apparente. Pas d'antécédents. Pas de ganglions cervicaux ou préauriculaires engorgés.

Les traitements médicamenteux essayés restent sans effet. En juin 1902, la malade se plaint de névralgies dans le front. La vision baisse (—1/10). La papille est floue. On constate alors, pour la première fois, une petite tumeur sous le rebord supéroexterne de l'orbite, s’étalant sur 2 centimètres de largeur et de 3 à 4 millimètres d'épaisseur.

Opération de Krônlein le 4 août. La tumeur occupe tout le côté externe de l'orbite et s'étend en arrière du globe en formant une masse arrondie. Elle est toute entière en dehors de l'entonnoir musculaire et englobe la glande lacrymale orbitaire. Elle est enlevée facilement, étant peu adhérente.

Aussitôt après, l'exophtalmie cesse, le globe oculaire reprend sa place.

Récidive débutant en novembre 1902, à l'angle interne de l'œil. Quelques semaines plus tard, un second noyau survient à côté du premier, puis l’apophyse supéro-externe se tuméfñe et un noyau dur, osseux, survient dans la paroi temporale. La récidive semble se généraliser et évoluer plus rapidement que la tumeur initiale.

L'auteur se propose d'intervenir.

rie

Examen microscopique. — Tumeur à corps oviformes, qui correspondent à des épithéliomes à marche lente en général, avec dégénérescence du tissu conjonctif GOAIQUEES comme muqueux par certains auteurs.

L'envahissement progressif du tissu noble épithélial par un tissu conjonctif translucide, pauvre en cellules et en vaisseaux, conduit à penser que cette tumeur doit marcher lentement et comporte un pronostic bénin.

OBSERVATION VIII (résumée)

(DuPpuY-DUTEMPS)

Tumeur encapsulée de la glande lacrymale orbitaire (épithélioma glandulaire avec dégénérescence colloïde). — Récidive après vingt-huit mois. — Exentération.

. Homme, 31 ans. Pas d'antécédents. Se présente le 7 janvier 1903, pour une exophtalmie très accusée de l'œil gauche ayant débuté en décembre 1901 et augmenté depuis très lentement, sans douleur, sans gêne pour la vision. Diplopie inter- mittente. A suivi en septembre 1902 un traitement ioduré inefficace. L'œil est presque complètement exorbité, porté en bas et en dehors. Léger ptosis. Occlusion palpébrale PE Ulcération de la cornée.

Tumeur palpable au niveau de la fossette lacrymale, sous le rebord orbitaire, adhérente au squelette, indépendante de la peau et du globe. Prolongement mobile s'étendant vers l’angle interne. ;

Mouvements de rotation de l'œil très limités, surtout en dehors et en haut.

A l’ophtalmoscope : légère congestion de la papille. V = 1/4. Pas de douleurs spontanées ni à la pression ; pas d’engorgements ganglionnaires.

Diagnostic : tumeur probablement encapsulée de la glande lacrymale.

Extirpation, le 14 janvier 1903, d’une tumeur encapsulée ; la capsule se déchire au cours de l'intervention ; pas d’'adhérence au squelette ni aux parties molles.

L'exophtalmie est réduite. Guérison par première intention.

Récidive en mai 1905. Exentération en août, la malade ne s'étant décidée à l'intervention qu'après le développement con-

sidérable de l'exophtalmie avec une kératite suppurée. La tumeur remplissait l'orbite et le squelette ethmoïdal parais-

sait déjà envahi.

Examen histologique. — Enveloppe formée par une capsule fibreuse, mince, pauvre en éléments cellulaires ; elle ést au contact direct du tissu propre de la tumeur dans laquelle elle n'envoie pas de prolongements divisionnaires notables.

A un faible grossissement, le néoplasme montre un stroma conjonctif dense et serré au niveau de la partie solide de la masse, devenant lâche et muqueux quand on se rapproche de la partie friable de la tumeur, puis des cellules épithéliales.

Ces cellules sont, en certains points, groupées sans ordre en masses serrées ; en d’autres, elle sont rangées de façon à former des cylindres pleins, ou à limiter par deux ou plusieurs rangs de cellules, des cavités de dimensions variables, de forme arrondie, tubulaire ou irrégulière, à lumière parfois effacée, le plus souvent dilatée et contenant une substance d’aspect amorphe.

Enfin, on trouve qüelques formations tm ie arron- . dies, ressemblant à des globes épidermiques.

Le tissu conjonctif ne présente la structure du ee fibreux que dans une région peu.étendue ; il est par places infiltré de cellules que leur défaut d'ordination et leurs caractères morphologiques différencient des cellules sacromateuses, et qui se rattachent naturellement aux cellules épithéliales des tubes avec lesquels elles se continuent par gradations insensibles. Dans les autres points, le stroma prend les caractères du tissu muqueux, plus ou moins nets suivant la région.

Les cellules qui bordent les cavités sont des éléments épithéliaux cubiques différant de l'épithélium' cylindrique normal des acini glandulaires, mais leur protoplasma renferme parfois des granulations graisseuses, caractère présenté dans certaines conditions par l’épithélium secréteur des acini lacrymaux. ;

Le contenu des cavités forme un bloc amorphe d'aspect grenu, contenant par places de la graisse et ne remplissant pas toute l'étendue du tube. Cette substance présente les caractères de la substance colloïde.

En résumé : tumeur épithéliale encapsulée dont le point de départ paraît être l'épithélium des acini ou des conduits excréteurs de la glande, puisque la peau et la conjonctive, d'ailleurs saines, ne présentaient pas d'adhérences avec la masse néoplasique:

Récidive. — Les préparations de la tumeur récidivée présentaient, sur certains points, les mêmes caractères que l'épithéliome initial. Mais, sur d'autres points, on observe des alvéoles arrondies, de dimensions variables, limitées par du tissu fbreux, dépourvues de revêtement cellulaire propré, et contenant des cellules métatypiques entassées. Dans les grandes alvéoles, les régions centrales et parfois la masse presque entière de l’amas cellulaire sont atteintes de dégénérescence plus où moins accusée. Ces caractères sont ceux du carcinome.

OBSERVATION IX (résumée)

Page 1