OBSERVATION I
(THiEry. — Bulletin de la Société anatomique Paris, 1888.)
DuüRILLON SOUS-UNGUÉAL
Le malade, âgé de 14 ans, est entré à l'hôpital de la Pitié en 1887, dans le service de M. Polaillon, salle Broca no 31.
Lorsque nous l’examinons pour la première fois nous sommes très étonné de trouver une douleur paraissant siéger sous l’ongle et au niveau de sa partie médiane, douleur des plus vives, réveillée par la marche, le toucher, le poids seul des couvertures, et sujette à des modifications notables, suivant les influences thermiques dela température. D'ailleurs aucune lésion des parties molles rétro ou paraunguéales, pas de dactylite, pas d’ostéite de la phalangette. L’ongle n'est nullement déformé : le malade ne présente pas de varices.
Nous éloignons le diagnostic d’ongle incarné et le malade est renvoyé chez lui après prescription de bains et de repos. Au bout de quelques jours aucune modification ; la douleur a diminué par le repos, mais la station verticale, le port de chaussures la réveille aussi vive et aiguë qu'auparavant. . Elleest telle que le malade réclame l'opération.
A ce moment nous n'étions point fixé sur la nature de la lésion ; cependant, en présence de ces accidents douloureux, de la gêne de la marche et des instances du malade, nous pratiquons l'opération de l’ongle incarné le 29 août 1887. L'opération fut faite d’après ce procédé qui consiste à extirper l’ongle en totalité et à faire suivre cette extirpation de l’incision de la matrice au bistouri et du grattage profond du derme sous-unguéal soit à la rugine soit à la curette tranchante, mais, dans ce cas particulier, cette dernière partie de l'opération fut particulièrement laborieuse à cause d’une saillie volumineuse et fort résistante du derme qu'il fallut abraser en totalité.
Quelques pansements furent faits et le malade sortit, le 30 août, absolument guéri.
Il revient le 27 mars 1888 ; pas de récidive locale du côté opéré ; l'état est parfait, l'ongle n’a pas reparu, marche facile, pas de douleurs.
Examen histologique. — L'examen histologique, pratiqué dans le laboratoire de M. Le Fort, a montré clairement que la lésion observée était bien un durillon sous-unguéal, une hypertrophie papilleuse et épidermique correspondant bien à un véritable CON: