OBSERVATION XXIII
1902. N° 397. M..., Pierre, cultivateur, 40 ans. Médecin adjoint: D' Maillart.
Assistant interne : Dr Tissot.
Diagnostic clinique: dilatation bronchique congénitale. Cyanose.
Antécédents héréditaires. — Père mort à 80 ans, de vieillesse.
Mère sujette aux crises d'asthme, morte à 72 ans, de cause inconnue.
Un frère mort à 5 ans, des suites de brûlures par eau chaude.
Un frère de 44 ans, robuste et bien portant.
Une sœur âgée de 50 ans, un peu souffrante depuis sa ménopause. ”
Une sœur de 37 ans, bien portante.
Antécédents personnels. — Toujours robuste et bien portant jusqu'en 1895, il a travaillé aux champsetnese souvient pas d’avoir été malade dans son enfance.
En 1895, il faisait partir une mine; il reçut une décharge; dans les mains, et il eut la première phalange du pouce gauche emportée.
En juillet 1900, à la suite d’un refroidissement qu'il prit en buvant de l’eau très froide, il eut une bronchite pour laquelle il dut garder le lit trois semaines. Iltoussa beaucoup. Expectora non moins. Il ne put reprendre son travail qu’en septembre 1900.
fl avait, dit-il, repris toutes ses forces antérieures.
Maladie actuelle. — Il se porte bien jusqu’en août 1901 où de nouveau il se refroidit. [Il.se met à tousser de la même manière que l'été précédent. Mais continue néanmoins son travail jusqu à la fin d'octobre. C’est alors que se sentant très affaibli, il se décide à rester chez iui.
Il n’a jamais craché de sang.
Sa toux est surtout nocturne, L’expectoration est peu abondante le jour.
Le malade raconte que, toutes les deux heures régulièrement, il était réveillé par un accès de toux qui durait cinq à dix minutes. Il crachait alors abondamment la valeur d’un
tiers de verre, puis, très soulagé, il se rendormait. Deux heures après, le même accès de toux et d'expectoration recommençait et ainsi de suite plusieurs fois par nuit.
Il accuse aussi des palpitations fréquentes datant de la même époque (octobre 1901) et se plaint de dyspnée et d'effort.
Il n’a jamais eu de maladie vénérienne.
Il ne boit pas d’alcool et se contente de cidre qui est sa boisson ordinaire.
Marié, il a une femme bien portante et quatre enfants tous bien portants et robustes.
Sa femme n’a jamais eu de fausse couche.
Etat actuel (4 février 1902).
Homme bien conformé, passablement amaigri, mais encore très musclé.
Le teint du visage et toute sa surface cutanée sont foncés.
Les mains et les doigts sont allongés.
Les doigts ont une forme de baguette de tambour.
La face et les extrémités sont cyanosées.
Système respiratoire. — La moitié gauche du thorax est plus développée que la droite. On constate une assez forte voussure précordiale qui, au dire du malade, aurait toujours existé.
La sonorité est conservée partout.
L’expiration est prolongée dans toute la hauteur des poumons. Nombreux ronchus disséminés, marqués surtout pendant la toux.
Le malade ne peut se coucher du côté droit sans être pris d'accès de toux.
L'expectoration est muco-purulente, visqueuse, abondante, d’odeur fétide ; elle ne renferme pas de bacilles de Koch.
Système circulatoire. — La matité cardiaque est un peu recouverte par le poumon ; les limites internes sont nor-
males. La pointe est abaissée, elle bat dans le sixième espace intercostal sur la ligne mamelonnaire.
A la palpation, on sent quelques battements épigastriques, lointains, peu forts.
L’auscultation révèle un cœur arythmique, aucun souffle.
De temps en temps, un battement cardiaque manque.
Le pouls irrégulier comme rythme, fréquence et ampli-
tude traduit l'arythmie cardiaque. On compte 80 pulsations par minute.
Les artères sont souples.
Un peu d'æœdème prétibiai et malléolaire bilatéral. Cÿanose des extrémités.
Système digestif. — L’appétit est bon. Digestion normale. Selles régulières.
