H. Garcke, Q. Horatii carminum, lib. î. Halls
80 DES VAmATIOXS DE LA LANGUE
guère à l'emprunt que lorsqu'il ne peut faire autrement ^ Ainsi ont agi les poètes du siècle d'Auguste, ne voulant plus, comme Lucilius, mêler naïvement le grec et le latin, Canusini more bilinguis. A part les termes entrés dans l'usage et devenus latins, ils ne prennent plus à la Grèce que des noms propres, ou des expressions techniques; Virgile en a une cinquantaine, qui servent tous à désigner des plantes, des animaux, des substances exotiques. Horace, outre quelques noms propres, emploie environ vingt-cinq noms communs que Ton ne rencontre pas avant lui, mais dont aucun, sans doute, n'a été employé par lui pour la première fois ^. En voici la liste :
Dans les Epodes :
Fert vallum et arma miles et spadonibus Servire rugosis potest,
(Epo. 9, 13)
« spado » n'est vraisemblablement pas une importation nouvelle, pas plus que « conopium », employé deux vers plus loin.
Dans le premier livre des Satires :
Hic oculis ego nigra meis collyria lippus.
Te pueri, lasamim portantes œnophorumque.
Ad porri et ciceris refero lagamqi(e catinum.
Nous ne comptons pas le mot « trigonem », au vers 126 de