‹ Des ulcérations tuberculeuses de l'estomac: étude clinique, expérimentale et anatomo-pathologiqueChapitre 81 sur 95 · SAT · texte numérisé non relu

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qu'il franchisse une barrière qui lui demeure longtemps fermée ; nous voulons parler du tissu musculaire. Que ce soit la mince couche de la muscularis mucosæ, ou le muscle moteur gastrique proprement dit, le tubercule ne peut, semble-t-1l, parvenir à entamer ces fibres.

La figure 17 montre nettement, à fort grossissement, la résistance inouïe à se laisser envahir qu’oppose la muscularis mucosæ, Sur cette coupe provenant de la paroi de l'estomac d’un lapin, la sous-muqueuse est le siège d’un tubercule énorme, caséeux, dont la limite vers la muqueuse est formée par la muscularis. Le premier slade de l’envahissement est en voie de réalisation : les faisceaux constitutifs de la musculaire muqueuse se laissent dissocier par des amas de cellules rondes; quelques amas d'avant-garde se montrent à la limite inférieure du chorion muqueux. Plus lard, les faisceaux de la muscularis, complètement enveloppés par la zone extensive de cellules embryonnaires, ne lardent pas à subir des altérations profondes. Ils deviennent granuleux, vitreux, sont détruits par le processus tuberculeux, ou persistent au sein de la masse, sous forme de minces travées fibroïdes, visibles longtemps encore.

La barrière musculaire forcée, survient le stade d'envahissement proprement dit de la muqueuse. Là encore, physionomie particulière du processus. La zone des cellules rondes essaime rapidement entre les tubes glandulaires et peut provoquer une sclérose hâtive et intense de la charpente conjonctive ; ou bien, elle ne progresse que lentement, attaquant les glandes par leur

fond. La zone d'extension prend alors la forme d'une

calotte demi-sphérique, bien visible sur la figure 11. Au sein de cette zone embryonnaire, puis épithélioïde, on peut trouver de ces larges plaques plus où moins granuleuses d'une teinte indécise, jaune rougeâtre, présentant deux ou trois noyaux, premiers vestiges des nombreuses cellules géantes qui peuplent une certaine zone de ces tubercules, On trouve aussi des reliquats de tubes glandulaires plus ou moins altérés, inclus dans la néoformalion spécifique. |

Enfin, si toute la muqueuse est envahie par un tissu devenu caséeux, les glandes se fondent au sein de cette masse sans qu'il soit possible d'en retrouver la moindre trace.

La résistance extrême de la muqueuse à l'extension du foyer tuberculeux est curieuse. Ce foyer ne l’entame qu’au prorata de son agrandissement, mais ni plus ni moins vite que les autres tissus, réputés plus résistants, qui constituent la paroi gastrique. Nous nous sommés demandé si vraiment le milieu dans lequel baignaient les éléments cellulaires de la zone périphérique du tubercule, rendue acide par l'imbibition des sécrétions acides des cellules peptiques, ne s'opposait pas à cette extension. En tout cas, celte résistance de la muqueuse est remarquable.

Souvent les points lymphaliques de la muqueuse sont le siège de lésions tuberculeuses débutantes, Elles leur confèrent un élat tout particulier. D'abord, une hyperplasie manifeste de leurs éléments cellulaires indique que ces amas ont été atteints par l'infection; puis les cellules rondes prennent un noyau

plus volumineux, plus irrégulier, un peu ovale, s'en-

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tourant d’une zone claire d’abord, très mince, plus large ensuite, nettement protoplasmique, donnant une apparence épithéhoïde à l’amas. Plus tard, ces cellules louchissent, deviennent vitreuses, puis granuleuses, se fondent les unes avec les autres, se colorent de façon plus intense, sont plus sombres. Enfin, elles se réduisent en une sorte de masse pulvérulente plus claire, jaunâtre au picro-carmin, rosée à l'éosine-hématéime, indiquant le début de la caséification. Nous avons constaté tous ces stades, el parfois, seulement au niveau de ces amas lymphatiques, à l'exclusion de tout autre signe de tuberculose. On en saisit donc toute la valeur.

