‹ Des ulcérations tuberculeuses de l'estomac: étude clinique, expérimentale et anatomo-pathologiqueChapitre 33 sur 95 · OBSERVATION XXXVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXVII

Gille Brechemin, interne des hôpitaux (1879).

Mort rapide par hématémèse. — Ulcération de l'estomac.

Homme, dix-huit ans. Stigmate scrofuleux dans l'enfance. S'est mis à tousser depuis quatre à cinq mois; perte des forces, ce qui l'oblige à entrer dans le service du D' Constantin Paul. Les symptômes relevés dans l'observation témoignent d’une infiltration tuberculeuse étendue aux deux tiers des poumons avec phénomènes généraux correspondant à cet état

L'appareil digestif fonctionne bien, l'appétit est bon. les digestions régulières, pas de vomissements, ni de diarrhées, pas de douleurs à l'épigastre. Brusquement, le malade est pris d'hématémèse ; en très peu de temps il rend 2 à 3 litres de sang rouge et meurt deux heures après.

Aulopsie. — Infiltration tuberculeuse des deux poumons, ramollissement des sommets.

Dans l'estomac, on trouve une ulcération large comme une pièce de 5o centimes, reposant sur un fond induré. Les bords en sont saillants et forment un bourrelet circulaire. A la surface de l’ulcération, on remarque une masse blanchâtre d'aspect caséeux, probablement constituée par un nodule tuberculeux ramolli.

A ce niveau, le péritoine est épaissi et renforcé par des néo-

membranes vasculaires. Le reste de l'estomac est sain, on n'y rencontre ni tubercules, ni ulcérations.

Pas de lésions dans l'intestin grêle ou le gros intestin,

Examen microscopique pratiqué par M. Sabourin, Les bords et le fond de l’ulcération sont remplis de granulations tuberculeuses serrées les unes contre les autres. Quelques-unes surtout, au voisinage de l'ulcération, étaient en dégénérescence caséeuse. Les granulations étaient-surtout nombreuses dans la partie profonde du derme, au niveau des culs de-sac glandulaires,

OBSERVATION XXXVII Quénu (1879).

Troubles gastriques de la tuberculose.)

M. Quénu a observé dans le service de M. le professeur Richet un Cas d'ulcère tuberculeux de l'estomac. Nous ne possédons pas d’autres détails sur cette observation.

OBSERVATION XXXIX (Barth (1880). Observation III de sa thèse.

Homme, vingt-huit ans, phüsique, ne présentant que de la diarrhée.

Aulopsie.— L'estomac paraissant sain au premier abord, montre sur sa muqueuse de petites saillies d'un blanc grisâtre, disséminées principalement vers la grande courbure, Elles sont constituées par des granulations tuberculeuses ainsi que le prouve l'examen microscopique,

Ulcérations tuberculeuses intestinales.

Ulcérations de même nature dans le pharynx.

OBSERVATIONS XL et XLI Gerhardt (1880).

Dans son traité, l’auteur cite deux cas d'ulcérations tuberculeuses de l'estomac qui se sont produites chez deux fillettes de

neuf et douze ans, atteintes de tuberculose pulmonaire chronique avancée, Dans le premier cas, les ulcérations coïncidaient avec de Ja

tuberculose intestinale; dans le second, avec de la dilatation stomacale. La muqueuse de l'estomac très rouge et amincie présen-

tait çà et là des érosions. Dans la région pylorique existaient deux pertes de substance longues de 3 ou 4 centimètres, étroites, perpendiculaires à l’axe longitudinal de l'estomac, à bords surélevés, infiltrés ; au fond, se voyait la muscularis mucosæ sanguinolente.

Ulcérations tuberculeuses nombreuses dans l'intestin avec ganglions mésentériques caséeux.

OBSERVATION XLII Kundrat (1880).

Fille, vingt mois, présentant des phénomènes pulmonaires, de la diarrhée ; morte de cachexie.

Autopsie. — Ulcérations tuberculeuses de l'intestin, tuberculose miliaire des poumons.

Eslomac : Au voisinage du pylore, sur une petite éminence de la grosseur d'un pois, on trouve une petite perte de substance de la muqueuse. À son pourtour, tubercules miliaires et infiltration caséeuse interglandulaire.

