‹ Des Tumeurs Solides Primitives Des Ligaments Larges Et Plus Particulièrement De Leur Histoire Et De Leur PathogénieChapitre 21 sur 59 · OBSERVATION XI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XI

(Mikuliez. Wien. medicin. Wochenseh. 1879. 21. Résumée d’après Sænger). Fibromyome du ligament large droit.

Nullipare de 22 ans non mariée, non réglée, qui depuis 6 ans avait des pertes durant de 4 à 8 jours chaque fois: en même temps depuis cette époque était apparue dans l’abdomen une tumeur dure, à évolution lente regardée par la malade comme la cause de ses douleurs persistantes non périodiques. Ascite depuis 2 ou 3 ans; depuisun an l'augmentation de volume du ventre était devenue si considérable que la malade était obligée de garder le lit. Hernie ombilicale développée vers la même époque.

En examinant cette femme, pâle, de constitution faible, à l’habitus enfantin, on constate que la distension de l’abdomen ( dont la circonférence maxima prise au niveau de l’ombilic est de 92 ctm. ) est surtout l'effet de l’ascite. Au dessus de la symphyse pubienne existe une tumeur solide ayant presque la grosseur d’une tête, lobulée, libre et mobile et remontant jusqu’au-dessus de Pombilic. Au toucher le vagin est étroit, le col infantil mobile ne suivant

nullement le mouvementdela tumeur.— Laparotomie.— Après libération des adhérences avec l’épiploon et le côlon transverse, on voit que la tumeur tout entière tient encore au ligament large par un large pédieule qui porte aussi l'ovaire droit complètement séparé de la tumeur. Celui-ci, normal d’ailleurs, compris dans ce qui doit se mortifier, est avec le pédicule séparé par une ligature en masse. L’utérus est libre, petit, infantil. L’ovaire gauche est normal, présente cependant un petit fibrome pédiculé de la grosseur d’un pois. La guérison survint retardée toutefois par une hémorrhagie secondaire intra-abdominale, et un abcës extra-péritonéal qui s’ouvrit dans l'intestin.

La tumeur du poids de 5 kilogr. était un fibrome avec prédominance du tissu conjonctif, de consistance généralement œdémateuse, mais sans foyers de ramollissement. Au côté ovarien de la tumeur existait, vraisemblablement né du parovarium un kyste’ dermoïde du volume d’une grosse noix.

OBSERVATION XII RÉSUMÉE (Traduction personnelle).

Buschmann. Wien. Med. Wochenseh. 1880. N° 28. Extir-

pation d'un très gros fibrome rétropéritonéal développé .

dans le bassin et en même temps du rein gauche.

Femme de 55 ans de corpulence moyenne, assez maigre, délicate, réglée depuis l’âge de 15 ans toujours normalement, ayant eu 4 enfants, et vu ses dernières règles du 1er au 4 Mars 1879 ; elle avait remarqué depuis 3 ans une augmentation de volume de son ventre. Elle est admise le 30 Mars 1879 dans le service du D' Eder, où l’on constate que l'abdomen, fortement proéminent ( aucune mensuration ne fut malheureusement prise ) offre à la palpation une consistance partout élastique, sans fluctuation nette. Une

ee Gil es

zone de matité occupant la moitié du pourtour de l’abdo. men, Se continue sans interruption avec celle du foie et de la rate. Le toucher vaginal ne montre aucune connexion directe entre l’utérus normal et la tumeur située sous la paroi abdominale, presque immobile: le poids et la QTOSseur du néoplasme avaient, dans les temps derniers, occasionné de violentes douleurs. ;

La laparotomie est faite le 19° avril par le professeur Billroth : incision de la paroi abdominale longue de 20 cent. qui permet d'arriver sur une tumeur avec revêtement péritonéal très mince et très vasculaire, assez fluctuante, à peu près comme une tumeur colloïde solide ; incision du péritoine, ponction de la tumeur, qui, en raison de l’absence de liquide kystique, détermine une hémérrhagie telle à ce niveau qu'il faut, pour l'arrêter, suturer immédiatement les bords de la plaie ainsi faite. Au moyen de nombreuses ligatures on dégage peu à peu la tumeur du péritoine qui la recouvrait de tous côtés, fortement repoussée par un prolapsus d’anses intestinales. Le rein et la capsule surrénale gauches qui adhéraient solidement à la tumeur, durent être enlevés en même temps, car la tentative faite pour les libérer s’était accompagnée d’une forte hémorrhagie: on vit alors que cette tumeur, non-pédiculée était manifestement située entre les deux feuillets du ligament large, derrière le mésentère, et avait repoussé dans son développement le péritoine d’arrière en avant. Après ligature des vaisseaux du hile du reiu et de l’uretère, on enlève la tumeur qui pesait près de 18 kilogr. L'utérus et les deux ovaires étaient normaux et sans connexion aucune avec cette dernière. Drainage et suture de la plaie après avoir fait la toilette du péritoine. Pansement antiseptique et compressif. — La femme meurt 4 jours plus tard de péritonite. L’autopsie ne put malheureusement être faite.

