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Mathiœ, gr. gr

i.04 DES VARIATIONS DE LA LANGUE

la première satire : S. I, 3, 32, oc Maie laxus In pede calceus hœret ». « Certo » et ses synonymes sont accompagnés du datif, sauf une exception dans les Epîtres : Épi: I, 18, 30, « Desine mecum certare ». « Dîsto » est suivi de a dans les Satires : S. IT, 2, 53, a Sordibus a tenui victu distabit »• Mais ailleurs il est suivi du datif, sauf un cas : 0, III, 19, 1, « Quantum distat ab Inac'ho Codrus » . Il n'y a pas d'exception pour les verbes analogues, « discrepo, differo, dissentio, dîssideo », qui ont toujours le datif, même dans les Satires.

En général, les poètes aiment à supprimer les prépositions. Les cas les plus ordinaires sont ceux où le verbe renferme l'idée d'éloignement, de séparation, ou lorsqu'il est composé avec une préposition. Les exemples de ce genre abondent également dans toutes les œuvres d'Horace, Ce que l'on trouve ensuite le plus fréquemment, c'est l'ablatif seul, au lieu de l'ablatif avec m. Ici nous observons une différence notable : les Satires, les Epodes et les Epîtres en présentent fort peu d'exemples, surtout si l'on excepte les passages où l'ablatif pQut être considéré comme absolu ou instrumental ; les Odes, au contraire, en ont un grand nombre :

Cum.prorepserunt primis animalia terris.

(S. I, 3, 39.) Velut silvis....

nie sinistrorsum hic dextrorsum abit.

Magna minorve foro si res certabitur olim.

Militibus promissa Triquetra

Prsedia Cœsar an est Itala tellure daturus?

Opima quodsi prseda curvo littore Porrecta mergos juveris.

(Epo. 10, 21.)

ET DE LA MÉTRIQUE d'hORACE 105

Latet abditus agifo, Ne populum estrema totiens. ezoret arena.

Si potes Archiacis conviva recumbere lectis.

(Epi. 1,5,1,) Et sinistra Labitur ripa.

Stravere ventos eequore fervido Deprœliantes.

Ambiguam tellure nova Salamina futuram.

Pone pie pigris ubi nuUa campis.

Depone tutis auribus.

Sive jactatam religarat udo Littore navim.

Agro qui statuit meo.

Nec quisquam citus seque Tusco denatat alveo.

an, 7, 28.)

Et nostri memorem sepulcro Scalpe querelam.

Lu^it herboso pecus omne campo.

Le datif, pour l'accusatif avec m, ne se rencontre guère que dans le premier livre des Odes; notons qu'il n'est pas toujours possible de discerner, dans ces passages, si l'auteur a employé le datif ou l'ablatif. Les autres recueils n'en ont que trës peu d'exemples : ^

Si quis casus puenim egerit Orco.

Intenninato cum semel fixée cibo Intabuissent pupulse.

(Epo. 5, 39.)

Qui templis Parthorum signa refigit.

(EpL I, 18, 56.)

Certat tergeminis tollere honoribus.

Ponto Unda recumbit.

Tu parum castis inimica mittes

Fulmina lucis.

Nigro compulerit Mercurius gregi.

Et Jovis arcanis Minos admissus.

Quis neget arduis

Pronos relabi posse rivos

Montibus.

Au contraire, le verbe « relabi » est suivi de in avec l'accusatif dans les vers suivants :

Nunc in Aristippi furtim prsecepta pelabor.

(Epi. 1, 1, 18.)

Tune mens et sonus Relapsus atque notus in vultus honor.

(Epo. 17, 18.)

Vertere funeribus triumphos.

Vertere séria ludo.

Au contraire, on trouve « vertere in » dans les passages suivants :

Et mulier peregrina vertit In pulverem.

ET DE LA MÉTRIQUE d'hORACE 107

In faciem verterit hispidam.

Omne Verterat in fumum et cinerem.

(Epi. 1, 15, 39.)

In rabiem cœpit verti jocus.

(Epi. II, 1, 149.)

Aut in avem Procne vertatur, Cadmus in anguem.

Le sens n'est pas le môme dans « Sibi ne vitio quis verteret », S. I, 6, 83 ^

Plus grec est Tusage du datif comme régime d'un passif, Horace, comme tous les poètes, a étendu ce tour à un grand nombre de verbes :

Parentibusque abominatus Annibal.

