‹ Des variations de résistance des hématies et de l'hémoglobine: dans divers états pathologiquesChapitre 54 sur 77 · OBSERVATION XXIX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXIX

1901. — N° 1677. — B... Nicolas, chaudronnier.

Médecins adjoints : Drs Maillart et Habel.

Assistants internes : Drs Lasserre et Veyrassat.

Diagnostic clinique : Néphrite épithéliale et interstitielle. — Polysclérose viscérale.— Infarctus pulmonaire.

Le malade est âgé de 53 ans. Son père est mort d’attaque d’apoplexie. Sa mère est morte de tuberculose pulmonaire. Cinq frères et sœurs dont quatre sont morts (1 de variole, 1 autre noyé, un 2° par accident,le 4 d'affection inconnue).

Marié, il a deux enfants bien portants. Personnellement il a eu dans sa jeunesse quelques bronchites. Il a eu cependant une bonne santé habituelle.

Quelques excès éthyliques.

La maladie actuelle a débuté il y a six mois {février 1901) par de l'oppression surtout nocturne. Au bout de quelque temps ses malléoles, puis ses jambes enflent. Ilse sent très fatigué et ne peut plus marcher. Le 16 août, léger ictus sans perte de connaissance qui l’a laissé beaucoup plus affaibli.

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Cet ictus est survenu à l'occasion d’un effort fait pour déféquer. Il a été précédé de maux de tête et d’éblouissements. I] a été suivi de troubles de la parole. Dès lors il a des vertiges fréquents ; il voit tout tourner autour de lui. [la des éblouissements et des crampes dans les mollets.

Etat actuel (18 août 1901).

Homme de taille moyenne, au teint pâle un peu jaunâtre, sans ictère apparent. Ses pupilles sont étroites. Il ne cause pas très bien depuis son ictus: Il bredouille. Il escamote des syllabes. Cependant il n'a aucune paralysie. Il est un peu somnolent, abattu. Les urines, examinées à l’entrée, renferment 3°} d’albumine et des cylindres de différentes variétés. Le pouls est dur, irrégulier ' parfois, de tension élevée.

La matité cardiaque n'est pas sensiblement augmentée. Le cœur. est tachycardique et arythmique.

Il a des crises fréquentes de dvspnée durant cinq à dix minutes, violentes. [Il lui semble qu'on lui serre le cou. Sa respiration devient alors très haletante. Ses yeux brillent et son visage se couvre de sueur froide.

A l’auscultation du poumon on trouve aux deux bases des râles fins, nombreux. Sous les deux clavicules l'expiration est un peu prolongée.

Lorsqu'il quitte lhôpital, le 16 septembre 19o1,il est très amélioré et il n’a plus que des traces d’albumine dans ses urines.

Rentré chez lui, il reste d'abord quinze jours sans rien faire, puis il reprend son travail de chaudronnier.

Il était toujours oppressé. Il toussait beaucoup.Il travaille jusqu’à Pâques 1902, mais il est obligé de s'arrêter. Son oppression augmente considérablement.Ses crises de dyspnée paroxystiques reviennent. Chaque nuit il se lève précipitamment pour courir à sa fenêtre et y chercher de l'air. Le grand air le soulage un peu.

Il raconte que depuis deux ans il a toujours, été sobre et qu'il ne buvait que du vin coupé d'eau.

11 Vt

Depuis Pâques, il remarque qu'il a de l’æœdème des malléoles. Son appétit diminue considérablement. [l rentre alors à l'hôpital.

Etat actuel (17 avril 1902).

On constate chez lui un teint jaunâtre, mais les conjonctives ne sont pas jaunes. Les malléoles et le tiers inférieur des deux jambes sont assez œdématiés.

Apyrexie : 3706 de température. {1 porte avec lui un éventail dont il ne se dessaisit pas et avec lequel il se ventile en cas d'urgence.

Son pouls est rapide, irrégulier par moments. J1 bat 108 pulsations à la minute. Il est tendu.

Au cœur : on entend à la pointe un souffle systolique qui se propage vers l’aisselle ; à la base et près du sternum un rythme de galop, qui se perçoit aussi à la palpation. Le second temps est sourd partout surtout au foyer aortique.

La pointe bat dans le sixième espace sous le mamelen. Le cœur est hypertrophié. Il est tachycardique.

Au poumon, on trouve une inspiration soufflante sous les clavicules avec expiration un peu prolongée. En arrière, une quantité de petits râles de congestion aux deux bases et à la région moyenne.

La toux est fréquente.

Le malade n'a pas de Cheynes-Stokes. Il respire régulièment. On compte 30 respirations par minute. La nuit, ila des accès de dyspnée très violents et dont il souffre beaucoup.

Une analyse d’urine, faite le 25 avril, donne les résultats SUIVants :

Albumine : 2 grammes par litre.

Urée-"37,7 partlitre:

Sucre : o.

Indol : o.

SCatolrios

Urobiline : o.

Phosphates : 11,05.

L'urine est centrifugée. On trouve un dépôt rougeâtre au fond du tube. Le microscope révèle dans ce dépôt des sels uratiques en abondance et des cylindres granuleux rares.

Le malade, au bout de quelques jours, devient de plus ea plus agité.Sa dyspnée augmente. Il ne peut rester tranquille Il tournoie autour de son lit. On constate qu’il a un véritable tirage sus-sternal. Au moment de l'inspiration, ses creux sus-clavicülaires s'exvavent plus encore. On constate du pouls veineux sur ses jugulaires droites.

Il se plaint de ne pouvoir plus prendre aucun repos.

Le 7 mai 1902. — L'état général devient très mauvais — La toux s’accomragne d’expectoration sanguinolente. Quelques crachuts sont franchement rouges. d’autres sont brunâtres. [ls ont bien le caractère de crachats d’intarctus. Le teint devient ictérique. Les congestives sont jaunes,

Le loie est gros et dur. Il descend au niveau de l’ombilic.

L'œdème des membres inférieurs et de la paroi abdominale persiste toujours. Pas d’ascite, pas d’hydrothorax appréciable.

Le 9 mai, il meurt subitement dans Île courant de l'aprèsmidi.

L'autopsie révèle de l’hypertrophie er de la’dilatation du cœur; de la néphrite interstitielle, une embolie pulmonaire droite, un intarctus rouge qui occupe le lobe inférieur droit dans sa totalité, une gastrite chronique avec des exulcérations urémiques; une atrophie rouge du foie avec dégéné-

rescencc graisseuse.

Examen du sang fait le 26 avril 1902.

Nombre des hématies Normale Destruction

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