L'examen de la tumeur enlevée montra qu'il s'agissait d’un fibro-myome extraordinairement riche en fibres musculaires lisses, libre de tous côtés, ne possédant trace nulle part d’un pédicule qui pût faire songer à une connexion avec un autre organe. À son côté gaucheétaient attachés le rein etla capsule surrénale correspondants, tous deux absolument normaux.

OBSERVATION XIII (Traduction personnelle).

(Sænger. Archio. f. Gynæk. T. 16. 1880, page 270). — Fibromyome hydropique du ligament large gauche.

P. Sch.. âgée de 19 ans, campagnarde entre à la Clinique le 24'avril 1879. Menstruée régulièrement depuis l’âge de 16 ans ; accouchement normal il y a deux ans. Depuis le mois d'août 1878 elle remarquait sans en souffrir, que son ventre angmentait de volume insensiblement ; suppression des règles en novembre suivant ; depuis, l’augmentation de volume de l’abdomen prit une marche plus rapide, accompagnée de symptômes douloureux et pénibles et en janvier dernier était apparu un prolapsus vaginal avec toutes ses conséquences. En définitive cette femme se croyait enceinte et vint à la Clinique consulter pour ces prétendus malaises de la grossesse:

A sonentrée on constate que cette malade sans d’autres antécédents spéciaux, amaigrie et un peu cachectisée, a un abdomen régulier, augmenté de volume : météorisme sur les parties latérales. Circonférence de l'abdomen au niveau de l’ombilic 96 ctm. Distance de l’appendice xyphoïde à l’ombilic 21 ctm., de l’ombilie à la symphyse 19 ctm., de lombilic à l’épine iliaque antéro-supérieure du côté droit 26 ctm. 1[2, du côté gauche 21 Cm. 112. Paroïi abdominale tendue, permettant diffici-

SL

lement l'examen de la mobilité de la tumeur. Fluctuation générale évidente. Auscultation négative. À la percussion son Cavitaire au niveau de la ligne médiane et de la ligne, mamillaire droite ; zône de tympanisme étroite au niveau de la ligne mamillaire gauche, s'étendant jusqu’à la crête iliaque de ce côté; son tympanique également dans les environs de la région lombaire. Pas de symptômes de compression ou de tiraillement des organes abdominaux. Au toucher, outre un prolapsus de la paroi antérieure du vagin avec cystocèle et aussi, mais moins marqué de la paroi postérieure avec rectocèle et de plus un abaissement utérin, on constate que l'utérus est incliné à droite légèrement antefléchi et appuyé sur lasymphyse: il est petit, de profondeur normale, mais sa mobilité verticale est considérablement restreinte par la tumeur que l’on sent à travers les culs de sac postérieur et gauche du vagin fortement tendus. On ne peut palper les ovaires. Le toucher rectal montre nettement que le cul de sac de Douglas est rempli par une tumeur de consistance égale et molle. Les urines sont normales, les selles sont régulières. Le diagnostic est ainsi posé : Kyste colloïde de l'ovaire gauche. On pratique la laparotomie le 26 avril: celle-ci est faite antiseptiquement par le professeur Crédé, assisté de l’auteur lui-même. Rien de spécial jusqu’au moment où on ponctionne la prétendue poche kystique : la ponction ne donne qu’un sérum limpide qui s’écoule du trocart goutte à. goutte : on fait alors dans la tumeur une incision de plusieurs centimètres. L'intérieur se montre formé d’un lacis diffus de fibres gris-rougeâtres serrées et onduleuses, contenant dans ses lacunes irrégulières un liquide clair séro-gélatineux se laissant exprimer en masse des parties de la tumeur attirées dans la plaie abdominale, tumeur qui était si malléable qu’elle se laissait pour ainsi dire étirer à travers l’incision faite à la paroi abdominale et

Page 1