OBSERVATION XXII
Labadie-Lagrave (1870).
Ulcère simple de l'estomac, cicatrisé ; tumeur ganglionnaire adhérente à la paroi de cel organe, au niveau de l'ulcére.
Homme d'un âge avancé, atteint depuis longtemps de tubereu-
lose pulmonaire; a présenté un peu de diarrhée sanglante, jamais d'hématémèse; mort par phtisie.
Aulopsie. — On voit une cicatrice stomacale vers la petite courbure ; à ce niveau, un ganglion fibreux adhère intimement à la paroi de l'estomac. Il s'agissait probablement d'un ulcère tuberculeux cicatrisé et d’un ganglion caséeux guéri, Laquelle des deux lésions est primitive à l'autre? Question très intéressante. mais impossible à résoudre.
OBSERVATION XXIIL Starcke (1870).
Homme jeune, diabétique et tuberculeux depuis dix mois, mort dix Jours après l'apparition d'hématémèses.
Autopsie. — Cavernes des deux sommets, ulcère duodénal à fond adhérent au pancréas ; dans l'estomac, cicatrice d'uleère juxtapylorique où s'est ouvert un vaisseau.
OBSERVATION XXIV Lancereaux (1871).
Homme, soixante-six ans, mort de tuberculose pulmonaire.
Aulopsie. — Tuberculose du cæcum (granulations jaunes). Ascite tuberculeuse. Ulcères intestinaux du côlon ascendant et de l'iléon.
Semée de taches noires pigmentaires dans la région du pylore, la membrane muqueuse de l'estomac, pâle et amincie dans la région du cardia, est, de plus, le siège d’un petit ulcère à fond rougeâtre, probablement d'origine tuberculeuse. Léger épaissis-
sement des parois de l'estomac.
OBSERVATION XXV Lange (1871).
Tuberculose granulique el granulations slomacales.
Homme, vingt-six ans, ayant présenté des phénomènes généraux et pulmonaires graves ; jamais de symptômes digestifs.
Aulopsie. — Tuberculose pulmonaire, adhérences pleurales nombreuses, ganglions trachéo-bronchiques caséeux, grosse rate présentant des tubercules ; pancréas et reins semés de granulations tuberculeuses ; foie gras sans tubercules.
L'estomac, très dilaté, présente, disséminées à la surface de sa muqueuse, six ulcérations grosses comme des lentilles, aplaties, avec un fond caséeux. Les follicules duodénaux sont caséeux.
Granulations sur la pie-mère.
OBSERVATION XXVI Wilson Fox (1872).
L'auteur rapporte, dans son Traité des maladies de l'estomac, qu'à défaut de tuberculose gastrique il a observé une perforation stomacale au cours d’une péritonite tuberculeuse.
OBSERVATION XXVII Rehn (1873).
Ein Fall von Magengeschwüren ber einem Kinde.
Enfant de vingt et un mois, mort de tuberculose bronchique avec caséification des ganglions. Rupture d’un foyer caséeux dans une bronche, Tuberculose miliaire de la pie-mère, du péritoine, du foie, de la rate et des reins.
L'estomac présente deux ulcérations. La plus grande, située près de la petite courbure, à 25 millimètres du cardia, a la forme d'une lentille et s'étend en profondeur jusqu’à la séreuse de l'organe ; ses bords sont plissés et sans rougeur. L'autre ulcération, à la partie moyenne de l'estomac, distante de 4 millimètres de la grande courbure, est plus superficielle. A son pourtour, lacis vasculaire très marqué. Rien à noter sur la face péritonéale,
La multiplicité de ces lésions et leurs caractères univoques semblent autoriser à regarder les ulcérations stomacales comme de nature tuberculeuse. Cependant, l'examen microscopique, pratiqué à l’Institut anatomo-pathologique de Würtzburg, n’a
pu montrer de granulations ou de produits tuberculeux dans la muqueuse de l'estomac.
OBSERVATION XXVIIT
Lorey, interne des Hôpitaux (1874).
Tuberculose bronchique et pulmonaire ayant donné lieu à des: phénomènes de compression des veines caves; carie de la troisième côle : symphyse cardiaque. Ulcérations luber-
culeuses de l’estomac ayant amené la mort par hématémése.
Homme, vingt-deux ans, bonne santé habituelle, sauf depuis un an où il a été soigné pour une bronchite chronique. Il sort de l'hôpital le 1°° mars 1874.
En avril, deux hémoptysies abondantes. Il fait un nouveau séjour à l'hôpital, puis part en convalescence. Arrivant à Paris par chemin de fer, il est pris brusquement d’un vomissement de sang abondant. Transporté d'urgence à l'hôpital Lariboisière, le 17 juillet 1874, il meurtle même jour, après avoir eu encore deux hématémèses considérables, constituées par un sang noirâtre comparable à de la suie délayée.
