‹ Des Tumeurs Solides Primitives Des Ligaments Larges Et Plus Particulièrement De Leur Histoire Et De Leur PathogénieChapitre 9 sur 59 · AR LS · texte numérisé non relu

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myomes, les fibrosarcomes qui sont fréquents, tandis que dans les ligaments larges des conditions bien plus favorables au développement des fibromyomes sont fournies par la présence d’épaisses fibres musculaires lisses. Si l’origine des fibres lisses des fibromyomes de la paroi peut très simplement être placée dans le feuillet intestinal, celle des fibres lisses de ces mêmes tumeurs dans les ligaments larges doit se trouver dans les canaux de Müller. On peut aussi supposer que, grâce àun développement rudimentaire de ces derniers, des fibres lisses peuvent arriver à travers le canal inguinal jusqu’à la paroi abdominale. |

Les myomes peuvent, on le sait se développer dans tous les organes où préexistent des fibres lisses (œsophage, estomac, prostate etc...) ; mais jamais ils n’y acquièrent le volume des myomes et fibromyomes de l’utérus qui trouvent dans cet organe déjà naturellement si vasculaire et toujours hyperémié quand il est le siège d’une tumeur, un terrain excessivement riche et favorable à leur développement. Hofméier (48) a montré quelle influence le cours du sang non seulement dans l’utérus lui-même, mais encore dans les ligaments larges, pouvait avoir sur le développement des fibromyomes : y a-t-il lieu de s'étonner alors de ce que, dans les ligaments larges qui portent une orande partie des vaisseaux de l’utérus et de ses annexes, des fibromyomes ayant un petit volume

au début, puissent ultérieurement acquérir un développement considérable ?

Et cependant, tout'à l'encontre de ces raisons anatomiques, certains auteurs ont pu regarder hypothétiquement beaucoup de tumeurs solides des ligaments larges comme provenant d’un ovaire anormal ou « accessoire » [Grohe (40), Klebs (52), Klob (55), Waldeyer (111), Olshausen (78), Beigel (67), de Sinety (22), Kocks, Winckel (114).]

« S'ilen est ainsi, dit Sænger, cela me semble tenir à ce que Schrœder s’est demandé si les prétendus fibro-myomes de l’ovaire ne venaient pas constamment de l’utérus, tandis que les fibromes purs seraient d'origine ovarienne. Or, distinguer si un fibrome vient de l’utérus ou de l’ovaire, cela pourrait, même après la mort, être excessivement difficile, car les fibromes utérins (dont le pédicule, s’il existe, peut en imposer pour le ligament de l’ovaire) ont aussi la mêmesituation que les fibromes ovariens ; l’ovaire peut aussi être atrophié par compression ou bien se confondre avec la tumeur au point de sembler en faire partie intégrante. »

Spiegelberg (104)et avec lui Léopold (69) avaient déjà émis l’opinion à l’encontre de Spencer-Wells, que l’origine ovarienne des fibro-myomes sortant du bassin est toujours à mettre en doute. Sans nier absolument le cas observé par Lücke et Klebs (70) d'un fibro-myome de l’ovaire, Léopold (69) déclare, en citant les différentes opinions des auteurs sur les

fibres musculaires lisses de l’ovaire exposées dans Waldeyer (111) et Stricker (106), que lui-même, ni dans un cas de fibrome décrit par lui, ni dans d’autres tumeurs ovariennes, ni enfin dans l’ovaire normal n’a trouvé des fibres musculaires lisses.

«Et, fait remarquer Sænger, quand, en opposi-

tion avec Léopold, Rein (84) soutient que « dans l'ovaire il peut parfaitement se développer en dehors des kystes les mêmes tumeurs que dans l'utérus, attendu que cet organe renferme les mêmes éléments que l’utérus, c’est-à-dire une trame conjonctive et du muscle lisse », il se contredit lui-même du tout au tout dans son affirmation, en remarquant que lefibro-myome lymphangectiasique, par exemple, n’a pas encore été observé dans l'ovaire. »

« Moi-même, dit Sænger, si je ne voulais absolument pas m’en rapporter à l’autorité de Sangalli (115), qui, en opposition absolueavecLéopold, Fischel, Spiegelberg et d’autres, décrit un myome pur de l’ovaire de la grosseur d’un œuf de poule, je pourrais néanmoins m'en rapporter à celle de Virchow (115), qui montre que des fibromes manifestes del’ovaire contiennent, quoique parfois en très petite quantité, des fibres musculaires bien développées : « Et cependant, dit-il, autant les tumeurs fibreuses de l'ovaire ressemblent aux fibromyomes utérins par leur apparence extérieure, l’aspect de leur surface de section, leur consistance et leurs métamorphoses ultérieures, autant elles en

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diffèrent par leur structure histologique qui ne révèle que peu ou point de fibres musculaires apparentes et parfaites, et à ce point de vue il n’y a certes rien d'étonnant, ajoute cet auteur, à ce que nous ne puissions distinguer que difficilement des cellules musculaires, toutes petites, peu développées ou atrophiées de cellules conjonctives, et que, peut-être, ce soit là, précisément, ce qui arrive ici le plus souvent. » En ne reconnaissant, conclut Sænger, au milieu de ces divergences d'opinions, aucune raison d’écarter toute origine ovarienne des fibro-myomes, je crois, en adoptant une opinion intermédiaire, qu’une partie des fibromyomes attribués à l’ovaire, aussi bien qu'une partie de ceux atltribues à l'utérus, doivent ètre imputes aux ligaments larges. »

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