OBSERVATION XLIII Kundrat (1880).

Garçon, cinq ans, pas de phénomènes antérieurs, succombe à une hématémèse abondante.

Aulopsie. — Augmentation de volume des ganglions mésentériques. L’esfomac est rempli de sang liquide ou coagulé. Au pylore, perte de substance de la grosseur d'une graine de moutarde. Cette ulcération de la muqueuse a des bords en remparts, ulcérés, présentant des tubercules miliaires. Au fond de l’ulcère, se trouve un vaisseau entamé.

OBSERVATION XLIV Gaillard (1880).

Tuberculose miliaire simulant au début la fièvre typhoide. — Adénites suppurées multiples. — Perforations stomacales et gastrorragies., — Ulcéralions intestinales sans caractères pathognomoniques.

Garçon, seize ans. Entré dans le service de M. le professeur Hayem. Peu robuste, lordose de la colonne, stigmates scrofuleux, goitre léger.

Bronchites fréquentes durant l'hiver.

Il présente des symptômes généraux avec température élevée depuis quinze jours environ ; deux épistaxis abondantes, diarrhée légère, ventre sensible, un peu ballonné.

Râles de bronchite diffuse dans les deux poumons, prédominants aux bases.

Pas de symptômes cardiaques ni nerveux.

Devant ce complexus symptomatique, on diagnostique : fièvre typhoïde.

Après la persistance pendant un mois de ces symptômes généraux et quelques poussées ganglionnaires cervicales douloureuses et violentes, le malade succombe doucement après avoir eu une syncope.

Autopsie. — Péritonite sèche, généralisée, Fausses membranes déjà anciennes, unissant le foie au diaphragme, au côlon transverse et à l'estomac.

Estomac : Distendu, soudé au côlon et à la rate; on ne peut le dégager des nombreuses adhérences qui fixent surtout sa paroi postérieure ; aussi l'incise-t-on le long de sa grande courbure, L'incision donne issue à une bouillie noirâtre, abondante, ressemblant à du marc de café, contenant des caillots sanguins assez volumineux. Le sang provient d'une quadruple perforation stomacale, siégeant à la petite courbure, constituée par quatre orifices arrondis, larges comme un pois, une pièce de 50 centimes ou de 1 franc, et qui font communiquer le viscère avec

une cavité creusée dans une masse ganglionnaire abcédée. La muqueuse stomacale autour des perforations est brunâtre, ramollie. La même bouillie se retrouve dans les anses supérieures de l'intestin; plus bas, elle est plus fluide et plus noire.

Tous les ganglions de l'abdomen sont hypertrophiés; les uns à contenu solide, les autres caséeux à leur centre. Mais la masse ganglionnaire la plus considérable existe en avant de la colonne vertébrale; elle est formée par deux séries de glandes de chaque côté de l’aorte abdominale.

La masse qui adhère à la petite courbure de l'estomac est continue avec celle-là ; elle est en rapport avec le bord supérieur du pancréas, qui paraît aussi augmenté de volume et enflammé.

Il est difficile de dire à quelle artère est due l'hémorragie, mais c'est probablement la coronaire stomachique qui l’a fournie.

La perforation de la paroi stomacale parait avoir eu lieu de dehors en dedans, consécutivement au ramollissement des ganglions, car on retrouve au voisinage un point où la couche péritonéale est seule ulcérée.

Intestin : Dans son dernier tiers, plaques de Peyer légèrement tuméfiées, mais sans traces de cicatrices. Il y a quatre ulcérations dans l'intestin grêle, de 1/2 centimètre de diamètre, ovoïdes, cratériformes, à bords un peu saillants, sans dépression profonde à leur centre. Ulcération analogue dans l'extrémité inférieure du cæcum. Ces ulcéralions ne présentent au microscope aucun élément tuberculeux caractéristique.

Pas de tubercules à la surface externe de l'intestin.

Foie de volume normal, ferme; au centre des lobules, de petits points jaunes entourés de tissu rosé.

Rate petite, présentant des tubercules Jaunâtres isolés, quelques-uns déjà ramollis. Reins anémiés.

Poumon gauche adhère à la plèvre qui présente des tubercules isolés, Il est farci de tubercules gris, nombreux, surtout dans le lobe supérieur.

