OBSERVATION XIX
Toulmouche (1869).
Ulcéralions de l'estomac méconnues ; luberculisation du poumon gauche; excavalion dans le sommet du droit avec pneumonie; hypertrophie de la glande thyroïde. Péricardite quérie par adhérence; tubercules dans le tissu musculeux du cœur; nombreux ulcères dans les intestins grêles el l'arc du côlon. Mort.
Homme, quarante-deux ans, atteint d'aliénation mentale, a présenté tous les signes commandés par son état pulmonaire. Les symptômes digestifs se sont bornés à de la diarrhée.
« Le malade, bien qu'il fût très mal deux jours avant sa mort, riait, ne se plaignait d'aucune partie et demandait à manger. »
Aulopsie, faite dix-neuf heures après la mort.
Thorax. Pleurésie gauche. Poumon gauche : Adhérence ancienne du sommet; infiltration tuberculeuse du lobe supérieur, moins confluente dans le lobe inférieur.
Poumon droit : adhérences étendues à toute sa surface. Dans
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le lobe supérieur, masses tuberculeuses du volume d'un œuf et quelques tubercules isolés ramollis. Au sommet, vastes cavernes anfractueuses. Hyperémie de la muqueuse bronchique et trachéale. Hypertrophie et caséification des ganglions médiastinaux et bronchiques.
Abdomen : 5 à 6 litres de sérosité jaunâtre dans sa cavité.
« L'estomac contenait des matières liquides, colorées. On y rencontra trois ulcérations, dont la première était située un peu au-dessous de l'orifice cardiaque, sur la paroi postérieure, et les deux autres plus bas, vis-à-vis de l'endroit qui repose sur le pancréas. La plus grande ulcération pouvait bien avoir 2 em. 5o de diamètre. Les bords, de même que ceux des autres, étaient mousses, arrondis, affaissés, cicatrisés, {tandis que le fond était irrégulier et présentait une sorte de détritus rosé et noirâtre par points. Le reste de la muqueuse de l'estomac était sain ; les deux premiers ulcères étaient plus petits, leur fond plus conique, leur diamètre de 1 à 2 centimètres et leur cicatrisation plus avancée.
Le duodénum était sain, le jéjunum présentait une infiltration séreuse sous-muqueuse qui donnait un aspect opalin, grisâtre à ses parois, et les épaississait. On y rencontrait une multitude d'ulcéralions par bandes transversales, à fond brunâtre, constitué par la seule membrane péritonéale ou par quelques débris de la musculeuse, à bord irréguliers, coupés à pic, boursoufflés. Elles se présentaient encore plus nombreuses dans l'iléum.
Dans le cæcum, elles ne formaient plus qu'un vaste ulcère à fond noirâtre, inégal, comme déchiqueté. A la partie moyenne de l'arc transverse du côlon, une ulcération longue de 8 à 11 centimètres et occupant toute la circonférence.
Ganglions mésentériques tuberculeux.
Rate très grosse et ferme. Foie très volumineux, teinte feuille morte. Reins normaux.
OBSERVATION XX Toulmouche (1869).
Ulcérations de l'estomac d’origine luberculeuse, nuls symptômes, ancienne pleuro-pneumonie avec épanchement à droite, excavations tuberculeuses au sommet des deux poumons, bronchite chronique, ulcères dans les intestins, ramollissement du foie. — Mort.
Femme, quarante et un ans, soignée pendant deux mois, au bout desquels elle succomba à son affection pulmonaire. Elle présenta fréquemment de la diarrhée ; pas de vomissements, pas de douleurs stomacales.
Autopsie, faite vingt-quatre heures après la mort : Plèvre droite contenant environ 500 grammes de liquide.
Poumon droit : Adhérence intime au sommet qui est induré, parsemé de tubercules gris, et contient une vaste caverne à moitié vide. Infiltration tuberculeuse crue du reste du poumon.
Poumon gauche : Extrêmement adhérent à la paroi costale. Lobe supérieur criblé d’excavations tuberculeuses. Infiltration tuberculeuse du lobe inférieur, Epaississement et congestion de la muqueuse bronchique. Ganglions bronchiques tuméfiés et tuberculeux.
Cœur friable.
