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musculaire, le sommeil est le seul effet visible que semble produire l’uréthane. À ce point de vue donc, nos expériences nous amènent aux conclusions qu’ont déjà formulées d’autres auteurs: l'uréthane est un hypnotique.
»Connaissant les effets physiologiques de l’uréthane, voyons les lésions auxquelles il donne lieu après la mort.
»A l’autopsie des animaux qui ont succombé à l’action toxique de l’uréthane, nous constatons: du côté du système nerveux, congestion passive et active de la pie-mère qui recouvre le cerveau, tantôt à la convexité, tantôt à la base; congestion des méninges qui recouvrent la protubérance et le bulbe ; suffusions sanguines dans les mailles de la pie-mère en différents points du cerveau, congestion du plexus choroïdien ; sur les coupes du cerveau, congestion généralisée de substances grise et blanche, plus marquée à l'arrière et des noyaux à la base.
» Du côté de l’appareil pulmonaire, congestion pouvant s’accompagner de points hémorrhagiques sous la plèvre et dans le parenchyme pulmonaire.
» Du côté du cœur, suffusions péricardiques et endocardiques; sang noir.
»Le foie est congestionné, avec ou sans marbrures extérieures ; il en est de même des reins dans leurs deux substances qui peuvent être enflam mées.
» L’estomac, l'intestin, la rate et le pancréas ne présentent aucune altération.
» En résumé, congestions sanguines avec suffusions ou petites hémorrhagies du côté du cerveau, du poumon, du cœur, du foie, des reins : telles sont les lésions qu’on constate chez les animaux qui ont succombé à l’action de l’uréthane. Cette substance semble donc agir à la manière des poisonsirritants, et des poisons irritants d’une certaine énergie, quoique les injections hypodermiques d’uréthane dissous dans l’eau ne
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nous aient donné que des troubles locaux inflammatoires peu intenses.»
Les précédents auteurs n'avaient pas parlé de l’action antagoniste de l’uréthane et de la strychnine. Dans sa thèse, M. Chansou (1) fournit 13 expériences à l’appui des assertions du professeur Coze, il en conclut que « l’uréthane pris, soit par voie stomacale, soit en injections hypodermiques, supprime les attaques convulsives determinées par la strychnine. Suivant la susceptibilité de l’animal à la strychnine, il faut des doses plus ou moins fortes d’uréthane pour détruire l'effet de son antagoniste.
»L’action paralysante de la stryehinne n’est nullement influencée par l’uréthane ; la plupart des chiens que nous avons expérimentés avaient des troubles parétiques des membres postérieurs plus intenses qu'avec l’une quelconque des deux substances seules.
» Les grenouilles arrivaient beaucoup plus vite à la résolution musculaire. Un autre fait intéressant est le suivant: l’uréthane paraît s’éliminer plus rapidement que la strychnine.
» Le chloral, dans les quelques expériences où nous l'avons comparé à l’uréthane, comme antagoniste de la strychnine, nous à paru bien inférieur à ce point de vue; en outre, il a donné lieu par lui-même à des phénomènes beaucoup plus graves : cela vient certainement de ce que le chloral agit d’abord sur le cerveau et détermine du côté de l’encéphale des troubles graves avant d'étendre son action à la moelle seule influencée par la strychnine.
»Rappelons-le enfin, tandis que l’uréthane et lastrychnine administrés seuls font dilater la pupille, associés 1ls la font au contraire contracter fortement.»
(1) Chansou. Contribution à l’étude des propriétés physiologiques et thérapeuti— ques de l’uréthane. — Thèse de Montpellier, 86, p. 52.
Quant aux actions thérapeutiques de l’uréthane, nous sommes incompétents pour les exposer, et nous renvoyons à l'historique de la question.