‹ Des ulcérations tuberculeuses de l'estomac: étude clinique, expérimentale et anatomo-pathologiqueChapitre 73 sur 95 · ARS · texte numérisé non relu

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tèle d'une grosse épingle de verre, Cette perte de substance est mamelonnée, irrégulièrement éloilée. Elle ressemble à une étoile à cinq branches dont chacune serail séparée de sa voisine par une sorte de petit mamelon, formé par la muqueuse,

On ne voit pas de tubercules au niveau de la lésion, non plus que sur la muqueuse ou la séreuse, Au fond de la perte de substance, se remarque également un caillot noirâtre adhérent. L'intestin grèle, rempli de melæna, présente sur toute sa longueur d'innombrables" ulcérations de moyenne dimension, peu profondes, irrégulières, à bords légèrement épaissis, à direction le plus souvent longitudinale. Ces ulcérations sont visibles sur la face péritonéale.

Le péritoine intestinal est criblé de granulations miliaires,.

Vers la partie terminale de l’iléon, existent quelques uleérations plus profondes. A leur voisinage, on recueille un fragment de la paroi intestinale pour en pratiquer l'examen histologique.

La région cæcale est très malade {congestion intense, nombreuses petites ulcérations), |

Le gros intestin est uniquement congestionné.

EXAMEN MICROSCOPIQUE

I. Grand ulcère duodénal (voir fig. 3). Cette pièce a élé coupée en série de sa périphérie jusqu’à son centre.

Les premières coupes qui l’intéressent montrent que l'ulcère a miné les tissus, car, tout à fait à sa périphérie, 1l est représenté par une fente lenticulaire, au-dessus de laquelle passe un pont qui contient encore des glandes de Brünner, des glandes de Lieberkühn et l'épithélium cylindrique de surface.

Cette cavité est creusée dans la partie la plus profonde de la couche des glandes de Brünner. Elle est tapissée par une épaisse nappe de cellules épithélioïdes.

En s'avançant vers le centre, la cavité s'agrandit tant aux dépens de la partie profonde de la couche des glandes de Brünner que de la partie la plus interne de la couche musculeuse. On note, de temps à autre, à la périphérie de la grosse couche de cellules épilhélioïdes qui tapissent la cavité,

qu'il y à de peliles arlérioles (hrombosées ; parfois la paroi el notamment la limitante élastique interne de ces artérioles sont bien reconnaissables. D'autres fois, quand l'artériole est comprise dans une nappe en voie de caséification, la parot se distingue mal. Du moins, il reste toujours le bouchon constitué par un caillot de fibrine concrète de couleur marron, légèrement translucide, comme vitreux.

Quand on arrive au point où l'ulcère communique avec la cavité duodénale par une perte de substance ayant entamé la couche des glandes de Lieberkühn et celle des glandes de Brünner, le fond reste encore suffisamment épais, constitué par la musculeuse déjà infiltrée dans ses interstices par des cellules à protoplasma visible. |

in ces points, un lambeau fait saillie et surplombe les deux extrémités de l’ulcération.

A la surface muqueuse de ce lambeau, on voit successivement disparaitre la couche des glandes de Lieberkühn, puis enfin, au bord de la perte de substance, les glandes de Brünner. Ainsi dans le bourgeon flottant au dessus de la cavité et, par suite, constituant les bords de l’ulcération, ne se trouvent plus que les grains glandulaires des glandes de Brünner. La face profonde du lambeau saillant est Lapissée par l'épaisse couche épithélioïde qui revêl toute la cavité. A la surface, on note, malgré la disparition

de la couche des glandes de Lieberkühn, une ligne épithéliale

cubique tendant à s'élaler sur lui et, dans la mesure du possible, à reconstituer l'épithélium manquant. Cette ligne épithéliale s'infléchit même légèrement pour arriver jusqu'au sommet du bourgeon. Elle disparait à son extrémité, au moment où la cavité ulcéreuse commence elle-même.

Dans ce bourgeon ou lambeau qui surplombe la cavité, on avait cru à l'œil nu distinguer des grains Jaunâtres. Or, sur aucune de nos coupes, nous n'avons pu y rencontrer de tubercules, n1 caséifiés, ni autres. Cette apparence semble donc produite par les grains glandulaires de Brünner subsitants, enserrés dans une gangue conjonctive épaisse. i

En continuant à s'avancer vers le centre de l’ulcération, nous

voyons disparaître de nos coupes les lambeaux existant aux deux extrémités; c'est alors un talus qui limite l’ulcération. Cette disposition montre l’ulcération minant les tissus voisins aux deux extrémités seulement de son plus grand diamètre.

Les talus sont constitués en surface par la couche glandulaire de Lieberkühn qui disparaît, par celle des glandes de Brünner qui disparaît aussi, et enfin par les vaisseaux de la musculeuse envahis progressivement par la caséification.

Au niveau du centre, tout à fait au fond, la couche musculaire elle-même manque. Il est des points où une nappe fibreuse représentant la sous-séreuse épaissie supporte en dehors, vers la face péritonéale, une couche de cellules épithélioïdes entourées de dépôts fibrineux.

Vers le fond de l’ulcération, outre les arlérioles thrombosées que l’on peut rencontrer dans toute la série des coupes, on voit les artérioles de la sous-séreuse offrir dans leur lumière des bourgeons d’endartérite végétante.

Dans la musculeuse, assez loin autour de la cavité tuberculeuse vidée que nous venons de parcourir, on trouve aisément de petits amas ovalaires de cellules épithélioïdes, que nous n'avons pas confondus avec les magnifiques ganglions nerveux sympathiques du plexus d’Auerbach.