Poumon droit présente des granulations miliaires.

Ganglions trachéo-bronchiques volumineux, ramollis,

Cœur décoloré, gris rosé, péricarde avec quelques plaques laiteuses.

Au cou, foyer purulent étendu le long du sterno-mastoïdien de la base du crâne à la région sus-claviculaire.

Ganglions abcédés volumineux entourés d’un tissu conjonctif lardacé.

OBSERVATION XLV Cazin (1881).

Scrofule ganglionnaire. — Hémalémèse. — Mort par périlonite.

Fille, dix ans et six mois, en traitement depuis deux ans dans le service de l’auteur à l'hôpital maritime de Berek-sur-Mer, pour d'énormes adénopathies cervicales abcédées et fistulisées.

L'enfant semblait très améliorée comme état local et général, lorsqu'en juin 1879, elle rejeta par la bouche une petite quantité de sang.

Depuis quelque temps, la malade s'amaigrissait et s’alanguissait, quand, le g décembre, elle vomit brusquement un demiverre de sang pur environ.

Le lendemain débutait un érysipèle de la face avec fièvre intense. Admise à l’infirmerie, on lui administra,sans prescription médicale, 50 centigrammes d'ipéca.

Le vomitif fut suivi d'une violente hématémèse (500 grammes environ) de sang noir et de selles diarrhéiques noirâtres poisseuses.

L'auteur, écartant le diagnostic d'hématémèse supplémentaire ou due à un ulcus simple, énonça formellement durant la vie celle d'ulcère tuberculeux de l'estomac s’accompagnant d'hématémèse.

Les hémorragies ne se reproduisirent plus, mais l'enfant mourut le 15 décembre des progrès de l’érysipèle et de l’intection générale unis à des symptômes de péritonite.

Aulopsie, — Poumons: Congestion générale avec quelques tubercules crétacés qui se retrouvent dans les ganglions bronchiques hypertrophiés. Adhérences de la pointe du cœur avec le péricarde.

Ascite séro-purulente, louche. Pas d’ulcérations, ni de granulations dans l'intestin grêle. Plaques de Peyer normales.

Pas d’altérations bien manifestes du foie, de la rate, des reins.

Estomac : Considérablement dilaté par des gaz et des

liquides ; il en sort des matières alimentaires, roussâtres, sans

caillots. Toute la muqueuse de la grande courbure et de la petite

tubérosité est rouge, manifestement injectée, mais c'est vers la petite courbure et vers l'orifice cardiaque que l’on rencontre les lésions les plus profondes et les plus caractéristiques.

En ce point est une ulcération presque circulaire, du diamètre d'une pièce de 20 centimes, située sur la face postérieure de l'estomac, près de la petite courbure, à 3 centimètres à gauche du cardia; bords un peu déchiquetés et décollés de 2 à 3 mullimètres environ; zone de congestion intense environnante. Le fond, gris rougeâtre, est constitué par le tissu conjonctif sousmuqueux au milieu duquel apparaissent quelques fibres musculaires. Sur ce fond, on voit quatre petits corps arrondis d'un blanc jaunâtre qu'on reconnaît être des tubercules. Ces masses tuberculeuses ont subi, pour la plupart, la caséification; dans quelques-unes on peut voir des cellules géantes.

Un peu au-dessus de cette ulcération existe un ramollissement pulpeux rouge foncé de la muqueuse, recouvrant des granulations analogues aux précédentes, mais moins caséeuses, Dans toute cette région stomacale, on voit une quarantaine de granulations moins avancées en âge, sans altération de la muqueuse à leur niveau.

Enfin, à gauche, vers la grosse tubérosité, on constate sous la muqueuse deux épanchements sanguins peu étendus, sans dépôt tuberculeux.

Pas d’altérations de la surface péritonéale de l'estomac.

Dans l'épiploon gastro-hépatique, un tubercule du volume d’un pois. Ganglions lymphatiques prévertébraux caséeux, ganglions mésentériques sains.

Toutes les lésions décrites plus haut sont figurées sur un dessin joint au mémoire de l'auteur.

PÉSDENENNC XLVI Eppinger (1881).

Homme, trente ans, ayant présenté des signes d'emphysème avec dilatation du cœur droit ainsi que des douleurs gastriques et de la diarrhée, Mort de phtisie pulmonaire.

