OBSERVATION LXXIV
Enfant de quatre ans, Aulopsie, trente-six heures après la mort.
Diagnostic clinique. — Bronchite capillaire. Scrofulose.
Autopsie. — Tuberculose des poumons. Pleurésie. Bronchite, Tuberculose du foie et des reins. Ulcère luberculeux de l’eslomac. Ulcères tuberculeux de l'intestin grêle et du gros intestin. Tuméfaction et caséification des glandes bronchiques, trachéales, mésentériques et péritonéales.
Examen microscopique. — Dans la muqueuse, un ulcère et plusieurs tubercules. Une grande perte de substance allant jusqu'à la musculaire qui est infiltrée de petites cellules. D'un côté, le bord de l’ulcère mine assez fortement les tissus à la limite de la muqueuse et de la muscularis. La muqueuse est très épaissie par une infiltration de petites cellules qui, en plusieurs endroits, éloignent les tubes glandulaires les uns des autres.
Près du fond de l’ulcère, se trouve un tubercule situé en partie dans la muqueuse et en partie dans la sous-muqueuse, reconnaissable à la couleur grise du tissu, et à des masses à bords indistincts où se trouvent de nombreux noyaux. A la périphérie de ce tubercule, les cellules prennent bien la coloration. On
peut suivre la muscularis à travers le {ubercule. Dans le voisinage, on voit encore un petit tubercule avec dégénérescence
centrale.
OBSERVATION LXXV Kühl (1889).
Homme, soixante dix-sept ans. Autopsie dix-huit heures après la mort.
Diagnostic clinique. — adynamie cardiaque.
Autopsie. —'Tuberculose pulmonaire chronique avec cavernes. Tuberculose miliaire des poumons, de la plèvre, du foie, du larynx.
Ulcères tuberculeux du larynx et des intestins. Hypertrophie et caséification des glandes bronchiques et mésentériques.
Atrophie du cœur et des reins. Nombreux ulcères {uberculeux de l'estomac.
Examen microscopique. — Muqueuse très infiltrée avec ulcères et tubercules. L'épithélium de la muqueuse est en grande partie détruit. On ne voit plus que le fond d'une grande partie des éléments glandulaires. La muqueuse présente une infiltration régulière de petites cellules ; elle est très épaissie. Dans la muqueuse, on voit un tubercule circonscrit qui pénètre jusque dans la sous-muqueuse, Dans le voisinage, toujours dans
la sous-muqueuse, de nombreux petits tubercules.
OBSERVATION LXXVI Kühl (1889).
Homme, quarante-six ans. Autopsie, vingt-quatre heures après
la mort.
Diagnostic. — tuberculose des poumons et du larynx. Aulopsie. — Tuberculose pulmonaire avancée avec cavernes
et induration des lobes supérieurs.
Tuberculose de la plèvre, du foie, dela rate, des reins, de la
glande thyroïde. Ulcères tuberculeux très étendus du larynx et de la trachée. Petits ulcères tuberculeux de l'estomac et de l'œsophage. Ulcères de l'intestin grêle et du gros intestin. Tuberculose des glandes bronchiques et mésentériques et des follicules de l'intestin.
Examen microscopique de l'estomac. — Perte de substance irrégulière de la muqueuse qui contient des tubercules. L'épithélium de la muqueuse est en grande partie détruit ainsi que les éléments glandulaires.
Dans les parties conservées, on voit dans le tissu conjonctif une infiltration de petites cellules. Par place, l'infiltration est si épaisse que l’on ne distingue plus les glandes. Il ÿ a aussi infiltration de petites cellules dans la muscularis et dans la sousmuqueuse.
Là, on trouve plusieurs amas de cellules rondes dont le centre : se colore peu ou même pas du tout ; ce sont les caractères des tubercules caséeux.
Examen microscopique de l'œsophage :
Dans la paroi de l'œsophage ; se voient plusieurs pertes des substance circonscrites atteignant, principalement l'épithélium qui manque dans toute son épaisseur. Le fond de l'ulcère est formé par les glandes dilatées de l’œsophage; dans leur voisinage, infiltration de petites cellules. Par places, on trouve des amas de petites cellules. Un autre petit ulcère présente l'aspect d'un conduit infundibuliforme pénétrant obliquement dans la profondeur. Il serait dû à un conduit excréteur glandulaire modifié.
La paroi de ce cul-de-sac est constituée par un tissu très infiltré de cellules.
Dans les cinq cas précédents, les tentatives de coloration des bacilles tuberculeux n'ont donné aucun résultat. Cela tiendrait probablement à ce que les autopsies ont été faites trop longtemps après la mort. Cette hypothèse semble confirmée par les deux cas suivants, autopsiés rapidement après le décès, et où on a
coloré les bacilles avec succès.
