DE LAPERSONNE
Cylindrome de l'orbite avec point de départ dans la glande
lacrymale orbitaire. — Ablation. — Récidive après quinze mois ; exentération. — Pas de récidive nouvelle aprés un an. =
Homme, 28 ans. Volumineuse tumeur embrassant l'œil en haut et en dehors. Exophtalmie en bas et en dedans. Quelques adhérences à la peau au niveau de la glande lacrymale orbitaire. Consistance dure. Vision = 0,7; pas de stase papillaire. -
L'affection avait débuté quatre ans auparavant, par une petite grosseur dont l’ablation avait fait disparaître douleurs et exophtalmie.
Récidive depuis deux ou trois mois. On pose le diagnostic de sarcome récidivé de l'orbite avec point de départ dans la région de la glande lacrymale orbitaire. |
Le 3 novembre 1905, exentération de l'orbite, avec détachement du périoste. Toute la tumeur est entourée d’une gaine fibreuse épaisse. On n’a pu retrouver de traces de la glande lacrymale orbitaire, mais on peut admettre que la glande avait complètement disparu, en raison de l'ancienneté de la tumeur qui a récidivé après une première ablation.
L'évolution lente de la tumeur permettait de songer au cylindrome plexiforme, tumeur moins maligne que certaines formes d'épithélioma, puisqu'elle est entourée par une barrière fibreuse qui empêche les propagations rapides et les fu-
-sées cellulaires, si fréquentes dans les néoplasmes du type
épithélial.
Examen microscopique. — La tumeur est divisée en lobules assez réguliers composés de fibres conjonctives les cloisonnant incomplètement, et de cellules épithéliales et d'espaces clairs, correspondant aux corps oviformes.
A certains endroits, tissu conjonctif subissant la dégénérescence muqueuse.
Dans la zone périphérique, comprenant les parties de la tumeur en évolution, on trouve des amas épithéliaux de formation récente, autour desquels on voit de larges bandes conjonctives en train de subir la dégénérescence muqueuse.
D’autres lobules aussi jeunes présentent déjà du tissu muaueux dans leur intérieur.
Ces tissus épithéliaux et muqueux sont donc contemporains et la tumeur s'accroît par le développement simultané de ces deux éléments constitutifs du lobule, et par l'envahissement du tissu voisin.
OBSERVATION X (résumée) DEMARIA)
Cylindrome de la glande lacrymale orbitaire, — Ablation Récidive dix mois après. — Exentération
Femme de 33 ans. Début de la tumeur dans la région lacrymale. Exophtalmie avec léger ptosis. Extirpation en novembre 1901. Dix mois après, une récidive se produit, nécessitant lexentération de l'orbite. Nouvelle récidive un an plus tard remplissant toute la cavité orbitaire. Mort de la malade au
bout de trois mois.
Examen anatomique : structure du cylindrome, correspondant au cas de l'observation IX (De Lapersonne).
OBSERVATION. XI (résumée) (VERHŒFF)
Tumeur mixte de la glande lacrymale
Homme, 29 ans. Tumeur de la glande lacrymale, nodulaire et molle, repoussant l'œil en avant et en bas. Extirpation ; la tumeur adhérait au périoste et s'étendait profondément dans
l'orbite. A son ouverture, s'échappe une matière gélatineuse.
Examen anatomo-pathologique : on à conclu à un cylindrome.
OBSERVATION XII (résumée)
(VERHŒFF) Tumeur mixte de la glande lacrymale. — Extirgation Récidive après un an. — Ezxentération
Femme, 31 ans. Exophtalmie en avant et en bas. Kératite ulcéreuse amenant une perforation de la cornée. Extirpation permettant de constater que le nerf optique est atteint.
La tumeur récidive un an plus tard sous forme d’une grosse. masse. Exentération, suivie d'une nouvelle poussée. La mort fut attribuée à l'extension de la tumeur dans l'orbite.
Examen analomo-pathologique : cylindrome.
OBSERVATION XIII (résumée)
(VERHŒFF)
Tumeur mixte de la glande lacrymale orbitaire Exentération
Femme, 40 ans. Tumeur de même nature que les précédentes. L'orbite était attaqué et tout son contenu fut enlevé. On ne sait ce qu'est devenue cette malade.
OBSERVATION XIV (résumée)
(VERHŒFF)
Tumeur de la glande lacrymale. — Exentération d'emblée Pas de récidive après huit années
Jeune homme de 17 ans. Tumeur de la glande lacrymale orbitaire. L'exentération fut pratiquée et, huit ans plus tard, aucune récidive ne s'était encore produite.
L'examen anatomo-pathologique aurait fait conclure à un Sarcome.
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OBSERVATION XV (résumée)
(AUBINEAU et CIVEL)
Tumeur de la glande lacrymale orbitaire. — Extirpation par voie transpalpébrale. — Récidive après quatre mois. — Extirpation par l'orbitotomie curviligne externe de Rollet.
Jeune homme, 18 ans, chétif. Raconte que, de 1907 à 1909, s'est développée peu à peu, au-dessus -de son œil droit, une petite masse dure qui empêche son œil de se relever et provoque de la diplopie verticale.
