‹ Des variations de résistance des hématies et de l'hémoglobine: dans divers états pathologiquesChapitre 39 sur 77 · OBSERVATION XV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XV

1002. (N°27. ste 'garde-forestier:

Médecin adjoint : Dr Maillart.

Assistant interne : Veyrassat.

Diagnostic : Cancer de l'estomac.

Le malade est âgé de 58 ans. Ses parents sont morts tous deux de vieillesse.

[] a trois frères et une sœur bien portants.

Dans les antécédents personnels du malade, on ne relève rien de particulier; ila vécu jusqu’à ry ans à Orsières (Valais), toujours en parfaite santé. Après avoir travaillé quelque temps à la brasserie de Martigny, il vient à Génève en 1866, en qualité de garde-frontière, profession qn'il exerce encore aujourd’hui.

Marié en 1878, il a une fille qui actuellement est anémique. Ayant perdu sa première femme en couches, il se remarie en 1882; il a de ce second lit une fille qui est bien portante actuellement.

Il y a quatre ans, il a eu quelques furoncles sur le ventre, c'est sa seule maladie jusqu'ici.

L'affection actuelle a débuté,en 1901, par des troubles gaswiques ; il ressentit d’abord quelques aigreurs après avoir mangé, puis, presque tous les matins, il vomissait son café dès qu’il l'avait absorbé.

Il est probable que ces symptômes digestifs étaient favorisés sinon provoqués, par des habitudeséthyliques dont le malade, ne se cache pas d’ailleurs.

Il dit qu'il buvait de l’eau-de-vie le matin à jeun, qu'il prenait assez souvent de l’absinthe, er qu’il absorbait quotidiennement une quantité de vin variant de 1 à 2 litres et même plus.

Peu à peu ses malaises augmentèrent de fréquence et d’intensité; depuis quelques jours, il a des douleurs, des crampes, des pesanteurs à l’estomac, il ne peut plus prendre de la viande, il s'anémie et s’affaiblit. Voyant qu'il perd ses forces, il se metà suivre un régime extraordinairement copieux composé d'huile de foie de morue, de larges tartines de beurre, d'œufs, de vin chaud, de café, de bouillon, de bon vin de Saint-Georges; toutes choses qu’il prenait quotidiennement. Mais il n'arrive pas à guérir son anémie et ses douleurs. Il essaye alors toutes sortes de movens, consulte plusieurs médecins dont il suit fidèlement les prescriptions, mais rien n'y fait. Enfin, sur le conseil du Dr Maillart, il se décide à entrer à l'hôpital où il arrive le 8 avril 1902.

C'est un homme roux, chauve, au visage pâle, d'une pâleur jaune clair, sans ictère. Ses joues sont couperosées. Sa peau est lisse, couleur cire, parsemée de taches de rousseur. Ses mains sont pâles. Ses conjonctives et ses lèvres sont décolorées.

Son corps est bien conformé, bien musclé, sans maigreur. fl dit qu'il a maigri cependant de 4 à 5 kilogs, maisiny paraît guère.

Pas de fièvre (3703 à l'entrée). Aucun œdème des jambes

8 Vt

ou des malléoles. Pas de bouffissure des paupières ou du visage. * Le pouls est petit, peu tendu, régulier. [1 bat 80 pulsations par minute.

La pointe du cœur bat dans le 5° espace en dedans de la ligne mamelonnaire. À l’auscultation, on perçoit dans la région apexienne et à la base un souflle systolique, doux, ne se propageant pas vers l'aisselle, plus intense quand Île malade est assis. Le second temps est net, bien frappé.

Le rythme du cœur est normal.

Pas de tachycardie.

Au cou, on entend du souffle carotidien.

. » PIE La On trouve quelques ganglions sous-péritonéaux dans Îa région de l'aine gauche.

Sa langue est blanche. L’appétit est bon. Il dit qu'il a souvent faim et qu'il mange avec plaisir. Cependantil se plaint de douleurs gastriques passagères, survenant au moment de l’ingestion des aliments. Ses selles sont régulières. Pas de diarrhée ou de constipation.

L'abdomen est normal. Il est tendu sans météorisme. Ses parois sont fermes, indolores à la pression. Pas de zone empâtée. Pas de tumeur. Pas de signe de Glénard.

Le système respiratoire ne présente rien de particulier.

De temps en temps, quand il marche ou quand ilse baisse, il a des vertiges. La tête lui tourne. Ce matin comme il marchait dans la salle, il a eu un vertige accompagné de sueurs profuses avec sensation de chaleur. [1 se plaint de sensations de picotements, de démangeaisons localisées au dos, au bras et dans les flancs. Il accuse, en outre, des douleurs lombaires.

Les urines sont claires. Elles ne renferment ni sucre ni albumine-

Examen du sang le G avril 1902.

Nombre des hématies Normale Destruction

°/0 Ge MIE ARRETE 2.697.000 93,9 SONIA PAT ACTE RAM -000 (50,8 2 DR R PE ES ch 1.581.000 31,6 4 DSC PA Re PR 186.000 3, 1 93 Hémoglobine (Bah) ETS ee à 28 0/0 Valeur globulaire.. ....... NE PRE 0.518 Altérabilité de l'hémoglobine.. ........ 9° CODE DRIHES EMEA ae nue au 12.400

A la suite de nos obs?rvations de cancers de l'estomac, nous en publions deux de cancers du sein avec généralisation à la colonne vertébrale.

Noustenons à rapprocher ces deux dernières observatiors des précédentes, pour bien montrer que l'augmentation de résistance observée dans les cancers d2 l'estomac n? se retrouve pas toujours dans les néoplasmes d'autres récions.

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