‹ Des ulcérations tuberculeuses de l'estomac: étude clinique, expérimentale et anatomo-pathologiqueChapitre 19 sur 95 · IT. TRAITEMENT · texte numérisé non relu

IT. TRAITEMENT

Dans ce chapitre pourraient trouver place les multiples traitements proposés contre les troubles dyspepüques de nature diverse (bacillaire ou autres), contre l'ulcère rond de l'estomac, contre les complications de ce dernier, etc., etc. On ne saurait nous faire un reproche de renvoyer pour ces renseignements aux ouvrages spéciaux. Allégé de tout cet arsenal thérapeutique, nous chercherons ce qui peut être tenté spécialement dans le cas d’ulcération tuberculeuse de l'estomac.

Le diagnostic élant presque toujours hésitant, la médication ne saurait être que commandée par les manifestations symptomatiques. On soutiendra l'état général du malade déjà miné par la phüsie. La suralimentation, dans toute sa rigueur, devra être laissée de côté à cause de l’état de l'estomac ; on aura recours au régime lacté, aux poudres de viande, aux stimulants et reconstituants classiques.

Contre l’élément douleur, on utilisera le repos de l'organe, les cataplasmes laudanisés, l’emplâtre de ciguë et de belladone, les compresses larges d’eau chaude, le vésicatoire local pansé à la morphine,la poudre de belladone et l'extrait thébaïque associés en pilule à la dose de 1 centigramme ou 2 centigrammes, étcrretc.

Contre les vomissements, les médications précédentes pourront rendre des services, On leur joindra

"pes d'autres traitements symptomatiques dont la multiplhicité ne saurait 1c1 trouver place.

Contre l’hématémèse, le traitement classique (repos de l'organe, diète absolue, décubitus et immobilité du malade, vessie de glace au creux épigastrique, limonade sulfurique, ete.), sera institué d'urgence. On utilisera également de préférence la méthode de M. R. Tripier. « Une hématémèse survenant, quelle que soit l’origine supposée de la lésion vasculaire,le lavement d’eau chaude à la température de 48 à 50 degrés sera donné au moins trois fois par jour et répété, au besoin, plus souvent si le sang avait de la tendance à reparaître. Pour recevoir le lavement, le malade se placera dans la position horizontale et ne fera aucun mouvement, il ne le rendra que lorsqu'un besoin impérieux se fera sentir. »

Peut-être pourrait-on songer aussi dans ces cas à employer la gélatine comme moyen hémostatique.

Jusqu'à présent nous n'avons pas indiqué de médication spécifique dirigée contre la nature tuberculeuse de la lésion.

Seul Pétruschky à songé à utiliser la tuberculine comme moyen thérapeutique. Sur ses deux malades, une fois le diagnostic posé, grâce à l'emploi de cette substance, 1l en a prolongé l’usage pendant de longs mois. I ne procédat à une nouvelle injection de tuberculine, dont 1l augmentait progressivement la dose, que si le patient ne présentait plus de réaction locale gastrique, ni de réaction générale thermique.

Pétruschky dit avoir obtenu la guérison d'une malade et une simple amélioration de l'autre.

DE

Le traitement de la perforation de l'estomac et de la péritonite consécutive comportera rarement une indication chirurgicale urgente et absolue. La tubereulose pulmonaire avancée du sujet, la eachexie feront pencher la balance en faveur de l’abstention.

Enfin, on doit envisager la possibilité d’un fraitement prophylactique.

S'il y a des cas d'infection gastrique locale et intesünale par l'alimentation, ce qui est indiscutable, on doit en conséquence veiller à la stérilisation par la chaleur du lait et des viandes de consommation. La fréquence de la tuberculose bovine, sa transmission incontestable à l’homme, l’unicité des deux tuberculoses bovine et humaine de plus en plus démontrée, contrairement aux opinions de Koch, toutes ces acquisitions scientifiques définitives font un devoir de veiller à l'innocuité des viandes de boucherie pour le consommateur. Ce devoir absolu méritait d'être rappelé ici.

Pour terminer ces brèves considérations prophylactiques, 1l faudra recommander aux phtisiques de ne pas avaler leurs crachals, de (oujours cracher soigneusement dans des crachoirs stérilisables.

Ce faisant, les tuberculeux cesseront d’être un foyer d'infection, sans cesse renouvelé, pour leurs voisins et pour leur propre tube digestif. Ils se mettront ainsi à l'abri de ces inoculations secondaires gastriques et intestinales si graves.

Puisse-t-on bientôt voir, ce qui est, hélas, bien improbable, une époque où le lavage de l'estomac d’un phtisique ne ramènerait pas une quantité exlra-”

ee ordinaire de crachats déglutis. au point d'arracher à l'assistance l’exclamation rapportée par Marfan dans

sa thèse : « Ce malade a donc pris son estomac pour un crachoir !»

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