En effet, sous le rebord orbitaire, on sent une tumeur dure, bosselée, siégeant au niveau de la glande lacrymale orbitaire. La queue du sourcil est relevée, l'œil est fortement abaissé. Vision œil droit très affaiblie = doigts comptés à 0 m. 20
L'ophtalmoscope révèle une stase papillaire très nette.
Le 30 mai 1909, extirpation, par une incision menée dans le sourcil, d'une tumeur à prolongement interne. La tumeur n’est pas adhérente, elle'se limite et s’extrait facilement.
Suites opératoires parfaites. En dix jours, le globe oculaire a repris son parcours normal. Au mois de juillet, la vision a remonté à 1/10. Les veines de la papille ont repris leur calibre normal. |
Le 25 septembre, récidive sous forme d’une nouvelle masse dure siégeant à l'angle interne de l'orbite et qui semble se prolonger en arrière.
L'œil est peu abaïissé, maïs il est limité dans ses mouvements d’élévation. Rien dans le fond d'œil.
Le malade refuse l’exentération, n’acceptant une opération qu’à la condition que l'œil soit conservé et que l’on fasse l'impossible pour conserver la vision qui persiste. |
On intervient le 26 septembre, par une large incision pratiquée parallèlement au rebord orbitaire, à la racine de la paupière supérieure, incision préconisée par Rollet. Cette incision donne un très grand jour dans l'orbite et permet de reconnaître et d'extraire une véritable chaîne de lobules néoplasiques échelonnés le long de la paroi orbitaire interne. Guérison opératoire complète.
Le malade aurait succombé en Fou 1909, ‘à la suite d'une nouvelle récidive.
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OBSERVATION XVI (résumée) (VAN DUYSE)
Tumeur mixte épithéliale de la glande lacrymale Ezxtirpation
Femme, 33 ans. Epiphora datant de plus de trois ans. Dacryocystite double avec ectasie des sacs. À gauche, il s’est produit un phlegmon il y a quelques mois. En 1908, ablation du sac lacrymal gauche. En 1910, ablation de la glande palpébrale droite et d'une petite tumeur dure; d'aspect fibreux, de la grosseur d’un pois, siégeant entre les deux glandes palpébrale et orbitaire. Il n’est pas possible de dire si les deux ou trois grappes acineuses normales attenant aux coupes de la tumeur appartiennent à la portion palpébrale ou à l'orbitaire. La dernière ‘idée est la plus probable.
Examen microscopique. — Sur les coupes, on relève l’existence de cellules épithéloïdes, réunies en un petit nombre d’ilots isolés ou contigus à des formations pseudo-glandulaires, nom qu'on peut attribuer, sans préjudice de leur nature réelle, à des tubes constitués par une double rangée de cellules également épithéloïdes. Les îlots isolés sont bien moins nombreux que les pseudo-glandes.
Les cavités de ces dernières ont des dimensions et des formes variables, atteignant dix fois celles des acini normaux de la glande lacrymale. Les cavités sont généralement tapissées par deux rangées de cellules épithéloïdes, cubiques à l’intérieur, cylindriques dans la couche externe. Ces derniers sont déformés par la pression réciproque et esquissent en un petit nombre de points les premières traînées pleines d'un réseau.
L'hématoxyline de Heidenhaïin y montre des prolongements protoplasmiques qui s'étendent en divergeant d'un élément à l’autre ; ce sont des cellules épithéliales pavimenteuses dont les amas se raccordent aux traînées pseudo-glandulaires. Le caractère épithélial vrai de ces dernières devient ainsi évident.
Les deux rangées de cellules ont un noyau volumineux, épithélial. Les figures de division y sont rares. Le développement du néoplasme est donc lent.
Le stroma est essentiellement constitué par du tissu chondroïde alternant avec de faibles îlots de tissu muqueux et parcouru par quelques faisceaux de fibres connectives.
Nulle part dans le stroma n'existent de granulations calcaires.
OBSERVATION XVII (résumée)
(BRANDÈS et VAN DUYSE)
Tumeur mixle (chondro-épithéliome) de la glande lacrymale orbitaire
La tumeur débute en 1911, par une légère adduction de l'œil gauche, avec diplopie intermittente. Légère tuméfaction dure, mobile, non douloureuse au toucher, au niveau de la glande lacrymale orbitaire.
Pas d'antécédents néoplasiques ; pas de syphilis ni de tuberculose. Tumeur stationnaire jusqu'en 1917. À ce moment, extension rapide ; œil projeté hors de l'orbite.
Fin 1918, la tumeur a la grosseur d'une orange, l'œil pend sur la joue. Tumeur non pulsatile. Extirpation d’une tumeur encapsulée, sans adhérences, réunion par première intention. L'œil, réduit, recouvre ses fonctions normales en six semaines.
Examen anatomique. — Van Duyse conclut à un chondroépithéliome\ avec tendance à la prédominance des éléments épithéliomateux, particularité qui peut faire craindre une récidive.
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