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horizontal. Les artérioles y sont du type terminal de Virchow. De ces réseaux, partent des branches verticales en Ÿ allant à la muqueuse.
Quant aux vaisseaux de la muqueuse, ils se réduisent à des capillaires en ombelles, formant les riches coronæ tubulorum autour des glandes. Ces capillaires sont richement anastomosés sous l’épithélium, assurant ainsi la circulation sanguine de lobule à lobule. Il existe une circulation veineuse analogue.
La description de cette fine circulation gastrique empruntée à M. le professeur Renaut mérite d’être complétée, d'après le même auteur, par des considéralions extrêmement séduisantes basées sur l'expérience, et d’une haute portée pratique au point de vue de la production de l’ulcère stomacal.
Une injection poussée modérément dans les artères de l'estomac remplit incomplètement le système circulatoire. Il en résulte que les parties profondes et superficielles de la membrane muqueuse sont toujours remplies par la masse injectée (ce sont les aires de pleine circulation), alors que les zones répondant à la partie moyenne des tubes glandulaires sont toujours vides dans ces conditions (ce sont les aires de circulation réduite). Dans ces dernières zones, l’auto-digestion par des glandes pepsiques en charge s’effectuera facilement.
Les vaisseaux lymphaliques de la muqueuse stomacale forment un système clos. Ils naissent en constituant un plexus superficiel, sous-épithélial, communiquant par des anastomoses verticales avec le plexus sous-glandulaire. Celui-ci est en relation avec les
formations lÿmphatiques du chorion. Enfin après union avec les plexus sous-muqueux et musculaires, les troncs efférents convergent dans les canaux sousséreux. De là partent des branches qui se rendent à trois groupes ganglionnaires périgastriques et délimitent autant de territoires gastriques. Ce sont les collecteurs de la petite, de la grande courbure et de la grosse tubérosité (Cunée).
Toutes ces données anatomiques seront utilisées lorsque nous discuterons les théories pathogéniques diverses qui ontété proposées.
IT. — Conditions de résistance de la muqueuse gastrique.
À chacun des éléments anatomiques, dont l'ensemble constitue la muqueuse de l'estomac, est dévolu un rôle particulier.
Tous ces rôles concourent à la défense locale et générale de l'organisme.
L'épithélium, considéré en tant que barrière cellulaire, s’oppose à l’altération des tissus délicats sousjacents par les sucs digestifs, et à leur infection par les microbes intrastomacaux. Il protège, aussi et surtout, en tant que barrière élaborant le mucus gastrique.
Que n’a-t-on pas dit sur le mucus de l'estomac ? Le rôle que remplil ce suc alcalin peut être classé sous trois chefs : ac{ion mécanique, lui permettant d’enrober des corps étrangers contondants, ou des débris putrescibles; action protectrice, empêchant grâce à cette sorte de vernis isolant, étendu sur la muqueuse, l'autodigestion de cette membrane; enfin ac{ion antisep-
tique et bactéricide. Le pouvoir bactéricide du mucus nous semble incontestable, malgré son alcalinité très forte. La mucine, son principe essentiel et résultat commun du fonctionnement de toutes les glandes muqueuses, s’est montré, entre nos mains, et celles d’autres expérimentateurs, capable d’atténuer ou de détruire la virulence de microbes très actifs.
Enfin, le rôle important dévolu au mucus gastrique trouve sa preuve dans le fait expérimental suivant. Alors que les agents physiques et chimiques se montrent impuissants à provoquer la formation d’un suc gastrique actif, ils produisent toujours une abondante sécrétion de mucus. On obtient un même effet par le pincement ou la friction de la muqueuse gastrique.
La muscularis mucosæ, par sa contractilité propre, suffit souvent à réparer complètement les traumatismes qui offensent l'intégrité de la couche muqueuse.
Sang et lymphe, ces deux liquides qui circulent abondamment dans la région muqueuse, sont des voies par lesquelles sont jetées à profusion des éléments destructeurs des microbes, mais par où peuvent arriver aussi, nous en aurons la démonstration plus loin, des microbes venant eux-mêmes coloniser ainsi facilement dans l'épaisseur des parois de l'estomac.
Arme à deux tranchants aussi que le suc gastrique, parfois redoutable pour la paroi de l'estomac ellemême (auto-digestion), seulement nuisible d'ordinaire pour les ferments et les microbes ingérés avec les aliments.
Le suc gastrique a une action antiseptique et bactéricide dès longtemps connue. Les travaux divers, com-
mencés, par Spallanzani (1783) continués par Boyer, Colin, Leven, etc., ont d’abord montré que ce rôle antifermentescible si frappant était dû à l'acide chlorhydrique de ce suc.
Avec les progrès de la bactériologie, les expériences se multiphièrent, les conclusions se précisèrent. Les observateurs (Hommel, Koch, Bouchard, Perroncito, Vignal, Abelous, Straus et Würtz, Hamburger, Kurloff, Wagner, Kühn, Bouveret, Coyon, Carrière, etc.) virent tous que le suc gastrique exerçait une action destructive profonde sur les agents microbiens et leurs toxines.
Qu'un trouble de la sécrétion se produise et estomac est livré à l'infection. Les germes se multiplient, s’exaltent, envahissent le tube digestif et l’économie,
Nous renvoyons aux travaux si nombreux parus sur la question si bien résumée dans la thèse de Vauthey.
