‹ Des variations de la langue et de la métrique d'Horace dans ses différentsChapitre 50 sur 83 · HO DES VARIATIONS DE LA LANGUE · texte numérisé non relu

HO DES VARIATIONS DE LA LANGUE

La même tournure se retrouve dans les premières odes seulement, et dans le quatrième livre :

Cup olivum Sanguine viperino Cautius yitat.

Quid prius dicam solitis parentis Laudibus ?

Nullam, Vare, sacra vite prius severis '.

Cunctantem spatio longius annuo.

Pejusque leto flagitium timet.

L'ablatif est beaucoup plus rare lorsque la comparaison est indiquée par le verbe : S. II, 8, 79, « Nulles his mallem ludos spectasse » .

Lorsque le comparatif est un adjectif à l'accusatif, le second terme est très souvent à l'ablatif en prose ; il Test quelquefois dans Horace, mais jamais dans les œuvres lyriques, sauf le quatrième livre des Odes et le Chant Séculaire :

Nutnquid Pomponius istis

Audiret leviora»

Ssepe ferentem t^lura qUidem tollenda relinquendist

(S; I, lOi 5L)

Non ridet versus Enni gràvitâte minores i

(S; li 10, 54.)

Corpore majdrèm rides Turbonis in armis Spititum et incessum.

i. Traduction littérale du vers d'Alcée : MY)Sév àXXo çUT£ÛaY)Ç 8év-

ET DE LA MÉTRIQUE d'hORACE H1

Invidia Sîculi non invenere tyranni Majus tormentum.

(Epi. 1, 2, 58.)

Novistine locum potiorem rure beato.

(Epi. I, 10, 14.)

Majores pinnas nido extendisse loqueris.

(Epi. I, 20, 21.)

Possis nihil urbe Roma Visere majus.

(C.S. 11.) Daturus Plura relictis.

Quo nihil majus meliusve terris Fata donavere bonique divi Nec dabunt.

Notons cependant que, dans ces deux derniers exemples, le premier terme est un indéfini, ainsi que dans le vers cité plus haut : « Quid prius dicam ». On trouve aussi Tablatif lorsque le premier terme est à un cas autre que le nominatif ou Taccusatif ; mais rarement, même dans les Satires et les Epîtres :

Cum de se loquitur non ut majore reprensis.

Luôili ritu, nostrum mêlions utroque.

Fane egeo jam.mellitis potiore placentis.

(Epi. I, 10, 11.)

Sic qui pàuperiém veritus potiore metallis libertàte caret.

(Epi. I, lO, 3^.)

Pôntiflcum potiore cenis.

Cënturii potiore signis Munére donàt.

(0. ÎV, 2, l«J:)

Le quatrième livre des Odes présente un cas tout particulier où, par une licence hardie, « quam » est sousentendu devant le second terme à Tablatif :

Milite nam tuo Drusus Genaunos, implacidum geaus, Breunosque veloces et arces Alpibus impositas tremendis Dejecit acer plus vice simplici.

Horace a cru devoir éviter ces formes dans les œuvres lyriques ; il y a évité d'autres tournures encore, où cependant l'influence du grec n'est pas étrangère : Tablatif après aliuSjle datif elliptique après idenij le datif par attraction après liccty Tellipse du sujet de l'ablatif absolu. .11 les jugeait sans doute trop prosaïques pour les introduire dans les Odes. Voici les exemples tirés des Satires et des Epîtres :

« Alius » avec l'ablatif :

Qui species alias veris scelerisque tumultu Permixtas capiet '.

Neve putes alium sapiente bonoque beatum.

(Epi. I, 16, 20.)

Ne quis se prseter Apellem

Pingeret, aut alius Lysippo duceret sera.

(Epi. II, 1, 240.)

Datif hellénique après « idem » et « simile » :

Invitum qui servat, idem facit occidenti.

1. Cependant nous penchons pour la leçon « Qui species alias veri n (Cf. A. Holder).

ET DE LA MÉTRIQUE d'hORACE 113

Et magnis parva mineris Falce recisurum simili te.

Quid simile isti Grsecus Aristippus.

Datif par attraction :

At hic si, Qua res, qua ratio suaderet, quaque modeste Munifico esse licet, vellet bonus atque benignus Esse.

Quid statis? nolint. Atqui licet esse beatis.

lUi Tardo cognomen pingui damus.

Quo tibi, TiUi, Sumere depositum clavum âerique tribuno?

Ac si cui videor non justus, inulto Dicere quod sentit permitto.

Da mihifallere, da justo sanctoque videri.

(Epi. 1, 16, 61.)

Mediocribus esse poetis Non hommes, non di, non concessere columnse ^

Ce sont là des extensions, par analogie, d'un tour fort usité dans la prose classique avec le verbe « licet »• Ellipses dans Tablatif absolu :

!• La construction est différente, 0. I, 31, 17 :

Frui paratis et valldo mihi, Latoe, dones.

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