OBSERVATION XX
1902, n°178. — E..;, Louis, pêcheur.
Médecin adjoint : D' Maillard.
Assistant interne : Dr Lasserre.
Diagnostic clinique : Polyviscéralite. Myocardite rhumatismale.
Le malade est âgé de 41 ans. Son père est mort à 49 ans, de fièvre cérébrale. Mère âgée de 63 ans, bien portante.
Une sœur, âgée de 35 ans, mariée, maladive.
Trois frères, tous bien portants.
Personne!lement, il n'a pas eu de maladie dans son enfance.
A 13 ans, première atteinte fluxionnaire très douloureuse dans plusieurs articulations, accompagnée de fièvre, qui dura
plusieurs mois.
A 19 ans, il va à Paris, en qualité de garçon de café; au bout de quelques mois, il est de nouveau atteint d'une deuxième poussée articulaire très douloureuse aussi, avec fèvre élevée. Il reste, pour cela, six mois à l’Hôtel-Dieu où on le traite par la teinture d'iode loco dolenti et par le salicylate de soude, à l’intérieur, à petites doses.
Deux ans plus tard, troisième atteinte moins longue et moins douloureuse.
Après quatre à cinq ans de séjour à Paris, il rentre en Suisse à pied, faisant quarante et soixante kilomètres par jour, sans fatigue.
Il fait ensuite son service militaire sans un jour de maladie. [1 n'avait pas de douleurs articulaires, mais il était facilement oppressé et se croyait asthmatique.
Habitudes éthyliques (vin, absinthe et liqueurs).
Dès sa jeunesse, il avait une tendance à l'obésité.
En 1885, blennhorragie, suivie de quelques autres poussées peu intenses de gonorrnée.
Trois à quatre ans plus tard, chancre mou ? Soïigné par le D' Oltramare et traité par des cautérisations locales au nitrate d'argent. Rien à l’intérieur.
En 1501, nouvelle atteinte articulaire plus douloureuse encore que les précédentes, accompagnée d’une fièvre élevée et de délire,
C'est depuis cette époque, aue la santé du malade est décidément compromise : Il se sent continuellement fatigué et oppressé; il a une soif permanente, de fréquents frissons. Ces troubles l'empêchent de se livrer à une occupation quelconque.
En septembre 1501,1l est pris tout-à-coup d'une crise de palpitations très violente qui dure deux heures, pendant lesquelles il sent battre ses artères dans tout le corps. Il a en même temps une oppression très intense et une sensation de mort prochaine.
Le > décembre, il se sent plus mal ; la température s'élève, les douleurs articulaires augmentent; trois à quatre jours
après, les douleurs diminuent mais la dyspnée et la faiblesse générale l’obligent de garder le lit. Il entre à l'hôpital où le Dr Audéoud l'envoie avec le diagnostic: Rhumatisme infectieux avec complications cardio-pulmonaires.
Etat actuel (21 décembre 1902). — Homme de petite taille, bien conformé, assez obèse, au nez aplati. Il a une dyspnée violente; il tousse fréquemment d’une toux grasse et fatigante.
Il présente de l’æœdème léger des membres et un peu de cyanose des'lèvres.
Fébriless 3805 "alentréee.
De cœur est tachycardique. Les bruits sont peu nets, voilés. Ce n'est qu'après l'administration de strophantus (15 gouttes chaque jour pendant quatre jours), que l'on arrive à entendre un souffle systolique rude, prédominant au foyer aortique. ;
Le pouls est régulier, assez faible, mou. Dans toute la hauteur du poumon on a des ronchus et des piaulements nombreux. Aux deux bases, râles muqueux, assez fins.
Les urines renferment des traces d’albumine. Pas de sucre. Phosphates 20 °4. Urée 30 °/. Urates nombreux. Urobiline : traces.
Le poignet gauche est un peu douloureux, tuméfié, pas rouge. Le coude droit est douloureux aussi. Rien aux genoux. L’appétit n’est pas diminué. La langue est saburrale. Haleine forte. Constipation depuis quelques jours. L’abdomen est volumineux, sans signe d'ascite.
Le foie er la rate sont difficiles à-examiner à cause’ de l'obésité. Ils ne paraissent pas hypertrophiés.
Pendant quelque temps, ces symptomes diminuent d'intensité, Le malade est un peu amélioré. Mais, vers la fin de janvier, la dyspnée qui était moins forte, devient tout à coup paroxystique, si bien que, le 25 janvier 1902, il faillit asphyxier. Ce jour-là, ses lèvres, ses joues et ses extrémités étaient absolument violettes. Les pupilles puncriiformes. Sueur froide sur la figure. Air angoissé. Refroidissement
complet des extrémités (Venrouses et strophantus). Le lendemain la crise avait passé et peu à peu une amélioration se produisit.
On présente le malade en clinique. M. le professeur Bard diagnostique une polyviscéralite rhumatismale à forme sévère. <
Le malade, un peu.remis,mais toujours dyspnéique,n'urine presque pas. La quantité quotidienne d'urine émise varie entre 400 et 700 gr. par jour. Les diurétiques ne modifient pas cette oligurie.
Les urines, très chargées, concentrées, examinées à plusieurs reprises, ne renferment pas d’albumine.
De temps en temps la dyspnée subit des exacerbations. La toux, grasse, devient parfois plus fréquente. L'état général, bien que précaire, se maintient stationnaire jusqu à la fin de mars où l'œdème augmente tout à coup et se transforme en véritable anasarque.