Plus loin, nous nous bornerons à rappeler les expériences ayant en vue exclusivement le conflit du bacille de Koch avec le suc gastrique.
Pour achever l’esquisse à grands traits des défenses naturelles de l'estomac, faut-il citer encore le vomissement réflexe, etc.? Comme preuve de leur importance, faut-1l rappeler les troubles consécutifs aux gastrites à lhypochlorhydrie, à la dilatation gastrique, mis en relief par M. le professeur Bouchard, le vertige stomacal, la tétanie, les auto-intoxications diverses d’origine gastrique dont les agents «s’élaborent dans l'estomac dilaté, véritable laboratoire de poisons »?
IT, — Flore gastrique Le bacille tuberculeux hôte de l'estomac.
La recherche des diverses espèces microbiennes contenues dans l’estomac a tenté, depuis de longues années, la curiosité des bactériologistes et des cliniciens. Aussi, entreprendre de résumer, dans le peu de lignes que nous pouvons y consacrer 1c1, des travaux aussi variés, serait s’exposer à faire œuvre insuffisante et par conséquent stérile. Nous n'encourrons pas ce reproche.
L’estomac est incontestablement exposé à être contaminé avec facilité. La rapidité avec laquelle sa virginité microbienne disparaît après la naissance en est le témoignage. Tout concourt à ce résultat, les ingesta solides et liquides, l’air extérieur dégluti avec ces dermers ou avec la salive, la température du milieu etc., etc. À ces tentalives si multiples d’envahissement microbien, le suc gastrique s'oppose avec efficacité. Si,quantitativement, le nombre des bactéries est encore relativement très élevé (50.000 par milligramme de chyme, Gilbert et Dominici), les espèces rencontrées sont peu variées. Elles comprennent trente à quarante échantillons. tant levures que sarcines, champignons filamenteux, spirilles, cocci, bacilles (lactique, amylobacter, megaterium, subtilis, etc.) qui ont été rencontrés assez constamment dans les recherches de Miller, Bary, Duclaux, Vignal, Raczinsky, Abelous, Capitan et Moreau, Kaufmann, Coyon, etc. La plupart de ces
microbes sont des saprophytes dépourvus de tout pouvoir pathogène.
Existe-t-1l donc dans l'estomac des microbes pathogènes ? Nous n'aurons en vue ici que le bacille de Koch.
Dans nos nombreuses lectures sur ce sujet, nous n'avons jamais vu mentionner le bacille {uberculeux comme hôte possible de l'estomac del’homme.Ilest pourtant de toute évidence que ce bacille doit y exister assez souvent. En dehors dela déglutition de crachats bacillifères, de cette auto-infection du phtisique, le bacille de Koch peut être ingéré avec la viande des animaux tuberculeux, avec leur lait, parfois avec le beurre, grâce aux objets souillés par le bacille et pouvant être portés à la bouche, avec les mucosités nasales qui parfois descendent dans l'arrière-bouche (expériences de I. Straus), etc., etc.
Rien ne permet de douter de la fréquence, probablement assez grande, avec laquelle le bacille de Koch habite l’ampoule gastrique. Pourtant 1l a échappé à tous les observateurs.
On peut en deviner la cause. Le bacille de la tuberculose est beaucoup plus difficile à colorer que les autres microbes, hôtes ordinaires de l'estomac. Il faut donc employer une méthode spéciale de coloration et peut-être tenir compte du fait, signalé par quelques-uns, de la diminution de l’affinité du bacille pour les matières colorantes, quand il a subi le contact du suc gastrique.
Puis on ne peut être sûr de la présence réelle ou de l'absence de ce microbe dans un contenu stomacal, for-
cément très dilué, lorsqu'on le cherche au microscope. S'il n'y a, dans le contenu, qu'un petit nombre de bacilles de Koch, les conditions sont identiques à celles qu’on rencontre lors de l'examen d’un liquide pleurétique ou d’une ascite tuberculeuse, par exemple. L'examen microscopique du liquide est insuffisant à révéler l'existence du bacille, mise seulement en évidence après l'inoculation au cobaye. Or, jamais nous n'avons vu employer ce mode de diagnostic bactériologique per vivo dans l’étude des microbes de l'estomac. C’est donc là une première raison, tenant à la nature de l'agent microbien.
La seconde résulte de la difficulté et de la lenteur de la culture du bacille. La culture a été couramment employée pour diagnostiquer et pour faciliter l’observation des microbes de l'estomac. Mais les milieux spéciaux (agar glycérinée, sérum humain gélosé, sang gélosé, etc.), propres au développement du bacille de Koch, ne sont pas d’un usage courant et, partant, n’ont pas été utilisés. Et même les eût-on employés, n'est-il pas légitime de craindre que la vitalité du bacille, déjà si longue à se manifester dans les cas ordinaires, ne soit encore amoindrie par l’action du suc gastrique auquel il a été exposé.
Enfin, s’il avait poussé, ses colonies auraient disparu sous les colonies des microbes ordinaires, beaucoup
plus hâtifs.
Voici donc, sommairement étudiées, les conditions multiples anatomiques ou fonctionnelles que l’estomac oppose à l'infection microbienne. Les barrières dres-
sées devant le bacille tuberculeux peuvent sembler infranchissables, à moins qu'un concours de circonstances cliniques propres au phüsique ne viennent en altérer la solidité. Il était néanmoins indispensable de rappeler que l'estomac est non seulement un organe digestif, mais encore un organe de protection pour tout l'organisme.