Abdomen : Pas de sérosité péritonéale.
L’estomac, d'une vaste capacité et presque vide, offrait au pourtour de l'orifice cardiaque, des marbrures noirâtres dessinant le trajet des vaisseaux, et, le long de la grande courbure, inférieurement, deux ulcérations de la grandeur d'une moitié de lentille, à fond assez pâle, à bords arrondis, tuméfés et commençant à se cicatriser. Toute la muqueuse, dans une assez grande étendue à l'entour, était piquetée de points noirs très serrés el tapissée de mucosités jaunâtres.
L'iléon présentait un grand nombre d’ulcères très petits, mais superficiels, à bords fort minces, faisant à peine un très léger
relief. Ils étaient probablement le résultat de la fonte de petits tubercules, car on en rencontra, de même que dans l'estomac, un isolé, comme enkysté, soulevant fortement la muqueuse, et dont la consistance était celle du fromage mou. Dans l'S iliaque, plusieurs ulcérations en voie de cicatrisation.
Rate molle, contenant un gros tubercule.
Foie gras. Pas de tubercule macroscopique.
Reins normaux. ;
OBSERVATION XXI Toulmouche (1869). «
Ulcérations de la membrane muqueuse de l'estomac, symptômes. de gastlrile et surtout d’entérite chronique, même lésion dans l'intestin grêle, le cæcum, le côlon et le rectum; phisie pulmonaire. -- Mort.
Femme, vingt-quatre ans, offrant tous les symptômes d'une gastrite et d’une diarrhée rebelle à tous les traitements. En même temps, signes de tuberculose ulcéreuse des deux sommets.
Dans cette observation, les seuls symptômes remarqués furent ceux d’une phlegmasie légère de l'estomac, bientôt remplacés par ceux d’ulcérations intestinales, lesquels accompagnent si souvent la phtisie pulmonaire. Aucun signe ne put faire soupçonner l'existence de trois lésions analogues de la tunique muqueuse stomacale.
Aulopsie, faite vingt-six heures après la mort. Les deux poumons adhèrent fortement aux parois thoraciques. Les deux sommets sont remplacés par de vastes cavernes communiquant avec une foule d’autres, nombreuses masses tuberculeuses ramollies. Les lobes inférieurs des deux côtés sont infiltrés de tubercules à diverses périodes de leur évolution.
Cœur normal.
Abdomen : L'estomac presque vide, offrait à peine une légère rougeur de sa membrane interne vers le cardia. Partout ailleurs, celle-ci était pâle ; cependant on rencontrait vers la petite courbure, une légère ulcération de forme ronde et deux autres vers
le pylore, qui rappelaient l'aspect déprimé des boutons de la variole.
Dans le duodénum, on remarquait plusieurs petits ulcères un peu plus larges que ceux de l'estomac. |
La muqueuse du jéjunum élait criblée d’ulcérations d'autant plus nombreuses et plus larges qu'on les trouvait plus inférieurement : leurs bords boursouflés et comme renversés étaient très saillants. L'examen de l'extérieur de l'intestin laissait deviner la place de chacune d'elles par une tache bleuâtre ou même noirâtre.
Dans l'iléon, les ulcères devenaient encore plus étendus, leurs bords plus calleux, leur fond plus aminci, en sorte qu'il est probable qu'il se fût opéré quelque perforation qui aurait donné lieu à un épanchement de matières fécales dans la cavité abdominale. La fin de cet intestin ne formait, pour ainsi dire, qu'une vaste plaie, tellement les ulcérations se confondaient.
Le cæcum présentait aussi un grand nombre d’ulcères, mais à bords moins découpés, plus mousses.
Le côlon en était également criblé. Ils avaient, en effet, une grandeur variable, une circonférence mousse, presque tous un fond réparé ou en voie de cicatrisation.
Les mêmes lésions s'observaient dans la portion iliaque gauche et jusque dans le rectum, avec la seule différence que le travail de réparation de ces anciennes ulcérations était d'autant plus complet qu'on l’examinait plus inférieurement.
Ganglions du mésentère volumineux, tuberculeux, sur le point de se ramollir. Rate de volume ordinaire, assez ferme. Foie très
gros en dégénérescence gralsseuse.