HISTORIQUE
« Parmi les tumeurs solides des organes génitaux internes susceptibles d’être observées au cours des laparotomies, dit Sænger, il en est un groupe très rare et très restreint qui peut se glorifier d’une indépendance longtemps et universellement méconnue: c’est celui des tumeurs « desmoides » primitives des ligaments larges, en particulier des fibromes et des fibro-myomes. »
Et, en effet, ces tumeurs ne sont réellement connues que depuis quelques années seulement ; Safford Lée (90) [1847], Kiwisch (51) [1849], Scanzoni (95) [1863], Klob (55) [1864], Weit (112) [1867], enfin et surtout Virchow (115) [1863] attirent les premiers l’attention sur elles et admettent qu’ilest possible que de semblables forma-
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tions néoplasiques se développent dans les ligaments larges, sans toutefois qu’elles puissent acquérir un volume bien considérable.
L'observation de Schetelig (98) [1870], celles de Schmid-Breisky (99) [1878], de Mikuliez (75) [1879], et bien antérieurement Le cas de Hecker (45) [1864] découvert fortuitement, viennent cependant à l’encontre de cetie dernière assertion, en montrant que non-seulement il peut se développer primitivement dans les ligaments larges des tumeurs solides, mais que ces tumeurs peuvent même acquérir un volume énorme, analogue à celui des kystes ovariques ou des fibro-myomes utérins. L'observation de Sænger (91) [1880] et l'important mémoire qu’il publie à cette occasion mettent enfin en pleine lumière la question, en faisant voir qu’elle n’est pas un des chapitres les moins importants de la pathologie gynécologique.
Les thèses de Middelschulte (76) [1884] et de Büilfinger (7) [1887] citant toutes les observations antérieures et deux cas personnels marquent une nouvelle et dernière étape, au-delà de laquelle on ne trouve plus rien sur Ja question, sauf cependant la communication de Bayard Holmes (5) [18881 et des observations éparses citées comme par hasard et sans qu’on y attache aucune importance.
Et cependant il y a des auteurs qui postérieurement à l’observation de Schetelig [18701, postérieurement même au mémoire de Sænger [ 18801,
es
semblent méconnaiître entièrement, non seulement que les tumeurs solides primitives des ligaments larges puissent acquérir un volume considérable, mais même qu’elles puissent exister.
Cest ainsi que Gaillard Thomas (36) [1879), Emmet (28) [1887] ne consacrent même pas une ligne de leurs traités techniquesaux tumeurs solides primaires des ligaments larges, que Beigel- Hermann (6)/1875]et Bandl(8) [1877 |leur refusent un volume plus gros que celui d’une cerise et que Schrœder (101) (1879) n’admet pas leur existence. Toutefois Barnes (4) [1876}, Winckel (114) [1878], de Sinety (21) [1879], Courty (18) [1881], Hart et Barboux (43) | 1886] sont moins restrictifs tout en se bornant à reproduire les idées de Virchow à ce sujet, et, sans laisser supposer qu’ils accordent ou refusent à ces tumeurs un volume comparable à celui des grandes tumeurs abdominales (kystes ovariques ou myomes utérins par exemple), ils se contentent d'admettre la possibilité de leur existence.
Enfin Martin (73) [1889] et Pozzi (83) [1890] dans leurs traités consacrent quelques lignes à ces néoplasmes, tout en leur accordant une bien petite place, il faut le dire, au milieu de la littérature gynécologique.
En dernier lieu Lassalle (63) [1891] parlant des tumeurs solides incluses dans les ligaments larges, s’attache surtout à la question de leur traitement ; et se contentant d'indiquer dans son tableau
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d'ensemble de ces tumeurs qu’il peut y en avoir de solides primitives, il n’en rapporte aucune observation, « car, ajoute-il, il s’en faut de beaucoup que les tumeurs incluses dans les ligaments larges aient toutes la même importance et surtout la même fréquence : à côté de relations si nombreuses de fibro-myomes utérins combien compte-t-on de faits authentiques de fibromes de l'ovaire ou de lipomes des ligaments larges ? »
Disons de suite qu’avec lui nous n’admettons comme tumeurs solides des ligaments larges que les variétés suivantes et leurs combinaisons en
formes mixtes :
Fibromes ou Fibromyomes
Myomes Kystiques Tumeurs bénignes.
Lipomes
Sarcomes ou Fibrosarcomes
Sarcomes Kystiques Tumeurs malignes.
Epithéliomes ou Carcinomes
Nous laisserons de côté les tumeurs papillomateuses, comme en ont décrit Drysdale, (25) By- Ford (14) Jones (49), qui sont toujours des productions kystiques plus ou moins développées, et qui comme telles rentrent dans une catégorie de néoplasmes entièrement en dehors de notre sujet, et aussi, cela va sans dire, les kystes dermoïdes et fœtaux.
Tumeurs solides des Ligaments larges