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le mode ordinaire. Pourquoi y aurait-il changement dans les qualités de la cicatrisation? On peut, je crois, trancher la question et dire : Un ulcère radicalement guéri aura une cicatrice de tissu modulaire, comme l’appelle Delpech, tout aussi bien qu’une plaie récente ; au contraire , si la cure n’est pas complète , si l’ulcère étant guéri, l’organisation entière est encore dans le même état d’altération, si la partie qui supportait l’ulcère n’est pas revenue à l’état normal , la cicatrice sera mince, peu solide , sans force rétractile, très susceptible de se rompre, surtout si l’on ne prend pas la précaution de la soutenir, et si l’on ne continue point le traitement, s’il y a lieu. Ainsi , une cicatrice qui se formerait surun fond cancéreux, comme l’a vu une fois M. Bérard, ne saurait probablement pas être durable. Maintenant que nous avons admis l’identité de la cicatrisation des ulcères et des plaies, nous ne décrirons pas la théorie de la cicatrisation; parler de l’aspect , de la couleur et des autres propriétés physiques et anatomiques de la cicatrice, ainsi que des effets de sa rétractilité, des brides, des adhérences qu’elle peut occasioner, semblerait un hors-d’œuvre, un empiétement sur l’article des plaies ; nous n’en avons point surchargé notre travail. Cependant, il faut rappeler certaines particularités qui se rattachent à notre sujet et le complètent; quand l’ulcère touche à sa guérison, ses bords pâlissent et se dessèchent de proche en proche, en se recouvrant d’une pellicule blanche , présage certain d’une cicatrisation progressive qui va s’étendre de la circonférence vers le centre. C’est en convergeant ainsi que s’établit ordinairement la membrane modulaire; rarement l’inverse a lieu. En même temps que ce tissu cutané nouveau se forme de toutes pièces, il exerce encore une sorte d’attraction sur le tégument qui est à la circonférence, et le force à recouvrir l’ulcère, de telle sorte que la membrane modulaire n’a pas la même étendue que l’ulcération qu’elle recouvre, et n’en occupe que. la partie centrale; sa présence n’en témoigne
pas moins qu’il y a eu perte de substance, au moins pour les ulcères spontanés. Un fait curieux , c’est de voir parfois les progrès d’une cicatrice dans un temps , puis son arrêt de formation dans un autre , et même dans quelques cas sa destruction entière. Tout ce qui a été fait pour la cicatrisation est alors détruit, tout est à refaire, et on reconnaît là une sorte de lutte entre l’absorption moléculaire et la force de régénération.
A propos de ces arrêts dans la cicatrisation , de ces retours vers l’état ulcéreux, nous devons insister sur la nécessité où se trouve le praticien de faire un traitement complet, de ne pas se négliger dès les premiers pas heureux , enfin de prévenir toutes les causes locales et générales qui peuvent déterminer le retour de l’ulcère. Il obtiendra ce résultat en faisant , après la guérison , observer une hygiène scrupuleuse, afin de sauver au malade ces récidives qui semblent perpétuer l’ulcère chez certaines personnes .