Pas d’'hypertrophie hépatique.
Les urines ne renferment ni sucre ni albumine.
Examen du sang (8 février 1902).
Nombre des hématies Normale Destruction
0/0 0/0 Diqhide, ARE RE 6.045.000 120, 9 SOUDE Les UT 9.828.000 116, 5 3, D D 1 RSR EE RE 651.000 13 89 ALL 1 PARENT RS SES 0 0 100 Hémoglone (SAR ES AU ee 10 Valed clopalaren en te nee ne 0, 578 Altérabilité de l'hémoglobine.............. DA OBSERVATION XXIV 1902. N° 152. — C... Joseph-Ernest, fondeur, 52 ans.
Médecins adjoints : D'S Maillart et Vallette. Assistants internes : D's Pugnat, Guéneau et Huguenin.
Diagnostic clinique : Symphyse péricardique. — Arythmie péri hépatite. — Cyanose.
Le père du malade est mort de vieillesse à 76 ans. Sa mère est morte à 66 ans d’hydropysie ?
Un frère mort très jeune.
Un frère mort tuberculeux à 28 ans.
Pas de sœurs.
Marié en 1875 il a une femme bien portante dont 1: a une fille, bien portante également. Sa femme a eu deux faussescouches et un garçon mort-né.
Personnellement, le malade ne se souvient pas d’avoir jamais été souffrant ou indisposé dans son enfance.
En 1869, pleurésie gauche, suivie de jaunisse. Il guérit au bout de deux mois.
En 1889, sciatique pendant deux mois, bien guérie. ei y a, en outre, quelques accidents chirurgicaux : une entorse ; une blessure à la main : une contusion'avec plaie infectée de la jambe droite. Tous ces traumatismes guérirent très bien.
Maladie actuelle. — Vers la fin de janvier, il commença à se sentir un peu oppressé. Comme il voulait aller à sa fabrique, il se sent si oppressé, qu’au lieu dé mettre une demi-heure, il met une heure pour s’y rendre. Cette oppression l'empêche de marcher. [l ne peut plus songer à travailler. Il se met au lit. Au moindre effort, il a de la dyspnée. Mais le soir, alors même qu’il est au lit, sa dyspnée le prend sans cause apparente et l’oblige de s'asseoir sur son lit ou de se lever.
Malgré cela, il ne tousse pas, il ne crache pas.
L’appétit est conservé.
[l fait alors un premier séjour à l'hôpital du 17 février 1900 au { mars 1900. Il en sort guéri.
Deuxième séjour du 21 mai r900 au 15 octobre 1900. Il rentre en se plaignant toujours de son oppression qui est revenue dès avril 1900.
Le 15 mai, elle fut même si intense, si paroxystique, qu'il
perdit presque connaissance et qu’on crut dans son entourage qu’il allait asphyxier.
À son entrée, on constate qu'il a un teint subictérique. Pas d’œdème.
Le pouls est inégal, peu tendu, irrégulier, rapide (100 pulsations par minute).
Son cœur est très arythmique. Il bat par salves précipitées. Les bruits sont faibles. On ne perçoit ni choc, ni vibration.
À la radioscopie, l'obscurité cardiaque est plus grande que normalement; elle n’a pas de limites franches et se termine par des bords un peu flous. Les mouvements du cœur sont à peine visibles. Leur amplitude est très diminuée.
La radioscopie montre encore un peu d’obscurité du sommet droit.
Cette région est submate à la percussion. On y trouve de l'expiration prolongée et de la rudesse inspiratoire avec
quelques craquements.
Pas de toux. Pas d’expectoration.
Langue grisâtre. Le foie est douloureux. Il dépasse de deux travers de doigt le rebord des fausses côtes. Un peu d’ictère.
L’abdomen est souple partout. Pas de diarrhée. Pas de constipation.
Système nerveux. — Inégalité pupillaire, la pupille gauche est plus grande que la droite.Les réflexes lumineux et accommodatifs sont paresseux. La pupille droite est légèrement déformée. Il existe une petite taie dans le champ pupillaire de la cornée droite où le malade reçut un éclat métallique.
