‹ Des Tumeurs Solides Primitives Des Ligaments Larges Et Plus Particulièrement De Leur Histoire Et De Leur PathogénieChapitre 47 sur 59 · OBSERVATION XLVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XLVII

Chénieux. Arch. de tocologie, 1880,p. 439. — Cysto sarcome implanté sur le ligament large gauche. — Extirpation. — Mort le 13 jour. ;

Une femme de 32 ans, forte et d’une bonne santé habituelle,nullipare, menstruée régulièrement d'ordinaire, consultecet auteur en février 1879,ayant vu depuis assez peu de temps son ventre augmenter de volume. Un médecin consulté à cette époque avait cru à une grossesse. On constate à ce moment l’existence d’une tumeur occupant surtoutla fosse iliaque ne dépassant guère la ligne médiane s’avançant en haut au voisinage de la zône ombilicale, sans prolongements dans le petit bassin et paraissant partir de l’angle supérieur de l’utérus dont elle semblait suivre les mouvements, de même que le doigt appliqué sur le col utérin percevait ceux communiqués à la tumeur. La mobilité très grande de cette masse, sa forme allongée et quelques saillies de surface me firent penser à un corps solide ayant son point de départ dans l’utérus.

Aucune douleur n'en avait d’ailleurs accompagné le développement et son volume seul avait révélé sa présence à la malade. Je conseillai l’expectation ; dans le courant d'octobre, la tumeur était devenue énorme et remplissait tout l'abdomen ; les forces de la ma-

lade diminuant et de vives douleurs étant survenues récemment, on se décida à une intervention.

A ce moment, le néoplasme occupait toute la région hypogastrique, les fosses iliaques,présentaient à la hauteur de l’ombilic un sinus où se logeait l'intestin et envoyait de chaque côté, vers les hypochondres, un prolongement qui s’enfonçait sous les fausses côtes ; ascite concomittante gênant la respiration.

Incision sur la ligne blanche s’étendant del’ombilicijusqu’à environ 2 ctm. au-dessus du pubis. On ponctionne le liquide ascitique et on arrive alors sur la tumeur qui apparaît entre les lèvres de la plaie blanchâtre et comme fluctuaate ; croyant à un kyste multiloculaire, on le ponctionne, mais rien ne s'écoule par la canule ; celle-ci retirée, il suinte des lèvres de la plaie un liquide épais, mais transparent, mêlé par places d’un peu de sang ; la trame de la tumeur était si friable que ni les pinces à kyste, ni aucune ligature ne purent maintenir rapprochées les lèvres de la plaie faites par le trocart ; on applique sur celle-ci des éponges et on introduit la main gauche entre les parois abdominales et le prolongement droit de la tumeur. Impossible de rien déloger ; aussi je crus un moment à des adhérences ; je prolongeai l’incision de la paroi abdominale de ? cent. 12 au-dessus de l’ombilic et j'introduisis de nouveau la main pour attirer fortement la tumeur ; je sentis qu’elle cédait ; la partie gauche bascula en arrière et en haut pendant que le prolongement droit que j'avais saisi exécutait un mouvement en sens contraire. Une fois celui-ci hors de l’abdomen, le reste de la masse vint sans difficulté et nous fümes fort heureusement surpris de n'avoir aucune adhérence et qu’un pédicule mince implanté sur le ligamentlarge gauche. Toilette du péritoine, suture des parois abdominales, péritoine compris, pansement antiseptique.

Pendant 11 jours, les suites de l'opération furent absolument normales ; le pédicule tombe au 10° jour ; les sutures avaient été enlevées la veille ; le 12 jour, une véritable péritonite se déclare, et le lendemain soir la malade succomba, emportée par cette affection.

La tumeur pesait 12 livres et offrait une masse tremblotante formée d’un canevas à larges mailles occupées par un liquide transparent, assez épais ; elle renfermait plusieurs cavités kyStiques du volume du poing. Elle avait très probablement pour point de départl'ovairegauche, mais je ne m’assurai pas du fait au cours de l’opération, et l’examen'histologique n’a pas été fait.

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