‹ Des variations de la langue et de la métrique d'Horace dans ses différents ouvragesChapitre 80 sur 87 · IV, 8, IG · texte numérisé non relu

IV, 8, IG

Mutatus, Ligurine, | in faciem verterit hispidam.

Pegasus terreiium | equitem gravatus.

210 DES VAniATIONS DE LA LANGUE

Une particularité notable, c'est que, dans les .trois premiers livres des Odes, presque tous les vers ainsi construits appartiennent à la strophe alcaïque ; au contraire, dans le quatrième livre, les strophes alcaïques n'en présentent aucun exemple : les six cas cités appartiennent tous aux mètres saphique et asclépiade.

Pour compléter ces observations sur la manière dont se comporte la césure dans les différents livres d'Horace, il faut que nous examinions quelle est sa place dans les diverses sortes de vers. Or, nous verrons que presque partout le poète a recherché l'analogie avec le vers hexamètre, où domine la césure semiquinaire ; c'est donc par les Satires et les Epîtres que nous commencerons cet examen.

La césure la plus fréquente de beaucoup est la césure semiquinaire, c'est-à-dire tombant après l'arsis du troisième pied. Elle coupe le vers en deux parties à peu près égales et d'un rythme différent, puisque la deuxième commence par la thésis.

A l'exemple des Grecs, Horace emploie aussi quelquefois la césure féminine après le troisième trochée : il y en a en tout une centaine de cas dans les quatre mille vers environ que renferment les Satires et les Epîtres, c'està-dire beaucoup plus que chez les autres poètes latins* sauf chez Lucrèce qui en a quarante-lrois dans les deux premiers livres. Elle n'existe ailleurs qu'à l'état d'exception : chez Virgile, elle est très rare, puisqu'on

n'en trouve que 58 cas sur 12,903 vers; Perse ne s'en sert qu'une seule fois ; Juvénal lui-même n'en offre que onze exemples^; Tibulle et Lucain n'en ont aucun. Ceux qu'on voit chez Horace sont inégalement répartis : le premier livre des Satires en renferme vingthuit; le second, qui compte cinquante -trois vers dé plus, n'en a que treize ; dans le premier livre des Epîtres, on en trouve quinze; dans le deuxième, Horace paraît s'être rapproché plus complètement de l'usage grec, et avoir accueilli la césure du troisième trochée avec plus de facilité, puisque ce recueil en offre quarante cas, sur lesquels vingt-trois appartiennent à YA7't poétique.

D'autres particularités témoignent encore qu'Horace a usé, par rapport à cette césure, d'une liberté plus grande dans les Epîtres que dans les Satires. En effet, elle est, en général, accompagnée d'une césure masculine au deuxième pied ou quelquefois au quatrième :

In patinam | fecere, | trahentia pulveris atri.

Ilortos egregiasque | domos j raercarier iiniis.

Or, dans le premier livre des Satires, il n'y a que quatre exceptions à cette règle :

Illuc praevertamur : amatorem qiiod amicœ.

Eupolia atque Çratinus Aristophaiiesque poetro.

Esset, qusesivere, quod acer spiritiis ac vis.

Hune iiequô dira veueiia iieé hosticus auferet ensis.

Page 1