OBSERVATION XII
(Thèse de DaviLLé, Paris, 1880.) ÉPITHÉLIOMA DE LA RACINE DE L'ONGLE.
Eugénie R.°, 21 ans Entre MéSo maiwe73 24l/h6pital de la Charité, salle Ste-Catherine, n° 20 (service de M. le professeur Gosselin).
Pas d’antécédents héréditaires. Comme affection antérieure, à signaler le rachitisme dont la malade porte des traces évidenies : scoliose droite, déformation du thorax et des membres inférieurs; à l'âge de ro ans, elle s'aperçut qu’elle avait, au bord interne de l’ongle de l'index droit, une petite plaie assez douloureuse. Puis cette plaie se recouvrit d’une croûte que la malade enlevait et qui se reproduisait rapidement. En même temps, la petite plaie grandit et occupa toute la lon-
re
gueur du bord jiuterne de l’ongle. Plus tard, 5 ou 6 ans après le début de l'affection, l’ongle lui-même était soulevé dans sa moitié externe. Les douleurs étaient vives, spontanées ; le moindre attouchement les augmentait encore au point que, dans les derniers temps, les fonctions de la main étaient considérablement gênées. Coupée et brûlée (nitrate d'argent) à plusieurs reprises, la petite tumeur n’en croît pas moins.
En 1872, la malade entre à l'hôpital de la Charité où M. Gosselin enlève la tumeur et l’ongle, puis rogne l'os de la phalangette.
Un an après, la tumeur avait récidivé, aussi volumineuse qu'avant l'opération ; la malade entre de nouveau à la Charité, demandant elle-même l’amputation de la phalangette, tellement les douleurs sont devenues intolérables. L'opération est pratiquée par M.le professeur Gosselin : il conserve la pulpe du doigt qui sert de lambeau protecteur de la plaie.
Examen de la tumeur. — Elle a l'aspect d’une saillie mamelonnée, papilliforme, comme villeuse et hérissée, de couleur blanchâtre ; elle est formée de deux parties : l’une libre, située dans le sillon latéral de l’ongle ; l’autre en partie cachée.
On peut insister sur trois points :
19 Lenteur de la marche, enregard de la rapidité de la ‘récidive.
20 Siège insolite de ce genre de tumeur.
30 Acuité et persistance des douleurs.
M. Robin donne ensuite l’examen histologique fait par M. Cornilet ces auteurs font le diagnostic d'épithélioma, opinion que combat M. Desprès qui, vu l’âge de la malade, croit plus volontiers à une hypertrophie papillaire.
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OBSERVATION XIII (inédite)
(Due à l'obligeance de M. le professeur agrégé BÉRARD.)
EPITHÉLIOMA SOUS-UNGUÉAL DE L'ANNULAIRE DROIT
Religieuse, 31 ans. Observée dans le service de M. le professeur Poncet, pendant les congés de Piques 1890.
Cette malade vient demander un traitement pour des douleurs insupportables de la main et du membre supérieur droit, déterminées par une néoformation sous-unguéale de annulaire.
Le début apparent de l'affection remonte à dix ans, sans que la malade se rappelle s'il y eut alors un choc ou un traumatisme quelconque à l'origine de l'affection. Mais depuis quatre ans déjà (il y a quatorze ans), cet ongle était toujours cassé, fendillé sur son bord libre et il reparaissait toujours ainsi altéré malgré les précautions les plus soigneuses que prenait la malade.
Il y a ro ans, les douleurs apparurent, d’abord au contact du dos et du bout de l’ongle; un an après, ces douleurs se firent sentir spontanément. C'était, au début, comme une secousse électrique passant de l’ongle jusque dans la paume de la main,près du poignet, à de rares intervalles, peut-être 10 fois par an, dit la malade. Depuis six ans, la douleur était plus continue, -plus fréquente, toujours avec un maximum dans l'annulaire; celui-ci était souvent seul douloareux; parfois aussi les deux doigts voisins étaient le siège d’élancements. À cetteépoque, les crises douloureuses étaient presque périodiques, duraient quinze jours avec une ou deux semaines de calme dans l'intervalle.
Depuis cinq ans, les douleurs sont allées en s'accroissant de plus en plus; elles déterminent de véritables secousses . électriques jusqu’au coude, plus tard jusqu'à l'oreille et au côté droit du menton. « Cela me faisait sauter sur mon siège