En somme, après notre étude en série de cette cavité à revètement épais épithélioïde, il ne nous semble pas douteux que nous ayons examiné une nappe tuberculeuse dont le siège primitif était la partie profonde de la couche des glandes de Brünner, Cette nappe a grandi dans tous les sens et perforé la couche des glandes de Brünner, puis celle des glandes de Lieberkühn et s’est vidée, Mais elle creusait aussi dans la direction du péritoine; elle est arrivée jusque dans la sous-séreuse en per forant le muscle intestinal. Elle a même imoculé de {ubercules épithéloïdes récents, non caséeux, la face séreuse elle-même de l'intestin.

On a pu colorer de nombreux bacilles, répartis irrégulièrement au sein des tissus voisins de la lésion.

IT. Petit ulcère duodénal (v. fig. 4). — L'ulcération a fait

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disparaître toute la couche glandulaire de Lieberkühn, toute

celle de Brünner; son fond est constitué par les trousseaux conjonclifs, infiltrés de cellules, de la sous-muqueuse. Dans ce fond, on rencontre des artérioles presque toutes malades. Il y en a, mises à nu, qui contiennent encore un caillot thrombosé de fibrine qui a pris l’aspect hyalin, marron sombre; d'autres, situées plus profondément, présentent une endartérite végétante, ne les ayant pas encore oblitérées.

Les bords de cette ulcération sont en talus. On y retrouve de haut en bas, coupées obliquement, les glandes de Lieberkühn, puis les grains glandulaires de Brünner entourés d’un tissu scléreux richement infiltré de cellules rondes. Parfois, réapparaît au milieu du fond de l’ulcération un petit promontoire saillant où quelques grains glandulaires de Brünner sont restés en place.

Mais un second point, qui a attiré notre attention, est constilué par la présence de tubercules nodulaires élémentaires, de constitution épithélioïde que nous trouvons en pleine couche musculaire circulaire. Nous y voyons aussi des traînées épithélioïdes, la plupart obliques, qui traversent cette couche musculaire et vont jusque dans la sous-muqueuse. Des traînées de même nature existent aussi entre la couche circulaire et la couche longitudinale. Elles ne peuvent certainement pas être confondues avec les îlots de grosses cellules nerveuses des ganglions mésentériques.

Dans sa partie profonde, la couche musculaire longitudinale est aussi fortement altérée. On voit de petites nappes épithélioïdes sé substituer, en les morcelant, aux faisceaux de cette couche musculaire, el souvent ne respecter que la partie tout à fait externe de ces faisceaux circulaires.

En somme, si la lésion ulcéreuse de la muqueuse et des couches glandulaires paraît être surtout sous la dépendance de lésions vasculaires et si elle n’a pas la signature histologique de la tuberculose, dans la musculeuse, au contraire, {ubercules el trainées épithélioïdes sont incontestables.

Il nous a semblé aussi que dans les couches musculaires, les traînées affectaient des trajets répondant assez bien à ceux que

PLancueg III.

Fic. 4 (Exp. IX). — Chien. Coupe verticale d'un petil ulcère duodénalt après injeclion de bacilles de Koch dans la portion thoracique de l'aorte.

1, couche glandulaire très altérée ; 2, fond de l'uicération avec une artériole à demi érodée ayant donné lieu à d’abondantes hémorragies ; 3, couche musculaire contenant quelques tubercules épithélioïdes.

FiG. 5 (Exp. IX). — Chien. Coupe verlicale de la paroi intestinale après injection de bacilles de Koch dans la porlion (horacique de l'aorte (muqueuse, fort grossissement).

1, amas decellules rondes, quelques-unes épithélioïdes, d’autres en voie de caséification, ayant détruit la couche glandulaire; 2, 2, tubes glandulaires normaux avec infiltration intertubulaire ; 3, muscularis mucosæ et

sous-muqueuse.

l'on connaît pour être normalement le propre des vaisseaux de ce muscle.

IT. Parois de l'intestin grêle (fig. 5 et 6). — Sur les coupes

du fragment que nous avons prélevé, nous avons trouvé des tubercules dans toutes les tuniques de l'intestin, Nous en avons vu à toutes les hauteurs de la couche glandulaire. Les uns épithélioïdes, intacts et en place dans la profondeur; les autres, plus superficiels, ont souvent vidé leur centre par un petit cratère.

Dans la sous-muqueuse, sous la muscularis mucosæ, existent des traînées allongées de cellules rondes, présentant çà et là

un ou deux points où les cellules prennent un protoplasma

abondant rose et comme pulvérulent,

Dans la couche circulaire de la musculeuse, on peut quelquefois, dans un même champ du microscope, rencontrer deux et trois tubercules épithélioïdes qui interrompent sa continuité.

Pour la couche longitudinale c'est, comme dans le duodénum, sa partie la plus profonde qui est le plus envahie par des nappes épithélioïdes qui l’amincissent parfois jusqu’à ne plus être séparée de la sous-séreuse que par un ou deux faisceaux musculaires très grêles, j

IV. Ganglion lymphatique pylorique. — Ce ganglion, dans une de ses moiliés, présente des tubercules et des trainées à centres caséifiés indubitables. Bacilles dans les coupes.

Injection intra-aorlique.

Expérience X. — [Lapin noir, poitrail blanc, pesant 3 kg. 5oo grammes.

1% septembre 1902.— Après éthérisation de l'animal et fixation sur la table d'opération, on met à nu l'artère fémorale ; on introduit alors dans le vaisseau, en prenant toutes les précautions nécessaires pour empêcher la projection du sang, une sonde en gomme assez fine et remplie au préalable d'eau salée à 7 pour 1000. La sonde pénètre facilement et on s'arrête lorsqu'on croit, d'après les repères, être parvenu dans la portion thoracique de l’aorte. On injecte alors, par cette sonde, à centimètres

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