Autopsie. — Tuberculose du poumon droit; emphysème intercurrent avec cœur droit dilaté ; sclérose du foie, de la rate et des reins s’accompagnant de tuberculose miliaire de ces mêmes organes.

Estomac : Sur la grande courbure, la muqueuse stomacale présente une quantité innombrable de pertes de substance, dont le diamètre varie de celui d'un grain de chènevis à 1 em. 50, Ces ulcérations sont bordées par un bourrelet en forme de rempart surplombant le fond jaunâtre, lisse ou granuleux süivant les endroits examinés. Un grand nombre de granulations grises ou Jaunes sont enchâssées dans la muqueuse où elles déterminent une saillie.

Pas de lésions intestinales.

OBSERVATION XLVII Eppinger (1881).

Homme, cinquante-cinq ans, aliéné, mort d'œdeme pulmonaire.

Aulopsie. — Tuberculose chronique du sommet droit ; tuberculose miliaire du poumon et du foie ; œdème pulmonaire.

Dilatation de l'estomac. En se dirigeant du cardia vers le pylore, le long de la petite courbure, aussi bien sur la paroi antérieure que sur la postérieure, on trouve des pertes de substance en forme de traînées blanchâtres. Ces ulcérations de la muqueuse, grosses comme des pois, ont des bords épaissis et un fond blanc jaunâtre.

En outre, on trouve encore quelques ulcérations isolées, 1rré-

hr

gulières. À un examen plus approfondi, on voit dans l'épaisseur de la muqueuse quelques tubercules miliaires. Les ulcérations pénètrent dans la sous-muqueuse. La muqueuse est épaissie.

Pas de tuberculose intestinale.

OBSERVATION XLVIII Mathieu (1881).

Tuberculose pulmonaire. — Tuberculose du péricarde, du foie, du rein, du testicule, des ganglions lymphatiques du mésentère, — Ulcéralion tuberculeuse de l’estomac.

Homme, cinquante-huit ans, entré dans le service de M. le professeur Proust depuis cinq mois; toux, amaigrissement, perte des forces. À son entrée, fièvre, œdème des jambes, symptômes de tuberculose pulmonaire avancée. Bruits du cœur sourds; urines sans albumine. Diarrhée continuelle; pas de vomissements, Le malade succombe à sa tuberculose pulmonaire.

Autopsie. — Poumons: nombreux foyers caséeux ; péricardite adhésive sans épanchement ; lésions de tuberculose miliaire dans les reins et le foie. Tuméfaction des ganglions mésentériques. Nombreuses ulcérations tuberculeuses de l'intestin.

Eslomac : La muqueuse de l'estomac présente des ulcérations isolées, Ces ulcérations, examinées sur des coupes, sont de nature tuberculeuse.

A la partie superficielle, on trouve un agrégat de granulations arrondies, caséeuses, en voie de destruction et d'élimination.

Plus profondément, au contact de faisceaux musculaires, la nature tuberculeuse de cette infiltration est facilement reconnaissable. Les faisceaux lisses sont dissociés par les masses tuberculeuses ; çà et là, se distinguent des follicules munis de cellules géantes.

Dans la masse elle-même, se rencontrent des débris de fibre musculaire encore faciles à reconnaître. Il n’est plus question des glandes, ni de la couche sous-muqueuse ; leur disparition est

complète. Il est donc impossible de déterminer, d’après la coupe, l’origine première de la lésion, ni où s’est implanté le tubercule,

OBSERVATION XLIX Chwosteck (1882).

D'après Marfan, l’auteur aurait publié un cas d’ulcère tuberculeux de l'estomac que nous n’avons pu nous procurer.

OBSERVATIONS L à LV Frerichs (1882),

L'auteur rapporte six cas, quatre chez des hommes de vingt, vingt-quatre, vingt-neuf et cinquante et un ans, et deux chez des femmes âgées de vingt-sept et quarante-neuf ans.

Tous ces malades n'ont jamais présenté de symptômes cliniques gastriques, mais des signes nets de tuberculose pulmonaire chronique.