OBSERVATION LXXVII Kühl (1889).
Enfant de neuf mois. Autopsie cinq heures après la mort.
Diagnostic clinique. — Syphilis congénitale.
Autopsie. — Tuberculose miliaire du poumon, du foie, de la rate et des reins.
Tuberculose et caséification de tous les ganglions lymphatiques visibles. Nombreuses ulcérations tuberculeuses dans l'intestin. Deux pelites ulcéralions luberculeuses de l'estomac.
Examen microscopique. — Petit ulcère avec bords soulevés, minés et décollés, avec tubercules. L'épithélium de la muqueuse est bien conservé ainsi que les glandes et leurs conduits excréteurs. Dans la muqueuse existe un petit ulcère dont les bords sont surélevés, épaissis et légèrement minés. Le fond de l’ulcère, ainsi que ses bords, présentent une forte infiltration de petites cellules.
Au sein de cette infitration, amas arrondis ou ovalaires de cellules rondes très serrées les unes contre les autres. Dans le fond de l’ulcère, la muscularis et la sous-muqueuse sont tellement infiltrées de petites cellules que leurs limites ont presque disparu.
Coloration des bacilles. Dans la muqueuse et dans la sousmuqueuse, on trouve de petits tubercules arrondis. Sur les bords d'un grand nombre, on voit quelques bacilles tuberculeux situés entre les petites cellules rondes.
OBSERVATION LXXVII Kühl (1889).
Homme, quarante-trois ans. Autopsie trois heures après la mort.
Diagnostic clinique. — tuberculose pulmonaire et intestinale. Autopsie, — Tuberculose chronique des poumons avec grandes
cavernes au sommet droit. Tuberculose de la trachée, des plèvres, du foie, de Ja rate et des reins. Ulcérations tuberculeuses de la trachée, du larynx, de l'intestin grêle et du gros intestin ; ecchymoses el tubercules de la muqueuse de l'estomac. Caséification des ganglions mésentériques et bronchiques.
Examen microscopique. — Tubercules de la muqueuse. Dans la muqueuse stomacale intacte, on trouve un tubercule sous l’épithélium de la muqueuse. Les glandes et leurs conduits excréteurs sont visibles. Le tubercule siège dans les deux tiers inférieurs de la muqueuse et dans toute la sous-muqueuse. La muscularis traverse le tubercule. Celui-ci est constitué sur ses bords par de petites cellules qui pénètrent plus ou moins les tissus voisins,
A son centre débute la dégénérescence caséeuse.
Coloration des bacilles. On rencontre en tout cinq bacilles
situés, soit à la périphérie du tubercule, soit dans la muqueuse.
OBSERVATIONS LXXIX à LXXXIV Müller (1889).
L'auteur a vu six cas d’ulcérations tuberculeuses de l’estomac. Deux fois, il n'existait que de petites érosions, une fois une érosion de la muqueuse le long de la petite courbure.
Chez une fille de trois ans et demi, morte de méningite tuberculeuse avec pneumonie caséeuse et tuberculose miliaire généralisée, il y avait dans l'estomac, dans la région antérieure, audessus du fond, un gros tubercule caséeux. Ulcérations tuberculeuses dans tout l'intestin. Tubercules miliaires de la rate et des reins.
Chez une fille de onze ans et neuf mois, ayant succombé à la tuberculose intestinale, l'estomac présentait le long de la petite courbure, au voisinage du pylore, un ulcère, à bords lardacés, pouvant être recouvert par une pièce de 20 pfennig.
Ulcérations tuberculeuses de l’iléon et du côlon.
Tubercules caséeux du péritoine. Rate amyloïde. Miliaire du poumon.
Le)
OBSERVATION LXXXV Barbacci (1890).
Une forme rare de tuberculose de l'estomac.
Homme, vingt-deux ans, mort de phtisie pulmonaire sans avoir présenté de symptômes gastriques.
Autopsie. — Adhérences pleurales bilatérales et tuberculose des deux sommets avec emphysème léger, diffus des poumons. Traces de péritonite tuberculeuse.
Reins pâles. Foie assez volumineux avec traces de dégénérescence graisseuse. Périhépatite légère. Rate adhérente aux organes voisins.