Il a des cauchemars et de l’agitation nocturne.
Il urine une dizaine de fois par jour. L’urine est foncée Les mictions quoique fréquentes sont peu abondantes.
Dre ro).
Albumine : o.
SUCre TO:
Le malade accuse une sensation gênante de pesanteur au
10 Vt
creux épigastrique. Elle détermine de la dyspnée quand elle s'exagère. La pression l'augmente.
Au bout de quelques semaines, le foie se rétracte un peu. Le subictère disparaît. Le pouls devient moins arythmique. La dyspnée moins fréquente. Le malade se sentant mieux quitte l'hôpital en octobre 1900.
Mais au bout de deux mois de travail, sa dyspnée revient avec des douleurs précordiales. Il a de l'angoisse cardiaque.
Le 3 décembre 1900 il rentre à l'hôpital; on constate que le foie est de nouveau agrandi. I] dépasse de trois travers de doigt le rebord des fausses côtes.
L'urine ne contient pas d’albumine.
Sucre : o.
Scatol : o Urobiline +.
ÜTÉe 75000
Phosphates : 3,90 °/0o.
La matité cardiaque est agrandie dans le sens longitudinal surtout. La pointe bat dans le sixième espace en dehors de la ligne mamillaire. Le choc est faible à la pointe, plus net à l’épigastre.
Le premier bruit est affaibli. "Le second est beaucoup plus fort. Arythmie. Le pouls, faible et irrégulier, bat 108 fois par minute.
Les veines jugulaires un peu tendues, ne présentent pas de pouls veineux. Au bout de quelques jours de repos, le cœur et le pouls deviennent plus lents et plus réguliers.
Pas de fièvre.
Nouveau séjour du 19 novembre r901 au 3 février 1902. C'est toujours sa dyspnée qui le ramène. Il a de véritables accès d’asthme nocturne, se répétant plusieurs fois chaque nuit.
A sa rentrée on constate de la cyanose légère des lèvres et des joues. On voit aussi une voussure précordiale très nette.
La matité cardiaque est toujours augmentée. Le système circulatoire présente les mêmes signes. Le radioscopie mon-
tre encore un gros cœur à bords flous où l’on ne voit pas de battements.
DOftIeSstevrier.
Il rentre le 8 mai 1902. Cette fois il ajoute à la dyspnée des symptômes nouveaux : il tousse très fortement et souvent; il a des étourdissements fréquents qui viennent à l’occasion des efforts; en outre la région hépatique est devenue douloureuse spontanément. Ces douleurs hépatiques viennent après les repas.
A l'entrée on ne constate pas d’ictère mais il est fortement cyanosé.
Les lèvres et les joues sont bleues. :
Pas d’œdème. Pas d'amaigrissemeut. Le pouls est rapide, très inégal, très irrégulier, arythmique.
La pointe du cœur bat dans le 6e espace. Voussure cardiaque accusée.
Les bruits sont très assourdis et irréguliers.
De temps en temps on perçoit un souffle à la pointe, se propageant vers l’aisselle.
On constate du pouls hépato-jugulaire.
Très forte hypertrophie du foie. Cet organe est douloureux à la pression.
Pas d’ascite. Rien de particulier à l'abdomen.
Les selles sont régulières. L’appétit est fortement diminué.
Au poumon on entend de l'expiration prolongée aux deux sommets.
Les urines ne contiennent pas de pigments biliaires; mais une notable quantité d’urobiline ; albumine — 0; sucre — 0.
Tel est l’état du malade en date du 10 mai 1902.
Examen du sang (23 mar 1902).
Nombre des hématies Normale Destruction
Ligde AN... +; .. 1.068.000 141 D UUMOIE PNR Re eds 6.851.000 137 3 DRE Pare 5 4.030.000 80 42
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Hémoglobine (Sahli).... ............. 75°/0 Valeur globülaire. . ...........:... > SON O0 Altérabilité de l’hémoglobine........... 3’ Globes Dlanes RC SRE RO ON