‹ Des ulcérations tuberculeuses de l'estomac: étude clinique, expérimentale et anatomo-pathologiqueChapitre 80 sur 95 · HU · texte numérisé non relu

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Il faut remarquer que, dans un premier groupe (Exp. XII à XXV) où l'inoculalion intrapartétale de tuberculose a été seule pratiquée, on ne note qu'une fois (Exp. XXIV\ des ulcérations de la muqueuse gastrique. Dans tous les autres cas, la lésion s'est bornée à un tubercule caséeux intrapariétal, soulevant la muqueuse, sans en provoquer l’ulcération.

Les tubercules de la paroi gastrique ont toujours paru guidés, dans leur extension, par la direction parallèle des divers plans de la région, les couches musculaires (musculeuse proprement dite et muscularis mucosæ) les enserrant dans des barrières résistantes.

L'envahissement de la muqueuse semble soumis à une marche spéciale remarquable, sur laquelle nous reviendrons plus lard.

La muqueuse gastrique du lapin de l'expérience XXIV offre une destruction si particulière de ses parties conslituantes, que nous avons immédiatement songé à une cause toxique pure, à l'élimination locale possible de toxines luberculeuses sécrétées dans tout l'organisme ou dans les tubercules volumineux sousjacents.

Dans un second groupe, l’inoculation locale, même combinée avec l'ischémie temporaire de la muqueuse s'est révélée incapable de créer une ulcération tuberculeuse de la muqueuse (Exp. XXVI).

Enfin, dans un troisième et dernier groupe (Exp. XXVII à XXX), à l'infection locale dela paroi on a ajouté l'infection générale ou l'intoxication simultanée de l'organisme par injection intra veineuse de bacilles, ou tuberculination du sujet. Ces quatre expériences,

fertiles en résultats, ont porté sur un veau, un lapin el deux chiens.

Un chien (Exp. XXVIIT) luberculisé par la voie veineuse, vingl-trois jours après Pinoculalion intrapariélale gastrique, à présenté au bout d'un mois et demi un uleère [ubereuleux typique de la région pylorique [voir fig. 12 el 13), ainsi que des tubereules miliaires dans Lous les organes. La description histologique de l'ulcéralion gastrique est très instructive. Nous renvoyons le lecteur au protocole de l'expérience. Rappelons seulement 1e1 que cette lésion locale, au même Uire que dans bien d'autres expériences, semble avoir évolué vers l'ulcération, grâce à l'infection générale du sujet el aux lésions d’endartérile consécutives de la paroi stomacale.

Le sujet de l'expérience XXX montre un bel exemple de pseudo-ulcéralion et combien on doit être réservé dans ses affirmalions avant d'avoir pratiqué l'examen microscopique. A l’autopsie, nous croyions èlre en présence d'une ulcéralion aussi typique que celles dont nous venons de parler. Notre étonnement a élé profond, lorsqu'après coloration, et malgré l’aspect macroscopique, nous avons vu sur la coupe la muqueuse s'infléchir et recouvrir les parois de Ja dépression. Cette pseudo-ulcéralion est certainement due à la rétrachion d'un Ussu inflammatoire jonché de tubercules miliaires. Quant aux nombreuses érosions cupuliformes (voir fig. 14 et 16) qui parsèment, dans ce cas, la région pylorique, nous pensons que cette gaslrite ulcéreuse sans lésions vasculaires est due à des lésions Loxiques pures survenues sous l'influence de

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deux fortes injections de tuberculine, faites successivement chez un animal très tuberculeux.

Sarun veau (Exp. XXVII),on a trouvé réalisés, dans la caillette, deux ordres de lésions pariétales. Les unes, (tubereules locaux en voie de ramollissement), dues à notre inoculalion intrapariélale, les autres, très éloionées du point inoculé. Ces dernières sont absolument analogues à celles observées surle veau de l'expérience VII, chez qui elles ont été causées par l'infection sanguine ayant abouti à une tuberculose miliaire rapidement mortelle. Si l'animal avaitsurvécu pluslongtemps, l’ulcération des masses tuberculeuses dues à l’inoculalion locale se serait sûrement produite, ainsi que le présage le curieux envahissement de la muqueuse, si net sur les figures 10 et 11.

