‹ Des variations de résistance des hématies et de l'hémoglobine: dans divers états pathologiquesChapitre 52 sur 77 · OBSERVATION XXVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXVII

1902, n° 581. — D..., A., jardinier.

Médecin adjoint : Dr Vallette.

Assistant interne : Dr Alexieff.

Diagnostic : Pneumonie franche avec arythmie du cœur.

Le malade est âgé de 55 ans. Son père est mort à 59 ans, d’un squirre. Sa mère est morte à 69 ans, à la suite d’une courte maladie de quatre jours.

Il ne se rappelle pas d’avoir eu de maladies dans sa jeunesse. À l’âge de 32 ans, il va à Alger où il a eu les fièvres intermittentes durant son séjour de cinq années.

Revenu à Genève, il se portait toujours bien, sauf quelques petits accidents traumatiques, sans importance.

Il n'a toussé que très rarement dans sa vie.

Pas de maladies vénériennes.

La maladie actuelle a commencé le jeudi, 7 mars, vers les trois heures de l’après-midi, par des bouffées de chaleur à la tête et un malaise général, mais le malade a continué à travailler jusqu’au soir. Rentré chez lui, la tête lui tournait, il ne pouvait rien manger.

Le vendredi et samedi, les malaises s’accentuent, mais ne lempêchent pas de travailler ; le dimanche, il reste toute la journée couché chez lui, ce qui le repose. Le lendemain, il va travailler malgré sa faiblesse, mais le mardi matin,il ne peut plus bouger. Il souffrait d’un point de côté douloureux à droite, avec un frisson peu intense dans la matinée.

Les jambes étaient comme coupées, il ne pouvait plus s’en servir. Cet'état s'aggrave dans l'après-midi, l'oppression devient de plus en plus vive, et le soir il commence à tousser par accès très rapprochés en crachant une très grande quantité de sang rouge.

L'oppression devient de l'étouffement; le malade fait demander le médecin de la Policlinique, qui l’envoie d’urgence à l'hôpital, le 11 mars 1902.

C'est un homme de grande taille, robuste. Le tissu adipeux sous-cutané bien développé. Faciès légèrement subictérique avec des dilatations veineuses aux pommettes.

Pas d’æœdème.

Température très élevée (variant entre 300 et 40° et même au-dessus).

Langue rouge étalée.

Dyspnée prononcée, surtout à l'inspiration.

Toux très fréquente avec expectoration abondante de mucus fortement coloré en rose par le sang.

A l'inspection, le thorax reste immobile à droite, mais symétrique; pas d’ampliation. à

Douleur très forte dans la région xyphoïdienne.

Les vibrations vocales fortement augmentées en arrière, à droite de la fosse sous-épineuse jusqu’à la base.

A la percussion, sonorité augmentée au sommet droit en avant, et matité absolue commençant à deux travers de doigts au-dessous de l’épine de l’omoplate jusqu'à la base.

Au niveau de cette matité il y a trois zônes distinctes à l'auscultation. |

Au niveau de la limite supérieure, murmure vésiculaire diminué, des râles sous-crépitants, aux deux temps de la respiration.

A la partie moyenne, souffle tubaire intense avec peu de râles, mais de la bronchophonie. Murmure vésiculaire disparu.

A la partie la plus inférieure, inspiration souffante et à la fin de l'inspiration des râies crépitants secs.

A l'inspection on ne voit pas la pointe du cœur. A la palpation il bat dans le sixième espace à gauche, le choc est faible.

A l’auscultation les deux bruits sont faiblement frappés et influencés par la respiration.

Le pouls est très rapide (120 pulsations) de faible tension et inégal.

Appétit nul, soif vive, constipation.

Matité hépatique commence dans le cinquième espace droit et dépasse d’un travers de doigt le rebord costal.

Urine abondante, très colorée, sans albumine.

Dans les jours qui suivent, le malade devient loquace et s’agite. La température se maintient toujours élevée ; la face se cyanose un peu.

Les signes pulmonaires persistent dans toute leur inten- SITÉ:

Le 17 mars, l’agitation devient plus intense’ Le malade délire pendant la nuit.

Le 18, à 6 heures du matin, il prétend qu'il va très bien ; le pouls à cette heure est très bon,mais à 6 heures 1/4, le malade s'arrête de parler. Son voisin de lit ne l’entendant pas respirer ni remuer, s'étonne de ce brusque silence, il appelle le médecin qui constate la mort.

C'était le septième jour de la pneumonie, à en juger d’après sa courbe de température.

Examen du sang fait le 13 mars 1902.

. Nombre des hématies Normale Destruction

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