Les mictions sont très rares. Le malade n'urine presque plus en dépit des médications diurétiques les plus énergiques.
Le cœur devient très tachycardique. Les bruits s'affaiblissent, prennent le rythme fœta]. L'ictère apparaît.
Le malade très abattu, très oppressé, ne parle plus. On croit qu'il va mourir. Mais, peu à peu, ces symptômes alarmants s'atténuent et finissent par disparaîre. Enfin, au bout de quelques jours, le malade quitte l'hôpital avec un excellent appétit, un peu maigre, heureux de marcher et de s'en aller sur ses pieds. A deux reprises, il avait été dans un coma absolu avec phénomènes très graves.
À sa sortie, le 26 mai 1902, On x constaté chez lui un pouls régulier; aucun souffle au cœur; une matité cardiaque augmentée (l’hypertrophie cardiaque fut constatée d’ailleurs avec les rayons X); pas de dyspnée. La dyspnée n'existe plus qu'à l’orcasion des efforts ou quand il gravit des rampes.
En somme, guérison inespérée.
Examen du sang (20 janvier 1902).
Nombre des hématies Normale Destruction
C . ; ne ie CRETE Ex S 9.084.000 101,6 RUN EN RRRESER :. 4.681.000 93, 6 10 dr À MR PP 2.901.000 08 42, 9 LR LI PE et RCA ANR 124.000 2 97,5 RÉMRANUTEPSEN TIRER ETAPE 10 lenteur TT ee 0, 688 Altérabilité de l’hémoglobine.. ............ 2° OBSERVATION: XXI 19002; N° .-—B. J..., cocher.
Médecin adjoint: Dr Habel.
Assistant interne : Dr Paradis. Diagnostic clinique: Artério-sclérose. — Insuffisance aortique. — Dilation aortique. — Cyanose ädu visage et des
extrémités.
Le malade est âgé de 60 ans. Rien de particulier dans ses antécédents héréditaires.
Personneilement, il a eu une bonne santé habituelle et ne se souvient pas d’avoir eu de maladie antérieure.
Syphilis probable à 25 ans.
Habitudes d’éthylisme.
Maladie actuelle: début vers le mois de septembre 1901. [1 renonce à son métier de c cher dès cetre époque. I] avait le souffle trop court, dit-il, il ne pouvait plus faire le moin-
dre effort.
Il entre à l'hôpital parce que son état s’est beaucoup aggravé.
Etat actuel(8 janvier 1902).
Homme très dyspnéique, au faciès coloré, aux yeux injectés ; cyanosé; ses lèvres sont bleues. Il parle avec peine en s’arrêtant à chaque mot pour reprendre haleine.
On constate aux poumons de la matité des bases remontant moins haut à gauche qu'à droite. On perçoit néanmoins les vibrations peu modifiées dans la zône mate. Mais on n'entend pas de murmure vésiculaire. Il est remplacé par un souffle rude. [l y a de l'égophonie. Pas de pectoriloquie aphone. É
Rudesse inspiratoire du sommet gauche. Rien d’anormal en avant. Le foie est dur, gros, douloureux. Il descend jusqu’à l’ombilic.
L'abdonien est un peu météorisé.
Système circulatoire : Les artères sont durfes, sinueuses, tendues. On compte 90 pulsations à la radiale par minute.
La région précordiale présente une légère voussure. A la percussion on trouve une augmentation de la matité cardiaque s'étendant surtout dans le sens transversal.
La pointe est facilement palpable dans le 6° espace intercostal à gauche de la ligne mamillaire.
Le choc en dôme est très net. |
À l'auscultation, les bruits du cœur à la mitrale sont claquants sans souffle, de même au foyer pulmonaire. Au foyer aortique on entend un fort souffle diastolique qu’on perçoit au milieu du sternum et qui se propage dans les vaisseaux du cou.
Le battement des carotides est très net. De même on perçoit un soulèvement de l’aorte derrière la fourchette sternale. Il n'y a pas d’arythmie ni d'accélération. Pas de double souffle de Durozier, mais le pouls capillaire est très marqué.
A l'examen radioscopique on voit une dilatation ampullaire de l’aorte. Cette dilatation est grosse comme un mandarine ; elle siège à gauche du sternum.
Le cœur est gros, à diamètre transversal augmemé. L'épanchement de la base gauche remonte jusqu'au 7° espace intercostal.
Le malade a une cyanose très intense, et un peu d’algidité des extrémités.
Ses jambes présentent un œdème assez considérable qui disparaît peu à peu sous l’influence de la théobromine.
Le malade est très oppressé.
Les pressions artérielles mesurées avec l'appareil de Polain donnent :
Potriaadaleroaache mn rome 21,5 » RO ITE Ne Ce nur EE 20, 24,5
Le pouls capillaire, mesuré avec l'appareil de Gartner,
donne :
ADEME USE, en uen 18,9 » ROME RES REEU AI 2075 Examen du sang fait le 28 février 1902.
Nombre des hématies Normale Destruction 0/0 °/0 ATEN. TOR CARE RE De 6.975.000 139,5 SoHo PRE. tt 2000242 000 118, 4 15 RM CE RTE ete 3.069.000 61 06 RAA 11 ERA RER EN CS 195.000 3 96 Hémoglobine (Sahili)...:.:........... 80 °/o VNalentelobulaire fer cs eut 0,573 Altérabilité de l'hémoglobine. .......... 2