Très mauvais état général, facies grippé, dyspnée considérable, développement notable du ventre avec ascite, hypertrophie du foie dont la matité mesure 23 centimètres de hauteur.
Aux poumons, submatité aux deux sommets et en arrière, râles sous-crépitants humides, disséminés ; ni toux, ni expectoration. Bruits du cœur obscurs et mal frappés. Pouls petit, filiforme.
Langue humide, jaunâtre ; pas de diarrhée.
Autopsie, — La cavité abdominale contient un liquide jaune citrin, abondant. Intestins et péritoine sains. Foie énorme atteint de dégénérescence graisseuse. Rate volumineuse, diffluente.
L'estomac a ses parois épaissies; la muqueuse est congestionnée, ecchymotique, présentant cà et là sur les éminences mamelonnées de petites ulcérations, surtout nombreuses au
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niveau de la paroi postérieure. L'examen histologique fait par Liouville a permis de constater que ces ulcérations étaient d'origine tuberculeuse ; les parois de l'estomac étaient envahies par des tubercules, |
Cavité thoracique : symphyse pleurale droite; vaste abcès constitué par un pus granuleux caséeux avoisinant une carie de la face interne de la troisième côte, au niveau de son angle antérieur. Les deux sommets pulmonaires présentent des masses tuberculeuses notables: foyers superficiels d’apoplexie pulmonaire aux bases. Tuméfaction des ganglions bronchiques, Le péricarde est épaissi, dégénéré, avec des ganglions tuberculeux. Les deux feuillets de la séreuse sont adhérents. Symphyse cardiaque totale et complète. Compression des veines caves par
la tumeur ganglionnaire médiastinale.
OBSERVATION XXIX Hattute (1874).
Ulcère luberculeux de l’estomac simulant un ulcère simple ou un cancer.
Homme, quarante-sept ans, se plaignant de vomissements alimentaires depuis environ huit ans, a eu les fièvres intermittentes et une attaque de rhumatisme. Le malade, très épuisé, éprouve à chaque repas des douleurs vives et lancinantes au creux épigastrique : son estomac se ballonne et, bientôt après, dix à vingt minutes, plus rarement au bout d'une heure, les aliments sont brusquement expulsés en laissant dans le pharynx et dans la bouche une saveur acide très prononcée. Tous les aliments sont également mal supportés, les liquides même en petite quantité sont vomis presque immédiatement après leur introduction dans l'estomac.
Au toucher de la région épigastrique, la douleur s'exaspère et se localise vers l’hypocondre droit au niveau du bord externe du muscle droit de l'abdomen. Tympanisme exagéré empêchant la délimitation du foie qui semble très petit.
Pas de teinte jaune paille, pas de point douloureux xiphoïdien, pas de douleur en broche, pas de vomissements bilieux. On s'arrête au diagnostic de dyspepsie, résumant les symptômes et ne préjugeant rien.
Au bout de quelque temps, amélioration passagère, aliments mieux supportés, vomissements moins fréquents, douleurs moins violentes.
Bientôt l’état s'aggrave: œdème des membres inférieurs, météorisme abdominal, vomissements et melœna. Fièvre peu intense, continue ; mort trois semaines après l'entrée à l'hôpital.
Aultopsie. — Granulations miliaires et masses tuberculeuses disséminées tant sur les feuillets viscéraux que sur le feuillet pariétal du péritoine. Grand épiploon ratatiné, farci de granulations.
L'estomac est considérablement dilaté. Il contient une assez grande quantité de liquide noir et visqueux. On sent àtravers les tuniques de l'organe, son orifice pylorique garni d'un anneau dur, presque cartilagineux. La communication entre l'estomac et le duodénum est absolument oblitérée, Le rétrécissement est constitué par un anneau complet de 1 centimètre d'épaisseur. Cet anneau, sur lequel la muqueuse est relevée et détruite par places, est constitué par un amas de granulations ou de :masses identiques à celles trouvées dans la cavité péritonéale : elles sont serrées les unes contre les autres, au sein d'un feutrage de tissu connectif qui leur forme de véritables loges.
Intestin diminué de calibre sans ulcération, ganglions mésentériques et bronchiques infiltrés de matière tuberculeuse à divers stades.
Poumons sains, quelques adhérences pleurales.
L'examen microscopique montre sur certains points de la tumeur pylorique, la muqueuse profondément ulcérée par suite du travail de ramollissement tuberculeux, ce qui avait occasionné, par la destruction des vaisseaux, des hématémèses abondantes.
OBSERVATION XXX Litten (1876)
Ulcus ventriculi tuberculosum.
