‹ Des variations de la langue et de la métrique d'Horace dans ses différents ouvragesChapitre 33 sur 87 · Instructior » (Epi · texte numérisé non relu

Instructior » (Epi

2. Le premier de ces participes passifs est employé par Virgile, le second est fréquent chez Virgile et Ovide.

(0. IV, 9, 34) ; « pairuus » employé adjectivement : « Metuentes patruse verbera linguae » (III, 12, 4). C'est ainsi que deux ou trois noms propres sont pris comme adjectifs : flumen Rhenum (A. P. 18), Metaurum flumen (0. IV, 4, 38), et peut-être Mediimqiie flumen (0. II, 9, 21).

Les mots nouveaux , à proprement parler, lorsqu'ils ne sont pas empruntés à une langue étrangère, sont formés des racines anciennes, ou par des désinences nouvelles ou par composition. Horace a use? de ces deux ressources, mais beaucoup plus de la seconde que de la première.

Dans la liste que nous avons donnée, il ne se trouve que trois substantifs abstraits : « vesania » (S. II, 3, 174), « adlapsus », « lenimen ». Encore le premier est-il contestable, puisque plusieurs manuscrits donnent « Extimui, ne vos ageret insania discors ». ce Vesania » pourrait bien être une correction imaginée pour éviter l'ai- ^ longement insolite de la finale dans « ageret » . Quant aux deux autres, ils appartiennent aux premières œuvres : (Epo. I, 20) « Serpentium allapsus timet » ; (0. 1, 32, 13) « Dulce lenimen, mihi cumque salve ». Les mots créés avec ces terminaisons, assez fréquents chez Lucrèce, sont aussi rares chez Virgile que chez Horace, mais il y en a plusieurs chez Ovide, qui use beaucoup plus largement de toutes les ressources de la langue.

Au contraire Horace a créé six substantifs, dérivés de verbes, par ^addition de or au radical du supin ; par* ticularité remarquable, ils appartiennent tous, sauf un, au deuxième livre des Epîtres, et spécialement à VArt poétique : « temptator » (0. III, 4, 71), « plausor » (Epi. II, 2, 130, et A. P. 134), « promissor » (A. P. 138), « provisor » (A. P. i64), « dilalor » (A* P. 172), <c risores X) (A. P. 225).

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Il montre aussi une certaine prédilection pour les adjectifs verbaux en « ilis» et, de même que pour les substantifs verbaux dont nous venons de parler, c'est dans les œuvres les plus parfaites seulement qu'il en a créé. On ne trouve ni dans les Satires, ni dans les Epodes, aucun adjectif nouveau de cette espèce. Dans les autres livres, cinq sont négatifs : «dissociabilis» (O.1, 3,22), « inlacrymabilis»(0. II, 14, 6, et IV, 9, 26), « inmiserabilis <c(0. III, S, 17), a inmersabilis » (Epi. 1,2,22), <c inexcusabilis » (Epi. I, 18, 58); il faut y joindre Tad- ' verbe « insolabiliter » (Epi. I, 14, 8). Deux autres de ces adjectifs ne sont pas composés avec une préposition négative : « domabilis » (0. IV, 14, 41) et « numerabilis » (A. P. 206), Il ne faut pas moins les compter parmi les innovations, quoique les composés « innumerabilis » et « indomabilis » aient existé auparavant ; en français aussi, « innombrable, invincible » existent; « nombrable, vincible » sont encore à créer.

Les adjectifs formés de substantifs avec des terminaisons latines sont rares; on ne peut guère citer que « cinctutus » (A. P. 50), « ulcerosus » (0. I, 25, 15), « beluosus » (0. IV, 14, 47), et « plagosus » (Epi. II, 1, 70). Quelques autres sont terminés en « eus » ou « ous J), à l'imitation du grec : « Lesbous » (0. I, 1, 34), « iambeus » (A. P. 253).

Les poètes du siècle d'Auguste ont renoncé presque entièrement à créer des diminutifs : à peine en trouvet-on un nouveau chez Virgile, tandis qu'on peut en attribuer une vingtaine à Catulle. Dans Horace, nous reii-» controns les substantifs suivants : « parmula, pileolus^ pulvillus, fonticulus, popellus ». Mais il est évident que « parai ula «est un terme technique, et non un véritable diminutif. Comment supposer, en effet, que le poète

ait pu dire : « Avec toi j'ai connu Philippes et la fuite rapide ; j'ai jeté mon petit bouclier » ? De môme « pileolus » (Epi. I, 13, 15 : « Ut cum pileolo soleas conviva tribulis ») est une expression de la langue parlée, qui désigne simplement un bonnet. 11 n'est pas probable non plus qu'Horace ait formé « pulvillus », de « pulvinus », d'autant plus que le mot existait depuis long* temps comme surnom ^ Restent « fonticulus » et « popellus » :

Magno de flumine malim Quam ex hoc fonticulo tantumdem sumere.

Vilia vendentem tunicato scruta popello.

(Epi. I, 7, 66.)

Il n'y a pas de ces créations dans les Odes. Les diminutifs conviennent peu à la poésie lyrique; aussi a-t-on compté que les Satires et les Epîtres en renferment plus de quarante, et les autres œuvres une dizaine au plus.

Les œuvres d'Horace offrent un certain nombre d'adverbes nouveaux : trois terminés en e, « laeve, gelide, sinistre », et tous les trois dans le sens figuré *; cinq en ter : « insolabiliter » (Epi. I, 14, 8), « prodigialiter, potenter, impariter, socialiter » (A. P. 29, 40, 75, 258).

1. Tite-Live (II, 8) parle de M. Horalius Pulvillus, consul suffectus de Sp. Lucretius (245 U. C.)

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