Estomac.— Dilatation marquée abaissant la grande courbure au-dessous de l’ombilic. Adhérences nombreuses avec les anses grêles voisines. Muqueuse stomacale ardoisée, recouverte de mucus et présentant quatre grandes ulcérations. La première occupe la demi-circonférence inférieure de l'anneau pylorique ; infundibuliforme, elle s'ouvre dans l'antre pylorique par un orifice ovalaire, irrégulier, à grand axe, mesurant environ 3 cm. 5 et parallèle à la grande courbure de l'estomac. Ses bords saillants, déchiquetés, gris Jaunâtre, sont entourés d’une zone de tissu infiltré surplombant par places le fond de l'ulcère. Ce fond tomenteux, rougeâtre, repose: sur du tissu infiltré et présente des stries et un pointillé jaunâtre. A la partie antérieure, forte adhérence avec une anse intestinale envahie par l'ulcération qui a donc perforé toute la paroi stomacale, sans créer pourtant une fistule véritable. Ganglions pyloriques tuméfiés et caséeux.
La seconde ulcération siège sur la paroi antérieure de l'estomac, à 1 cm. 5 du pylore. Son aspect et ses dimensions la rendent presque identique à la première, Sa cavité conique arrive Jusqu'à une anse intestinale adhérente en cette région.
La troisième ulcération, située sur la paroi antérieure de l'estomac,est distante de 3 centimètres de la précédente, Presque cir-
culaire, son diamètre est de 1 em, 5 environ, ses caractères identiques. La séreuse, épaissie au niveau du fond de cet ulcère, n'a pas été atteinte par le processus.
La quatrième ulcération se voit sur la paroi postérieure de l'estomac, à l'union de la grande courbure et du grand cul-de-sac. Circulaire, d’un diamètre supérieur à 2 centimètres ; ses bords sont épaissis, déchiquetés, jaunâtres.
Elle repose sur un tissu infiltré, sans dépasser les limites de la muqueuse. Le fond, vers son centre, est percé d’un orifice irrégulièrement ovoïde, d'environ 7 millimètres, aboutissant à une cavité dirigée perpendiculairement dans l'épaisseur de la paroi stomacale, n'arrivant pas à la perforation Elle correspond, du côté de la séreuse, à un fort épaississement simulant une nodosité tuberculeuse.
Disséminées sur le reste de la muqueuse gastrique, quatre ou cinq autres ulcérations arrondies du volume d’une lentille, à bords épaissis plus ou moins déchiquetés. En outre, on voit encore sur toute la superficie de la muqueuse, de petites ulcérations grosses comme des têtes d'épingles, circulaires, à bords taillés à pic, infundibuliformes.
Nombreux ganglions lymphatiques, volumineux; quelquesuns caséeux, le. long de la petite courbure. Même altération des ganglions mésentériques.
L'intestin, sauf le duodénum et la première portion du jéjunum présente de nombreuses ulcérations tuberculeuses classiques.
Examen histologique. — Infiltration interglandulaire et sous-muqueuse de petites cellules embryonnaires, rondes.
Au niveau des plus petites ulcérations, infiltration plus considérable, surtout marquée sur les bords où l'on ne voit plus trace d’élément glandulaire. Au voisinage de l’ulcération, infiltration de la muscularis mucosæ. Toutefois, les fibres musculaires sont encore reconnaissables, sauf dans leur portion contiguë au fond de l’ulcère où elles disparaissent complètement.
Dans la sous-muqueuse, outre l'infiltration embryonnaire, on
remarque aussi par places, des îlots de leucocytes,
Mêmes caractères microscopiques au niveau des ulcérations plus étendues, avec cette particularité toutefois que l'infiltration embryonnaire s'étend à la tunique musculaire.
Sur les grosses ulcérations, l'infiltration augmente à mesure qu'on approchedes bords. On voit, par places, des amas arrondis de cellules jeunes, assez bien délimités, reposant sur la muscularis, et plus ou moins caséifiés au centre. Ces nodules sont entourés de vaisseaux gorgés de sang.
Altérations glandulaires de plus en plus marquées vers les bords de l'ulcère. La tunique musculaire de l'estomac constitue le fond de l’ulcération. |
Les petites ulcérations, de la dimension d'une tête d'épingle, sont formées par des pertes de substance ne dépassant presque jamais la muqueuse.
Légère infiltration de cellules rondes sur les bords. Pas de nodules caséeux à ce niveau.
Ces petites ulcérations ne sont probablement pas tuberculeuses.
Maigré l'absence de cellules géantes dans les nodules, toutes les autres ulcérations stomacales décrites sont nettement tuberculeuses. La caséification des ganglions qui recevaient les lymphatiques des régions ulcérées apporte là sa signature.
OBSERVATION LXXXVI Mathieu et Rémond (1890).
Homme, vingt-quatre ans, sans antécédents personnels ni héréditaires. Ce malade, considérablement amaigri, se plaint de vomir depuis trois mois et demi tout ce qu'il mange ; en même temps, vives souffrances au niveau de l'estomac. Les vomissements ont, en général, lieu deux heures après les repas, et quelquefois le matin au réveil. Ils se composent de matières noires, couleur de suie, mélangées, tantôt aux aliments récemment ingérés, tantôt à des fragments qui ont séjourné plusieurs jours dans l'estomac.