Homme, trente ans, ayant présenté des symptômes de tuberculose pulmonaire, mais jamais aucun phénomène gastrique douloureux. Mort par cachexie.
Aulopsie. — Ulcérations tuberculeuses du larynx, des bronches; tubercules pulmonaires ; péritoine contenant de nombreux ganglions tuberculeux.
Toute la muqueuse du tube intestinal est intacte. Sur la paroi antérieure de l'estomac, vers la petite courbure, ulcération de la muqueuse ayant une forme elliptique à grand axe dirigé suivant la petite courbure. L'’ulcération est longue de 4 centimètres et large de 3 cm. 3.
Les bords de l’ulcération sont tranchants, ou dentelés, ou enfin creusés et infiltrés de sang. Sur ces bords, sont irrégulierement réparties de petites nodosités grosses comme des têtes d'épingles, gris jaunâtre. Il en existe aussi sur le fond de l’ulcération; ce fond paraît formé par la muscularis.
Au niveau du fond de l’ulcère, ainsi qu'en d’autres points de l'estomac, le péritoine est épaissi, couvert de tubercules miliaires, petits et fort nombreux. Ganglions lymphatiques épigastriques caséeux.
L'Examen microscopique montra dans ces nodosités tous les éléments caractéristiques du tubercule avec cellules géantes.
OBSERVATION XXXI Chiari (1878).
Ueber einen Fall von Perforation des Magens durch luberkülüse Lymphdrüsen.
Homme, quarante-neuf ans, atteint de tuberculose pulmonaire chronique et présentant depuis dix mois des signes d’une
affection stomacale (perte de l'appétit, renvois fréquents, nausées et crampes d'estomac).
Aulopsie. — Tuberculose ulcéreuse chronique étendue des deux poumons ; épanchement pleural double, Tubercules péritonéaux avec ascite légère. Foie gras. Rate assez grosse. Tubercules miliaires dans les reins. Tuberculose intestinale.
Eslomac : Au niveau de la petite courbure, dans la région du cardia, très près de l’œsophage, perte de substance ovale. de 5 centimètres de long sur-3 à 5 centimètres de large. La muqueuse est ulcérée seulement sur une étendue de 2 centimètres.
L'ulcère est continu avec des ganglions caséeux voisins. Communication directe des cavités gastrique et péritonéale, Adhérences de l'estomac avec les masses lymphatiques caséeuses et le pilier du diaphragme. Les bords de l’ulcération sont irréguhièrement dentelés, minant les tissus à 5 nullimeètres de distance ou épaissis et durs. Dans la couche musculaire, autour de l'ulcère, on voit des tubercules miliares.
Au voisinage, perte de substance de même aspect, mais plus petite.
Examen microscopique confirmatif.
OBSERVATION XXXII Th. Anger (1878).
Tubercule de la choroïde s'étant généralisé aux viscères g
de l'abdomen.
Fille, dix-huit ans, sans antécédents tuberculeux personnels ou héréditaires. Variole à dix-sept ans.
Soignée dans le service hospitalier de l'auteur pour unesyphilis récente accompagnée de manifestations secondaires.
A plusieurs reprises, localisations oculaires à marche un peu insolite, ayant néanmoins fait porter le diagnostic d'irido-choroïdite spécifique de l’œil gauche.
Puis apparurent, avec une altération marquée de l’état général,
des symptômes de tuberculisation pulmonaire. Ils s’accentuèrent de plus en plus, s'accampagnant aussi de vomissements, de diarrhée, sans douleurs abdominales ni ballonnement du ventre. On réforma alors le diagnostic oculaire et on admit celui de tuberculose choroïdienne. Bientôt la malade mourut de cachexie et de tuberculose pulmonaire.
Autopsie. — Adhérences pleurales bilatérales étendues. Cavernes et tubercules caséeux nombreux des deux poumons. Pas de tubercules cérébraux ou méningés. Tuberculose étendue choroïdienne de l’œ1l gauche.
Péritoine pariétal criblé de nodules tuberculeux du volume d'un grain de millet à celui d’un noyau de cerise. Pas d’ascite. Adhérences poisseuses unissant les anses intestinales. Foie volumineux, jaunâtre, friable, sans tubercules, non plus que dans la rate qui est grosse et congestionnée. Manifestations tuberculeuses nombreuses du côté des organes génitaux.
L'estomac est assez difficile à isoler, parce qu'il est accolé aux organes voisins et à des masses ganglionnaires tuberculeuses. On remarque à sa surface interne, surtout au niveau de la grande courbure, un piqueté hémorragique et dans le voisinage du pylore, plusieurs ulcérations isolées qui correspondent à des indurations tuberculeuses de sa paroi. Les coupes faites au niveau des tubercules de l'estomac montrent les granulations tuberculeuses ayant envahi toute l'épaisseur des (uniques dont quelques-unes sont déjà ulcérées.