Un mot, pour terminer, sur les pseudo-ulcérations de la muqueuse gastrique représentées sur les figures 8 et9. Là encore, on était en droit d'affirmer, ainsi que nous l'avons fait nous-même tout d’abord, l'existence d'ulcérations véritables sur la pièce fraiche. Histologiquement, on constale au contraire l'intégrité de la muqueuse et sa seule diminution de hauteur par ondulalions de ses glandes.

Des apparences trompeuses permetlant de croire à des ulcérations véritables de la muqueuse sont d'une assez grande fréquence, suivant notre maitre, M. Tripier. Mais il est difficile d'interpréter une telle lésion. Nous laisserons ce point dans l'ombre, nous demandant si cette altération est simplement due à une rétraction fortuite des feuillets musculaires (Renaut) de la musculaire muqueuse, insérés sur la portion distale des

"347 bourgeons interglandulaires, ou, si celte rétraction survient sous l'influence de l’inanition.

M. Bimes, professeur à l'École vétérinaire de Touz louse, nous a dit avoir observé ce fait plusieurs fois. Nous bornerons là ces quelques réflexions, devant retrouver plus loin d'autres détails que nous omettons pour l'instant.

En résumé, nous voyons que l'infection directe de la muqueuse par le bacille de la tuberculose a complètement échoué dans nos recherches.

Deux fois seulement, nous avons obtenu des ulcéraions tuberculeuses typiques ; l'infection par la voie sanguine élail alors le seul moyen utilisé dans l'expérience, ou venait renforcer l’action destruclive d’une lésion locale. Toutes les fois que l'infection sanguine pure a été employée, nous avons obtenu des ulcérations gastriques d’origine tuberculeuse sanslésions histologiqueslocales.

L'inoculalion intrapariélale de matière virulente a produit, dans tous les cas,une lésion locale tuberculeuse, le plus souvent caséeuse, qui, sauf une fois, n'ulcérait pas la muqueuse.

En présence de ces résultats négatifs et surtout en se reportant à un certain nombre de cas où le processus ulcératif était imminent ou en voie de production, on peut regretter que les circonstances nous aient contraint à sacrifier prématurément les animaux. Une plus longue survie, accordée aux sujets, aurait peut-être permis d'assister au développementde plusieurs ulcères tuberculeux de l’estomac ou, du moins, aurait mis en évidence le mode de guérison locale du foyer tuberculeux artificiel de la paroi gastrique.

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Nos efforts ont été deux fois pleinement couronnés de succès. La multiplicité des tentatives, la variation el la diversité des facteurs apportés dans les expériences ont, sans doute, été pour beaucoup dans ces résultats. Ces faits sont très importants. Ils prouvent qu'il faut un ensemble de conditions particulières pour réaliser les ulcéralions luberculeuses gastriques proprement dites.

Il. — Remarques anatomo-pathologiques.

À ces réflexions, que nous ont suggérées nos expé-

riences, nous désirons ajouter quelques brèves remar-

ques se rapportantaux exXahlels histologiques que nous

avons pratiqués.

11 semble, 4 priori, qu'un tubercule volumineux siégeant dans la paroi gastrique doive perforer avec une extrème facilité une muqueuse délicate. Or, il n’en est rien, el cette notion n'est pas une des moins intéressantes qui se dégage de notre travail.

Nous avons constalé une seule fois l'ulcère tuberculeux typique de l'estomac, et une fois une lésion absolument identique dans le duodénum. Il est inutile d'insister sur la description histologique de ces lésions : leur ressemblance est complète el parfaite avee les ulcères tuberculeux de l'homme.

Mieux que Loute deseriplion d’ailleurs, la comparaison des figures 1,2 el 12 fixera les idées el justifiera notre affirmation.

Mais, pour que le tubercule,né danslasous-muqueuse, puisse provoquer l’ulcération de la muqueuse, 1l faut

PLancue IX.

F1. 16 (Exp. XXX). — Chien. Coupe verticale de l'ulcération (2) de la figure 14.

1, couche glandulaire de hauteur normale; 2, couche glandulaire dont

la hauteur est diminuée de moitié avec tissu interglandulaire légèrement sclérosé; 3, muscularis mucosæ ; 4, sous-muqueuse.

Fic. 17. — Lapin. Coupe verticale montrant l’envahissement de la muqueuse par un tubercule après une inoculation locale.

On voit les faisceaux de la muscularis mucosæ dissociés par des amas de cellules rondes commençant à envahir les espaces intertubulaires.

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