Autopsie. — On a trouvé des ulcérations tuberculeuses de l'estomac caractéristiques, de même aspect que celles de l’intestin, Dans un cas, les ulcérations tuberculeuses s'étendaient au duodénum, surtout au voisinage immédiat de la région pylorique. Toujours, 1l y a eu coexistence de tuberculose intestinale et stomacale,

OBSERVATION LVI Frerichs (1882).

Homme, quarante ans, atteint de tuberculose pulmonaire et ayant présenté des symptômes gastriques marqués. Depuis longtemps, perte de l'appétit; plusieurs semaines avant la mort, vomissements incoercibles à chaque tentative d'alimentation. Douleurs spontanées peu intenses, mais devenant très violentes par la pression du creux épigastrique. Insucecès complet de la thérapeutique. Mort causée par cachexie progressive.

Aulopsie. — On trouva une ulcération tuberculeuse à bords tranchants, grosse comme une pièce de 50 pfennig et siégeant

sur la grande courbure au voisinage du pylore. OBSERVATIONS LVII à LIX Frerichs (1882).

Dans trois cas de tuberculose miliaire, l’auteur a constaté les

lésions suivantes :

Premier cas. — Petits tubercules miliaires ayant occasionné des pertes de substance de la muqueuse.

Deuxième cas. — Deux petites ulcérations situées le long de la petite courbure avec formations tuberculeuses arrondies sur leur fond.

Troisième cas. — Ulcérations tuberculeuses étendues et rap-

pelant par leurs bords décollés, leur fond irrégulier et gris, les ulcérations intestinales tuberculeuses classiques. Eruption granuleuse sur la séreuse stomacale. Ulcération analogue dans la première partie du duodénum. Ulcérations tuberculeuses du reste de l'intestin.

OBSERVATION IX Weigert (1884).

Dans un cas de tuberculose miliaire généralisée, l’auteur a trouvé sur la paroi postérieure de l’estomac, au niveau du fond, trois ulcères arrondis, du volume d'une lentille, avec des bords surélevés. Sur leur fond, existaient quelques petits tubercules typiques blanchâtres.

OBSERVATIONS LXI et LXII

Birsch-Hirchfeld (1885).

L'auteur mentionne, dans son livre d'anatomie pathologique, deux cas d'ulcérations tuberculeuses de la paroi stomacale avec

perforation, consécutives à une tuberculose péritonéale primitive.

OBSERVATION LXII Coats (1886).

Petit enfant du sexe masculin, mort cachectique, sans aucun symptôme gastrique.

Autopsie. — Sur la muqueuse gastrique, un grand nombre d'ulcérations granuleuses et superficielles de structure tuberculeuse. Bacilles contenus dans les lésions. Ces ulcères se rapprochaient plus comme aspect des ulcérations tuberculeuses vésicales que de celles de l'intestin.

OBSERVATION LXIV Hanau (1886).

Homme, vingt-huit ans,

Autopsie, le 8 juin 1885.

Pas de renseignements cliniques.

Diagnostic anatomique : Tuberculose légère des deux sommets, ancienne. Tuberculose chronique de l'épididyme droit, des canaux déférents, de la prostate, de l’uretère et des papilles du rein droit. Tuberculose miliaire aiguë généralisée, Ulcères de l'estomac multiples. Dégénérescence parenchymateuse du foie. Grosse rate. Thrombose des veines vésicales.

L'estomac ne contient pas de sang. Les ulcérations ont une forme caractéristique et mesurent jusqu'à 5 millimètres de diamètre. Deux au voisinage de la petite courbure, une au niveau de la grande, les autres sur la paroi antérieure, Dans le duodénum, une zone de la grandeur d'une pièce de 5 francs avec de petites hémorragies.

OBSERVATION LXV Hanau (1886).

lomme, cinquante-cinq ans.

Aulopsie, le 4 février 1886.

Observation clinique manque.

Diagnostic anatomique : Tuberculose chronique de l'épididyme droit, de la vésicule séminale droite, de la prostate, de la vessie, des deux reins. Tuberculose des deux capsules surrénales avec extension aux veines, Poussée de tuberculose miliaire aiguë des poumons (foyer caséeux plus ancien au sommet droit), de la rate, du foie.

