NuUis polluitur casta domus stupris
à ses moroses amours de vieillard, aux soupirs qu'il adresse à Ligurinus, ou à cette Phyllis qu'il invite à souper pour célébrer Tanniversaire de Mécène, et à chanter pour tuer Tennui : Minuentur atras Carminé curm. Horace, on ne le reconnaît que trop, n'est plus ce qu'il était du temps de Ginara. Mais, ce qu'il a perdu d'un côté, il l'a regagné d'un autre. Son imagination s'est refroidie et desséchée ; mais son goût et son jugement se sont affinés. Si donc il est resté inférieur dans ses dernières œuvres lyriques, peut-être pour avoir obéi à une impulsion étrangère, au contraire il monte, il grandit encore dans ses derniers écrits, où il se retrouve luimôme, et crée la forme qui sied le mieux à sa nature, pour traiter les matières les plus appropriées à son âge, à son caractère, à son génie.
Déjà le premier livre des Epîtres, qui a paru quelques années après les trois premiers livres des Odes, avait offert le produit d'une saison plus avancée. Le poète était revjsnu au genre de composition où le portait un penchant irrésistible, et où il devait conquérir à jamais le premier rang.
Les épîtres sont encore des satires. Si, dans celles-là, les sujets sont plus variés que dans celles-ci, et si la critique y cède le pas au précepte, il n'en est pas moins vrai que ces deux genres d'écrits diffèrent plutôt par la forme que par le fond : dans les Satires, surtout celles du deuxième livre, il ne se contente pas de railler, il enseigne; dans les Epîtres, les leçons qu'il donne sont assaisonnées du sel satirique. Sans doute, la plupart des lettres du premier livre pourraient se résumer par un certain nombre de maximes qu'Horace veut inculquer à ses correspondants : « C'est une vertu que de fuir le vice. Si le vase n'est pas pur, toute liqueur s'y aigrit.
ET DE LA MÉTRIQUE d'hORACE H
Laissez les vaines espérances et la poursuite des richesses. Que chacun se mesure à sa toise. Nous te supporterons, Celsus, comme tu porteras la fortune. Il n'est pas pauvre, celui qui possède le nécessaire » etc.. Mais la dédicace môme n'est-elle pas une satire générale des jugements de la foule? N'est-ce pas delà satire que l'éloge ironique de l'argent ^ le tableau des petites misères de l'ambitieux *, le portrait des parasites •, des bouffons maladroits, des auteurs vaniteux? Les épigrammes personnelles ne tombent-elles pas sur les poèmes lamentables de Pupius, sur les plagiats de Celsus, sur la vanité de Gargilius? Dans les épîtres elles satires, le fond est donc le môme ; mais, par cela seul que l'épître s'adresse à une personne d'un caractère déterminé, le cadre diffère et, par suite, le ton, la couleur, les idées.
Mais surtout, comme l'a dit H. Rigaut, dans les Satires, a soit à cause du genre plus familier et plus libre, soit parce qu'Horace était plus jeune^ quand il les a composées, les idées sont moins bien enchaînées, le plan est moins net, la composition moins régulière ; il semble que, dans les Epîtres, la perfection du talent poétique s'ajoute à la maturité de la raison, et que le progrès de la versification, plus pure, plus élégante, plus soignée, s'accorde avec celui des idées, encore plus justes et plus profondes ».
Les trois épîtres qui constituent le deuxième livre montrent que le talent d'Horace, sur le terrain qui lui est le plus propre, n'a subi aucune défaillance. L'âge de