(Epo. 16, 8.)

Bellaque matribus Detestata.

Seu visa est catulis cerva âdelibus.

Lesbio primum modulate civi.

Tibur Argeo positum colono.

MiM Castœque damnatum Minervse.

Et regnata Cyro Bactra.

1. Cf. 0, I, 28, 10 : « Tartara Panthoiden iterum Orco Demissum >; O. III, 5, 22 : < Retorta tergo bracchia libero > ; 0. III, 23, 1 : « Csel© supinas si tuleris manus ».

Et maribus Curiis et decantjBtta CamilUg.

(Epi. I, 1, 64.)

Quœ scribuntur aquse potoribus.

(Epi. I, 19, 3.)

Quse priscis memorata Catonibus atque Cethegis.

{Epi. II, 2, 117.)

nu sciipta quibus comœdia prisca viris est '.

De môme avec Tablatif, les Odes présentent des suppressions hardies de la préposition, que Ton ne rencontre pas dans les autres ouvrages :

Scriberis Vario fortis et hostium Victor Mseonii carmînis alite.

Ergo aut adulta vitium propagine Allas maritat populos.

(Epo. 2, 9.)

Milesne Crassi conjuge barbara Turpis maritus vixit ».

(0. ni, 5, 5.)

C'est ainsi que le verbe « orior » , que Ton trouve dans les Satires avec ou sans ab^ est toujours dans les Odes suivi directement de Tablatif : S. I, 5, 55, « Ab his

1. Cf. 0. I, 21, 3 : « Latonamque supremo Dilectam penitus Jovi >; 1, 24, 14 : « Auditam moderere arboribus fîdem » ; II, 6, 11 : « Flumen et regnata petam Laconi Rura Phalantho »; II, 13, 13 : « Nunquam homini satis Gautum est in horas »; Epo. 17, 20 : « Amata nantis multum et institoribus »; S. 1, 10, 66 : « Et Grœcis intacti carminîs auctor » ; S. II, 5, 7 : « Aut apotheca procis iutacta est » ; Epi. II, 1, 247 : « Dilecti tibi Virgilius Variusque poetse » ; id., 256 : « Et formîdatam Parthis te principe Romam »; II, 2, 92 : « Cselatumque novem Musis opus »; A. P. 50: « Fingere cinctutis non exaudita Cethegis » ; id., 427 : « Nolito ad versus tibi factos ducere » ; Epo. 16, 32 : « Adulteretur et columba miluo ».

2. On peut toutefois, dans les deux derniers exemples, consiiéTer propa^ gine et conjuge comme des ablatifs de cause.

ET DE LA MÉTRIQUE d'hORACE 109

majoribus orti » ; S. I, 6, 73, « Magnis e centurionibus orti » ; S. I, 6, 10, « NuUis majoribus ortos » ; S. II, 4, 33, « Ostrea Circeis, Miseno oriuntur echini » ; S. II, 6,

5, « Maia nate » ; 0. I, 12, 30, « Orte Saturno » ; 0. III,

6, 33, € Non his juventus orta parentibus » ; IV, 5, 1, a Divis orte bonis ». On peut rapprocher, 0. IV, 4, 29, « Fortes creantur fortibus et bonis » , à moins que le régime ne soit au datif.

L'usage de Tablatif, régime des comparatifs, donne lieu également à quelques observations intéressantes, et niarque une différence sensible entre la syntaxe des Satires et des Epîtres, et celle des œuvres lyriques. Lorsque le premier terme de la comparaison est au nominatif, le second se met à l'ablatif, et notre poète emploie cette construction aussi bien dans les uns que dans les autres de ses ouvrages. Il n'en est pas de même lorsque le premier terme est à un autre cas. Lorsqu'il est à l'accusatif et que le comparatif est un adverbe, le deuxième terme est plusieurs fois à l'ablatif dans les Satires et dans les Epîtres :

Cur tua plus laudes cumeris granaria nos tris ?

(S. I, 1, 53- Ut se Noa unquam servo melius vestiret.

Sed fulgente trahit coustrictos gloria curru Non minus ignotos generosis.

Tanto reprehendi justius illis,

Quœ nisi divitibus nequeunt contihgere mensis?

Alter Mileti textam cane pejus et angue

Yitabit chlamydem.

Spectaret populum ludis attentius ipsis.

(Epi. II, 1, 197.)

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