Clapotage manifeste sans qu'on trouve de tumeur appréciable.
La limite inférieure de l'estomac semble située à quatre travers ‘ de doigts au-dessous de l'ombilic.
Le malade éprouve fréquemment, dans les mollets et dans les muscles de l’avant-bras, des crampes douloureuses se produisant surtout après les vomissements.
Les autres organes abdominaux sont sains. Au sommet pulmonaire gauche en avant, inspiration rude et expiration saccadée. Au sommet droit, dans la fosse sus-épineuse, quelques craquements disséminés. ;
Le lavage de l'estomac, pratiqué dans un but diagnostique et thérapeutique, ramène environ 2 litres et demi d'un liquide noirâtre, d'odeur infecte, mélangé de sang, de mucus et de débris alimentaires putréfiés. La réaction de ce liquide est alcaline.
On diagnostique un rétrécissement néoplasique du pylore. Traitement : lavages réguliers tous les matins, repas de poudre de viande alcalinisée, régime lacté.
Le malade sort très amélioré au point de vue gastrique après séjour du 2 juin au 25 août.
Il a engraissé, mais il tousse beaucoup et commence à cracher; parfois, sueurs nocturnes.
Second séjour le 18 septembre. L’estomac n'est plus douloureux, ni spontanément, ni après les repas; plus de vomissements. Toux fréquente, expectoration abondante, température atteignant 38°5 à 39 degrés. Amaigrissement considérable.
Le malade succombe aux progrès rapides Be sa tuberculose pulmonaire, le 23 novembre 1890.
Autopsie. — Tuberculose pulmonaire banale ; pas de tuberculose intestinale.
Estomac. — Dilatation marquée ; épaisseur de la paroi nor-. male. La muqueuse, lisse, pâle, est peu injectée. Le pylore, rétréci, laisse passer difficilement l'index.
Au niveau de la valvule pylorique, la muqueuse noirûtre, épaissie, froncée, se soulève de façon à former deux brides, larges de près de 1 centimètre, au-dessous desquelles deux fistules permettent d'arriver au delà de la valvule dans le duodénum. On
La
: introduit facilement une tige de bois du volume d’une allumette dans chacune de ces fistules.
La paroi du pylore est épaissie dans sa totalité.
On trouve, au voisinage, quelques petits ganglions indurés du volume d'un pois à celui d’une noisette, dans lesquels on peut colorer deux bacilles tuberculeux.
La séreuse ne présente ni granulations, ni lymphangite, ni exsudat inflammatoire.
En incisant la muqueuse au niveau des fistules, on constate çà et là quelques granulations.
Au microscope, on trouve dans la profondeur de la muqueuse des foyers limités à leur périphérie par des cellules rondes et présentant à leur centre la dégénérescence caséeuse. Dans un de ces foyers, au point où les cellules rondes font place au tissu sain, on colore trois ou quatre bacilles tuberculeux.
Au niveau des lésions, les glandes gastriques sont manifestement altérées. On trouve des espaces alvéolaires qui ne sont autres que des canaux glandulaires oblitérés, déplacés et devenus kystiques. Au niveau des points qui sont infiltrés de petites cel-. lules, les rapports entre la muqueuse et la muscularis mucosæ sont détruits; d'épais tractus de tissu conjonctif sillonnent, par places, toute l'épaisseur de la paroi. ;
OBSERVATION LXXXVII Sokolowski (1890).
L'auteur rapporte qu'a l'autopsie d'un malade atteint de” tuberculose pulmonaire, il a trouvé un ulcère de l'estomac ayant tous les caractères de l'ulcère rond et dont le fond contient sur la coupe de très nombreux bacilles tuberculeux. Durant la vie, l'hypochlorhydrie, constatée dans le sue gastrique, avait fait diagnostiquer un cancer de l'estomac. |
‘Mi
OBSERVATION LXXXVIII Musser (1890).
Homme de race nègre, quarante-quatre ans, mort de tuberculose pulmonaire,
Aulopsie. — Foyer caséeux au sommet des deux poumons. Tubercules miliaires péritonéaux.
Estomac : Le long dela petite courbure, uleère de 3 centimètres de long sur 1°"5 de large, présentant sur son fond des tubercules miliaires très nets,
La sous-muqueuse et la séreuse sont épaissies et contiennent, au niveau de l’ulcération, des tubereules miliaires visibles sous le péritoine.
Dans les tissus du fond de l’ulcère, on a trouvé des bacilles, mais en petit nombre.