OBSERVATION XXX
1901-1902, N° 25. — D. M..., cuisinière.
Médecin adjoint : D' Maillart.
Assistants internes: Drs Guéneau, Lasserre et Veyrassat.
Diagnostic clinique : Néphrite épithéliale.
La malade est âgée de 56 ans. Son père est mort à 70 ans, asthmatique. Sa mère est morte à 52 ans, d’attaque d’apo- Diese.
Personnellement, elle a toujours été bien portante pendant sa Jeunesee.
Mariee à 21 ans, elle a eu deux filles en bonne santé actuellement et un garçon mort à l’âge de 2 ans d'affection indéterminée. |
A 34 ans, elle eut une ‘attaque de rhumatisme occupant toutes les articulations avec gêne précordiale. Elle fut ma!ade pendant trois mois.
En mars 1900, elle fut prise de vives douleurs aux membres inférieurs empêchant la marche. En même temps, elle ressent des palpitations et un peu de dyspnée d'effort.
Elle va se faire soigner à l'hospice Butini où elle reste trois semaines et dont elle sort assez bien guérie pour p-uvoir reprendre son travail.
Elle eut ensuite des alternatives de bonne santé et de périodes douloureuses.
Peu à peu cependant son oppression augmente; la malade a de Fa dyspnée au moindre effort. Elle se met à tousser et à
cracher. Elle perd l'appetit.'Ses urines, d'abord abondantes, deviennent rares et foncées.
Elle entre à l’hôpital.
Etat actuel (24 juin 1001) :
Femme de taille moyenne, maigre, de teint ictérique, abattue. Elle a de l’œdème assez marqué des membres inférieurs. Elle se plaint de palpitations et d’essoufflement.
Les poumons présentent aux deux bases des râles crépitants fins.
Au cœur, on constate un bruit de galop net et constant et un gros souffle systolique en jet de vapeur se propageant à l'aisselle. La pointe bat dans le 6° espace en dehors de la ligne mamillaire. |
La palpation révèle un choc d'ensemble soulevant toute la région précordiale.
Le pouls est tendu, un peu rapide.
Les extrémités sont un peu cyanosées et froides.
Le pouls est tendu, un peu rapide.
L'appétit est nul. L’abdomen ballonné avec un peu d’ascite. Pas de réseau veineux apparent.
Le foie, hypertrophié, déborde les fausses côtes de trois travers de doigts.
Les urines sont rares, foncées. Elles contiennent 1 gr. 5G d’albumine °/0.
Pas de sucre. Urée : 23 grammes par litre.
Pas de fièvre )36° 9).
L’urine centrifugée donne un petit dépôt contenant de nombreuses cellules granuleuses libres, opaques; quelques cylindres assez rares, épithéliaux pour la plupart, hyalins et granuleux.
Après un mois passé à l'hôpital, l’état de la malade s’améliore progressivement. Mais dès le commencement d'octobre, l'œdème des jambes augmente ainsi que l’ascite. L’urine devient rare, (3co à 500 grammes par jour). L’abdomen est très tendu, très gros. Le 2 novembre, on est obligé de faire une paracentèse. On retire seulement 100 centimètres cubes
de liquide ascitique. Mais par l'orifice resté béant, il s'écoule encore du liquide pendant quelques jours, ce qui soulage beaucoup la malade. :
L'état général reste médiocre pendant les deux derniers mois de l’année : l'oppression persiste avec quelques rémissions. La malade a une tendance à somnoler continuellement. Elle urine très peu. L'ascit: se reforme. A plusieurs reprises on pratique des paracentèses. La dernière faite le 21 février 1902, ramène 4.100 grammes de liquide d’aspect franchement hémorrhagique.
Ce liquide, 'centrifugé, donne un culot dans lequel on trouve tous les éléments du sang en proportion normale avec quelques cellules endothéliales desquamées.
Les urines, le 20 mars 1902, ne renferment que o gr. 30 d’albumine par litre. Elles sont plus abondantes (1,800 à 1,900 grammes par jour). Le liquide ascitique ne s’est pas reformé. Actuellement le ventre est souple, non douloureux.
L'œdème des jambes a disparu.
Les signes cardiaques : galop et souffle systolique d’insuffisance mitrale persistent. Cependant le galop n'apparait que par intermittences.
Examen du sang le 29 mars 1902.
Nombre des hématies Normale Destruction
Liquide AS 2. 0 RCA AE 3.917.000 66, 3