Dans l'iléon, nombreuses petites ulcérations répondant aux nodules tuberculeux péritonéaux.
OBSERVATION XXXIII Klebs (1878).
L'auteur rapporte le cas suivant :
Homme, trente-sept ans, ayant succombé à une tuberculose généralisée,
Autopsie. — Ulcérations tuberculeuses et tubercules miliaires de l'estomac.
Tuberculose pulmonaire, pneumothorax gauche, laryngite bacillaire. Tubercules miliaires du foie, des reins, de la rate.
Ulcérations tuberculeuses du gros intestin.
OBSERVATION XXXIV Duguet (1878).
Homme, trente ans, cachectique et très amaigri, tousse peu. On trouve aux deux sommets une respiration rude avec expiration prolongée; quelques râles sous-crépitants.
Langue blanchâtre, appétit faible, capricieux ; l'anorexie domine, De temps en temps, surviennent des vomissements glaireux ou alimentaires, ne contenant pas de sang. Douleurs épigastriques peu intenses, On remarque une légère bosselure douloureuse à la pression, siégeant entre l'ombilic et l’épine iliaque antéro-supérieure droite,
Cette tumeur est sous-jacente à la paroi abdominale antérieure ; son volume est celui d’un œuf de dinde, sa surface est inégale et rénitente. Elle est mobile et distante de la crête iliaque de deux travers de doigts. Les mouvements communiqués à la tumeur sont très limités, par suite d'adhérences avec les parties voisines ainsi que par la douleur provoquée.
Rien de particulier aux autres organes.
Selles liquides peu abondantes, très fétides. On formule le diagnostic : péritonite circonscrite ayant pour point de départ des lésions tuberculeuses siégeant à l’union du cæcum et de l'intestin grêle.
Au bout de deux mois, accentuation des symptômes gastriques et pulmonaires; fièvre vive. L’abdomen météorisé est douloureux un peu partout; le malade, ne pouvant rien absorber et vomissant sans cesse, meurt épuisé par la fièvre et la diarrhée.
Aulopsie. — Les adhérences de la tumeur sont d'origine tuberculeuse; un peu d’épanchement dans la cavité péritonéale. Ulcérations intestinales tuberculeuses multiples.
L'estomac présente quelques granulations miliaires à sa sur-
face. Après ouverture, on remarque au voisinage de la
te
région pylorique, une ulcération de la muqueuse mesurant environ 1 millimètre de diamètre,
Examen microscopique pratiqué par M. Rémy, interne de M. Duguet : l’ulcération est nettement de nature tuberculeuse ; la muqueuse seule est atteinte; le fond est formé par la couche celluleuse de l'estomac ; les bords par une partie de néoplasme tuberculeux non encore détruit. Les bords sont excavés et la muqueuse se renverse dans l'ulcération.
Les glandes entourant l'ulcération semblent avoir augmenté de volume.
La lésion siège dans le chorion de la muqueuse au-dessous des glandes, dans la couche transparente du tissu lamineux qui est appliqué sur la couche musculaire de la muqueuse et dans la musculeuse elle-même.
Il existe là un noyau tuberculeux dont le centre est détruit, mais sur la périphérie duquel on peut bien reconnaître la disposition propre à toute lésion tuberculeuse.
La périphérie du noyau est formée par l'accumulation d'innombrables éléments nucléaires du tissu lamineux, fusant entre les glandes et le long de quelques vaisseaux de la tunique celluleuse. Le centre du noyau est formé d'éléments mal limités, finement granuleux, groupés en masses confuses, jaunâtres, résistant à l’action du carmin. |
Le foie, la rate et les reins sont un peu congestionnés, sans trace de tubercules.
Les poumons présentent des tubercules miliaires nombreux: au sommet droit, tubercules jaunâtres. Ganglions trachéo-bronchiques tuberculeux.
Cœur et encéphale normaux.
OBSERVATION XXXV Breus (1878).
Homme, vingt et un ans, mort de tuberculose pulmonaire au
mois d'octobre, Quatre mois auparavant, il avait absorbé, dans une tentative de suicide, de la lessive de potasse.
Autopsie, — Lésions de tuberculose chronique des poumons et des ganglions lymphatiques.
Ulcérations de même nature dans les deux intestins; ganglions épigastriques et médiastinaux caséeux; granulations miliaires dans le foie, les reins et la rate.,
La muqueuse de l'estomac, le long de la grande courbure, aux environs du pylore sténosé par une cicatrice étoilée et résistante, présente dans son voisinage des ulcérations, grosses comme des lentilles. Leurs fonds et leurs bords déchiquetés contiennent des tubereules miliaires, dont la constitution microscopique est absolument caractéristique.