‹ Des tumeurs sous-unguéales douloureusesChapitre 10 sur 23 · CHAPITRE NIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE NIV

Anatomie pathologique

Les caractères macroscopiques des tumeurs sousunguéales douloureuses sont assez variables.

Leur siège est le plus souvent le derme sous- . unguéal et leur insertion se fait quelquefois par un pédicule, au voisinage de la matrice de l’ongle (Observ. IV et X); dans l'observation de M. Bérard, elle se prolonge même « en arrière de l’ongle, dans la profondeur de la phalangette ». Mais plus fréqueminent, elle sont simplement couchées dans le derme qu'elles dépriment.

Aplaties dans le sens du grand axe de l’ongle (Observ. Il, III et IV), elle ont souvent aussi une forme arrondie, globuleuse (Observations IX, XIII) ou piriforme à grosse extrémité dirigée en avant (Observ. X).

Leur volume est toujours petit et ne dépasse jamais celui d’une grosse verrue ; le plus souvent

elles sont de la grosseur d’un petit pois.

ne

Leur consistance est dure et comme cornée dans les cas de durillons, plus molle et comme charnue dans les autres cas. Dans l'observation de M. Bérard, c'est « un tissu grenu, ayant la consistance de gelée de pomme, amassé en une boule du volume d'un gros pois. »

Jamais elle ne présentent une partie très résistante, dure, de consistance osseuse, contrairement aux exostoses ; mais, elles présentent avec celles-ci un caractère commun : l'immobilité.

Dans. 4 observations seulement, elles ont des connexions avec l'os. Dans l'observation VII, la tumeur est osseuse et, particularité intéressante, elle proémine du côté de la face plantaire de l’orteil en même temps que les tissus sous-unguéaux ont diminué d'épaisseur par pression. Dans l'observation VI, la tumeur adhère à l'os par un pédicule et dans le cas de M. Jaboulay, la tumeur s’est comme creusé une cupule osseuse, ayant détruit par son contact le tiers moyen de la phalangette. Cette disposition de lagette osseuse se retrouve dans l'observation de M. Bérard.

On peut donc dire que jamais la tumeur qui comprime le derme sous-unguéal n’est solidement fixée à l'os par une fargebase d'implantation. C’est dans le derme qu’elle débute, mais la compression continue entre deux plans résistants l’oblige à se creuser une dépression osseuse lorsque le soulèvement de l'angle n'est pas suflisant pour lui laisser place. L'évidement de l'os ne doit pas nous étonner; il en est souvent ainsi et ce tissu dur est souvent

BCE rongé par le contact de tumeurs plus molles.

Les tumeurs sous-unguéales ne sont pas toutes des tumeurs vraies au point de vue anatomo-pathologique, c'est-à-dire « une prolifération indéfinie et monstrueuse de cellules ayant leur type dans l'organisme. » Les unes sont des tumeurs inflammatoires, d’autres des tumeurs vraies. Nous n'entrerons pas dans les détails fournis par leur examen microscopique; ce serait nous obliger à des redites et il nous Suflira de relire les observations pour retrouver les caractères propres à chacune des variétés trouvées et pour les discuter au besoin. Signalons seulement les résultats :

3 durillons ;

1 papillome ;

1 fibrome;

J névrome ;

1 tumeur à myéloplaxes ;

4 épithéliomas,;

1 cas douteux de botryomycome; 1 cas douteux de névrome ;

Dans l'observation VI, l'examen histologique n'a pas été fait, la pièce ayant été égarée, mais le siège de la tumeur aux extrémités — bien qu'on n’en ait pas signalé sous l’ongle — la porte d'entrée probable du botryomycoque par la pénétration d'une échiffe de bois sous l’ongle, le pédicule de la tumeur et les caractères macroscopiques de néoformation inflammatoire sont ea faveur d’un botryomy-

come.

Eu Re

C'est aussi l’opininn de M. Delore qui nous a fourni l'observation. Cecas est peut-être à rapprocher du cas de botryomycome siégeant à la face dorsale de l’auriculaire droit, au voisinage de la sertisssure unguéale, récemment publiée par M. Delore (1).

Dans l'observation de M. Jaboulay, les douleurs vives, irradiées suivant le trajet du cubital, la névrite ascendante de ce nerf au moment de la récidive, justifient l'hypothèse de névrome. Il est vrai que dans l'observation de M. Bérard, il y a aussi des douleurs irradiées dans le membre supérieur et l'examen a démontré l'existence d'un épithélioma. Mais remarquons que ces douleurs sont moins limitées au trajet de distribution d’un nerf aboutissant au doigt, puis- que « l'oreille etle côté droit du menton sont le siège de véritables secousses électriques ».

Ce chapitre d'anatomie pathologique est certainement incomplet ; il est probable que des examens plus fréquents de tumeurs sous-unguéales feraient trouver d’autres variétés, telles que sarcomes, anfioimes, ete

(1) DELORE. — Gazette des Hôpitaux, 12 juin 1900.

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