Rappelons d'un mot la fréquence des oblitérations vasculaires. La corrélation entre la tuberculose et ces lésions si importantes est certaine.

Dans nos coupes, nous avons été frappé de voir les cellules géantes d'autant plus nombreuses dans les lésions, que les pièces provenaient d’une espèce réputée plus facilement tuberculisable. Aïnsi, le chien ne nous a jamais présenté de cellules géantes; le veau en a été fréquemment porteur ; le lapin a possédé des tubercules entièrement constitués par des cellules géantes, semées à profusion chez le cobaye. Nous signalons le fait sans y insister.

Parfois aussi (Exp. XVI,XXIX), la muqueuse à présenté des sortes de végélalions polypiformes curieuses, constituées par des axes conjoncüfs parfois infiltrés de cellules rondes, autour desquels s'épanouissaient des serbes de tubes glandulaires rayonnants el doublés de longueur. La ressemblance de ces altérations, sises au

voisinage des lésions tuberculeuses de la paroi, avec

les végélations polypiformes de la gastrite terminale des phtisiques (Marfan) mérite d’être rappelée.

Fréquemment, nous avons pu colorer des bacilles de Koch dans les coupes des lésions examinées. Si la présence des microbes est assez constante dans les {issus où existent des lésions histologiques portant la sionalure de la tuberculose, leur absence est la règle dans les cas où nous avons observé des ulcérations d'origine tuberculeuse purement loxique. Ces constalations confirment donc nos idées pathogéniques.

Quant à la répartition des bacilles au sein des lésions, elle nous à paru assez irrégulière : 1ls prédominent tou- Lefois à la périphérie des formations tuberculeuses.

Néanmoins, nous lenons à dire que l'absence de bacilles dans les tissus, qui peut, elle aussi, s’observer assez souvent, ne saurait exclure sans appel l’origine tuberculeuse d'une lésion. reconnue par l'examen histologique.

Nous n'en finirions plus, si nous voulions détailler chaque point particulier de nos observations histologiques ; nous nous proposons de le faire dans des mémoires ultérieurs. En (erminant, nous atüirerons brièvement l'attention sur l'interprétation que, avec notre

maître M. le professeur Paviot, nous avons donnée de certaines allérations de la paroi gastrique ou des ganglions.

Dans ces lésions, parfois simple infiltration de cellules rondes, mais avee une agnunation particulière, nous ne trouvions souvent aucun des éléments réputés spécifiques dans la tuberculose, groupements folliculaires, cellules épithéhoïdes, cellules géantes.

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La leclure de nombreuses coupes de tuberculose animale expérimentale nous ont amené à conclure que ces éléments étaient d’une inconstance incroyable el qu'il était excessif d'attendre leur constatation pour afirmer la bacillose, +

Nous pensons que, si l’on réclamait toujours la signalure histologique spécifique du lubercule elassique, souvent on n'accorderail pas à des lésions de nature tuberculeuse leur véritable signification. Quand, en une région distante autant qu'on le voudra du point examiné, dans un même organe, on relrouve la constitution Lypique du tubercule, nous considérons que toute autre lésion (sclérose, infillraltion de cellules rondes diffuse ou confluente, elc.}, doit être rattachée à la tuberculose. Par exemple, 1l ne viendra pas à l'idée de l’expérimentateur le plus difficile, qui aura réalisé des tubercules dans un organe, de ne pas regarder une endartérite oblitérante comme non tuberculeuse, sous prélexte qu'il n'y observe pas un tubercule, constitué de façon Lypique.et classique.

Nous tenions à faire pressentir, en quelques mots, les raisons des divergences d'interprétations que d’aucuns pourraient nous prêler. Nous montrerons le bien fondé de ces idées dans des mémoires ultérieurs.

Les conclusions histologiques qui suivent l'observaüon CXXIIT de Heine (voir plus haut), recueillie chez l'homme, nous encouragent, par exemple, à persévérer

dans cette voie.

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