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CHAPITRE VII

Evolution. — Pronostic.

Après avoir mis un temps, souvent très long, pour déterminer une gène fonctionnelle véritable ou une déformation, ainsi que nous l'avons vu dans la symptomatologie, les tumeurs sous-unguéales arrivent rapidement à leur paroxysme douloureux et le malade est obligé de demander au chirurgien l'intervention qui le soulagera.

Mais, la récidive est fréquente, presque de règle, excepté pour les durillons qui guérissent très bien par une première intervention (Observation I et IT). La couche épidermique s’est reformée plusieurs fois, il est vrai, dans l'observation III, nécessitant plusieurs avulsions; « peu à peu, cependant, la repro- « duction se fit moins abondante, moins rapide, mais « la guérison ne fut complète qu’au bout de six à sept « mois ». Dans l'observation IV, récidive en six mois; pourtant, le papillome n’est pas, en général, une tumeur maligne. Les douleurs reviennent plus

vives encore qu'avant la première intervention, un an après celle-ci dans l'observation IX.

Les deux récidives d’épithéliomas (XI et XIT), sont survenues aussi un an après l’opération.

Les observations où la récidive n’a pas eu lieu semblent se rapporter à des cas où le malade n'a pas été revu après un temps suffisamment éloigné de l'intervention (Observations V, VI, X et XIII), ou à des cas dans lesquels l'opération a été, d'emblée, radicale : désarticulation métatarso-phalangienne dans l'observation VIT: dans l'observation VIII, l'examen histologique a montré que la tumeur avait été enlevée entièrement.

Le pronostic, on le voit, doit être réservé, sinon au point de vue vital — car les tumeurs sous-unguénales ne se généralisent pas, mais récidivent sur place — du moins au point de vue du fonctionnement ultérieur du doigt ou de l'orteil atteint; la désarticulation phalangienne est souvent nécessaire pour calmer les douleurs qui reviennent plus vives encore.

En résumé, développement lent, mais continu; douleurs arrivant à leur paroxysme rapidement et obligeant le malade à réclamer une opération, récidive fréquente, telle est l'évolution de cette affection bénigne, en somme, mais très incommodante.

CÉAPPERESWITI

Traitement.

Le traitement des tumeurs sous-unguéales douloureuses est entièrement chirurgical. Rapidement, d’ailleurs, le malade vient demander un soulagement à ses douleurs vives. On peut le résumer de la façon suivante :

1er temps. — Opération de l’ongle incarné, par l'arrachement total ou partiel, suivant que la tumeur est plus ou moins volumineuse et occupe une surface plus ou moins large du derme sous-unguéal.

Si l'arrachement est total, on le fera à la spatule ou à la pince d’arrière en avant, après fente médiane.

Si l’arrachement est partiel, on emploiera le procédé de Follin,de Gosselin ou celui, plus expéditif, de

Baudens.

__ Anotre avis, la partie correspondante de la matrice devra toujours être détruite; de cette façon, si la récidive a lieu, les douleurs seront moins vives, la

TT RE à

tumeur n'étant plus comprimée entre deux plans

résistants.

2e temps. — Ablation de la tumeur au bistour1. 3e temps. — Grattage profond du derme sous-

unguéal et curettage profond de l'os si la tumeur se prolonge de ce côté par un pédicule (Obs. VI) ou s'est creusée une loge dans la phalangette (Obs. IX et XIII). On devra s'attacher à extirper la tumeur entièrement et même en dépasser les limites pour éviter la récidive.

Un pansement antiseptique à plat complètera lopération qui n'offre aucune gravité et dont les suites sont des plus simples ; l’intervention pourra se faire sous anesthésie locale dans quelques cas; plus souvent, elle nécessitera une anesthésie générale.

Si la récidive a lieu, on fera l’amputation ou la résection de la phalangette en conservant, dans le premier cas, la pulpe de l’orteil ou du doigt comme lambeau protecteur de la plaie ainsi qu'ila été fait dans l'observation XII. I] serait intéressant de savoir si cette opération radicale, faite d’emblée,ne mettrait pas à l'abri d’une récidive; des observations nouvelles sont nécessaires pour trancher cette question.

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