Ulcères luberculeux de l'estomac et de tout l'intestin. — Tuberculose du larynx. Abcès tuberculeux dans le deuxième espace intercostal droit. Tuberculose de la synoviale de la tibio-

tarsienne gauche, Hydrocéphalie interne.

OBSERVATION LXVI Hanau (1886).

Fille, seize ans.

Autopsie, le 11 mai 1886,

Pas d'observation clinique.

Diagnostic anatomique : Phtisie par inhalation avec formation de nombreux petits tubercules. Broncho-pneumonie des deux lobes inférieurs et de la partie inférieure des lobes moyens. Ancienne tuberculose des ganglions bronchiques. Tubercules dans une veine pulmonaire. Tuberculose miliaire généralisée. Ulcères ronds de l'estomac multiples, un presque perforé, Thrombose d'une branche de l'artère rénale droite. Infarctus rénaux nombreux,avec formations tuberculeuses très accusées dans la zone limite de l'infaretus,

Protocole de l’autopsie :

…… Æstomac très distendu par un liquide vert noirâtre.

Muqueuse pâle et lisse, Dans tout l'estomac de nombreuses ulcérations arrondies ou en forme de fentes longitudinales, présentant par places quelques escarres pâles, encore adhérentes. Les petites ulcérations, grosses comme une lentille, ne dépassent pas la muqueuse, Sur la petite courbure, une ulcération un peu large et profonde va jusqu'à la muscularis. Au milieu de la paroi antérieure, ulcère, gros comme une pièce de 50 centimes, perforant presque la séreuse, qui cède à la moindre traction. Les ulcères ont des bords tranchants ; le fond est lisse ou infundibuliforme..….

Au microscope, les ulcérations semblaient être des pertes de substance simple sans réaction inflammatoire. Dans les points non encore complètement ulcérés, existaient seulement des traces de nécrose légère. À

Dans deux ulcérations, artérioles obstruées par un thrombus.

Pas de bacilles à leur niveau.

OBSERVATION LXVII Barlow (1887).

Ulcers of Stomach in a child the subject of general luberculosis.

Enfant, vingt et un mois, n'ayant présenté que de la diarrhée et des convulsions; pas de symptômes stomacaux.

Autopsie. — Dans la région antérieure du cardia, le long de la grande courbure, se voient trois ulcères ovales, d’âge indéterminé, La perte de substance s'étend presque jusqu'au péritoine; pas de dépôt évident de masses tuberculeuses ni au fond, ni au voisinage des lésions. £

En outre, il existait deux plus petits ulcères au niveau de la grande courbure et de la zone moyenne de l'estomac au voisinage du pylore.

Sous la muqueuse, à 3 centimètres du pylore, sur la grande courbure, présence d'un tubercule miliaire.

Nombreuses granulations pie-mériennes, choroïdiennes. Tuber-

culose pulmonaire et ganglionnaire. Noyaux tuberculeux dans le

pancréas.

OBSERVATION LXVIII W. Pepper et Crozer Griffitts (1888).

Homme, trente ans, ayant eu une bonne santé jusqu'en 1881. A cette époque, coliques violentes avec fièvre. Après quatre jours de constipation, crises gastriques douloureuses s’accompagnant de pyrosis avec vomissements et tympanisme. Peu à peu, signes de tuberculose pulmonaire au début. En décembre 1886, diminution des symptômes digestifs et aggravation de l'état pulmonaire. Il se produit une pleurésie droite; bacilles dans les crachats. Mort en juin 1887.

Autopsie. — Pyo-pneumothorax droit; cavernes bi-latérales.

L'estomac, à direction verticale, est de forme cylindrique. Il présente trois dilatations irrégulières dues à un ulcère en partie cicatrisé.

Sur la paroi postérieure du duodénum, ulcère creux et irrégulier. L'iléon et le jéjunum présentent de nombreux ulcères d'aspect semblable, nettement tuberculeux.

. Les auteurs se demandent s'il faut regarder l’ulcère stomacal comme primitif, ou comme secondaire à la tuberculose pulmonaire dont il partagerait la nature.

OBSERVATION LXIX Sérafini (1888).

Homme, trente-trois ans, atteint de tuberculose et présentant des symptômes analogues à ceux de l’ulcère rond.

