‹ Des tumeurs sous-unguéales douloureusesChapitre 16 sur 23 · LAON SE · texte numérisé non relu

LAON SE

l’ongle où le revêtement épithélial est peu volumineux et les papilles uniformément distribuées et élevées, de volume médiocre.

OBSERVATION III (Thèse de Lebouc, Paris 1888-89).

DurILLON SOUS-UNGUÉAL DOULOUREUX.

En 1882, entre dans le service de M. le professeur Le Fort, un homme d’une cinquantaine d'années d'une excellente santé, n'ayant jamais présenté ancune lésion du pied.

Après avoir porté une paire de bottes un peu trop étroites à leur extrémité, non pas dans le sens transversal, mais dans le sens vertical, de telle sorte que les deux orteils étaient comprimés par l’empeigne, il éprouva, à la fin de la journée, une douleur très vive dans la région unguéale des deux premiers orteils des deux pieds, douleur analogue à celle qu’aurait fait éprouver une contusion par pression énergique accidentelle. La douleur persista toute la soirée, mais il y avait lieu de croire que la nuïitla ferait définitivement disparaître. Il n’en fut rien

Si la douleur avait, le lendemain, disparu du gros orteil gauche, elle persista à l’orteil droit, malgré le port de chaussures larges, depuis longtemps brisées et ayant la forme du pied.

La marche était tellement douloureuse qu’eile était difficile et qu’elle ne devint relativement facile qu'en portant des chaussures très larges à leur extrémité dans le sens vertical et n’exerçant aucune pression sur l’orteil.

On ne pouvait, à l'inspection la plus minutieuse, trouver trace de rougeur ni d’ecchymose, la pression exercée au niveau de la base de l’ongle, n'était que peu ou pas douloureuse mais sur la partie moyenne ou le bord libre elle réveiliait une douleur vive.

MAEOT Pt

La douleur primitive s'atténua au bout de quelques jours, pour reparaître en s’aggravant après une quinzaine de jours. En examinant alors le pied du malade, on constata que l’ongle était un peu soulevé par un amas de cellules épidermiques sous-jacentes à l’ongle et formant en quelque sorte un ongle rudimentaire placé sous l’ongle normal. M. Le Fort essaya de détacher cette sorte de membrane et,par le grattage put en dissocier et en retirer une bonne partie, qui se prolongeait jusqu’au niveau du tiers antérieur de l’ongle.

À partir de ce moment, la marche redevint facile, mais, après quinze jours ou trois semaines, les inconvénients reparurent avec la reproduction de la couche épidermique. Nouvelle avulsion, nouvelle amélioration, nouvelle reproduction malgré l'emploi de cataplasmes appliqués pendant la nuit. Peu à peu, cependant, la reproduction se fit moins abondante, moins rapide, mais la guérison ne fut complète qu’au bout de six à sept mois.

Examen histologique. — L'examen a donné les résultats suivants : à la partie superficielle du derme enlevé, ontrouve les cellules cornées de l’épiderme en couches assez épaisses, puis le corps muqueux de Malpighi, dont les cellules, nettement dessinées, sont plus abondantes qu’à l'état normal. Elles forment des sortes de pointes qui s'enfoncent dans le derme. Au-dessous de cette couche se trouve le derme, coloré en rose par le picro-carmin. Il est normal. Si on veut faire la part respective de ces deux couches, on peut dire que l'épiderme forme un tiers de l'épaisseur et le derme les deux autres tiers. La structure est donc absolument celle qu'on assigne aux durillons en général.

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