Autopsie. — Dans l'estomac, deux ulcères ronds de 1 centi-. mètre de diamètre et un grand nombre de petites ulcérations folliculaires au niveau du pylore, Sur les bords des ulcères et dans leur intervalle existent de nombreux nodules tuberculeux miliaires, gris ou jaunâtres,

dal —

Microscopiquement, nodules {uberculeux situés dans la sousmuqueuse ainsi qu à diverses profondeurs, jusque sur la muscularis. Quelques tubercules, situés autour des ulcérations folliculaires, ne renferment que de très rares bacilles de Koch.

Nombreux foyers tuberculeux dans les poumons.

OBSERVATION LXX Pitt (1888).

- CŒsophaqus and slomach with numerous ulcers through which caseous glands have burst.

Femme, soixante-sept ans, soignée pour des abcès de la région cervicale. | {

Autopsie. — L'œsophage est perforé en six points différents par des glandes caséeuses,

L'estomac présente plusieurs nodules situés dans le tissu sousmuqueux et contenant du pus. Ces nodules, opaques, ont de 1/20° à 1/6° de pouce. Le long de la petite courbure, près du cardia, existe une petite perforation aboutissant en bas dans un ganglion suppuré, caséeux, adjacent.

Il y a deux nodules tuberculeux sous-muqueux, de 1/10° de

pouce, à l'intérieur du Jéjunum.

OBSERVATION LXXI Hebb G. (1888).

Dans cette observation, que nous n'avons pu nous procurer, l’auteur rapporte avoir trouvé des cellules géantes dans les ulcé-

rations stomacales.

OBSERVATION LXXII Kühl (1889).

Homme, trente-deux ans. Aulopsie faite quarante-huit heures après la mort.

Diagnostic clinique. — Phtisie pulmonaire.

Examen analomo-pathologique. — Tuberculose pulmonaire étendue, chronique et aiguë, avec cavernes. Processus ulcéreux tuberculeux dans les voies respiratoires, dans l'intestin grêle et dans le gros intestin. Ulcère caractéristique de l'estomac. OŒEdème des poumons. Augmentation de volume et caséification des ganglions rétro-péritonéaux et bronchiques.

Préparations microscopiques. — Tubercules ulcérés répandus dans la muqueuse, L'épithélium de la muqueuse n'est détruit que par places. La muqueuse est très épaissie par une infiltration de petites cellules, de sorte que l’on peut à peine reconnaitre les éléments glandulaires ; par contre, on voit en certains points très distinctement les glandes.

La muscularis mucosæ ne se distingue pas partout nettement. La sous-muqueuse est très épaissie par une infiltration de petites cellules. Dans la muqueuse, existe une perte de substance assez grande s'étendant jusqu à la sous-muqueuse; l’ulcère mine endessous. Plusieurs amas de petites cellules rondes dans la muqueuse et la sous-muqueuse.

OBSERVATION LXXIII Kühl (1889).

Femme, soixante et onze ans. Aulopsie, soixante-douze heures après la mort.

Diagnostic clinique. — Cachexie sénile. Bronchite catarrhale.

Aulopsie. — Foyer pneumonique avec dégénérescence purulente et gangreneuse. Tuberculose pulmonaire étendue avec cavernes. Sclérose des ganglions bronchiques et trachéaux avec rétrécissement des bronches. Petit ulcère de l’estomac. — Ulcères tuberculeux de l'intestin grêle. Tuberculose des glandes mésentériques.

Préparalions microscopiques. — Dans la muqueuse de l’estomac existe un ulcère et, dans son voisinage, des tubercules, L'épithélium de la muqueuse, au-dessus de l'ulcère, est détruit

AR

sur une grande surface; il ne reste plus que le fond de nombreuses glandes; leur partie supérieure est détruite. En un point, soulèvement irrégulier de la muqueuse, Dans son épaisseur, espaces alvéolaires dus à l’ectasie des tubes glandulaires.

A côté de ce soulèvement existe une perte de substance allant jusqu’à la muscularis mucosæ et dont les bords sont légèrement décollés. Dans le voisinage, infiltration caractéristique de petites cellules qui s'étend à travers la muscularis et pénètre légèrement dans la sous-muqueuse. Les tubes glandulaires sont très dissociés. Par places, les cellules forment des amas épais dont le centre se colore mal, témoignant par là d'une nécrose débutante.

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